Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 18 mars 2018

Balade urbaine et critique sur les JO

Balade urbaine et critique Si c'est officiellement Paris qui organise les Jeux olympiques et paralympiques 2024, Saint-Denis accueillera en réalité une partie des compétitions et des infrastructures. Parmi les sites restant à construire : le village olympique et le centre aquatique, à quelques centaines de mètres l'un de l'autre. Nous les parcourons, entre Pleyel et la Plaine Saulnier, pour mesurer l'ampleur des transformations à venir. Ces sites ont été choisis pour leur proximité avec le Stade de France mais surtout avec la future gare du Grand Paris et les projets d'immobilier de bureaux. Il faut donc comprendre ces aménagements à l'échelle du Grand Paris.

Rendez-vous
le SAMEDI 24 MARS 2018 à 10 heures
Place des Pianos à Saint-Denis
M° Pleyel

La notion d'héritage urbain, environnemental et économique a été mise en avant dans le dossier de candidature, mais quels sont les impacts négatifs à prévoir ? Expulsions, spéculation, privatisation de l'espace ?

Quels seront les outils d'urbanisme d'exception utilisés pour construire au plus vite ces deux sites ?

Les habitants de Saint-Denis auront-ils leur mot à dire et comment verront-ils évoluer leur quotidien, leur quartier pendant et après l'été 2024.

Inventons la metropole - Pleyel Lumieres

dimanche 24 mai 2015

Non au bétonnage du Parc de la Courneuve

Ce dimanche nous étions encore deux à trois cents au pique-nique militant contre le bétonnage programmé du Parc Georges-Valbon. Dans le cadre du Grand Paris, le gouvernement veut imposer le bétonnage et la privatisation de notre jardin à tous. Comment ? Par une Opération d’Intérêt National (OIN). Manuel Valls l’a annoncé le 14 avril dernier et la décision finale devrait intervenir en septembre. Le projet prévoit la construction de 24 000 logements (environ 90 000 habitant-e-s). Une ville dans le parc ! Cela amputerait le parc, classé Natura 2000, de 80 hectares d’espaces verts (l’équivalent de 3,5 jardins du Luxembourg). C’est un désastre écologique qui se prépare !

Leur objectif est simple : mettre la main sur le parc pour des profits énormes. Il s’agit tout simplement de faire de notre jardin commun, aménagé depuis 50 ans avec nos impôts, le jardin de quelques-uns, ceux qui auront les revenus nécessaires pour se loger dans le Parc. Après la destruction de milliers d’emplois industriels (PSA Aulnay en 2014), le Grand Paris voudrait repousser les familles populaires plus loin de Paris. C’est un hold-up financier, une privatisation programmée de notre jardin commun !

Répondre à la demande en logement social dans le Grand Paris, ce n’est pas amputer le Parc et amplifier les inégalités selon l’endroit où on habite ! Nous voulons que le Parc reste un jardin pour toutes et tous. Permettre à tous de profiter du Parc : c’est multiplier ses entrées, le rendre accessible depuis tous les quartiers populaires l’entourant et réaliser l’enfouissement de l’autoroute A1 qui pollue notre environnement avec ses 220 000 véhicules par jour et affecte notre santé.

Nous l'avions dit pendant la campagne des départementale et nous n'avons pas changé d'avis : nous refusons ce projet destructeur et nous exigeons que le gouvernement le retire. Avec la plus large mobilisation citoyenne et populaire, c’est possible !

Non à la privatisation de notre jardin commun ! Pas un seul M2 du parc pour les promoteurs immobiliers ! Pour un accès plus facile au parc ! Pour la protection de la biodiversité et l’extension du parc

PIQUE-NIQUE MILITANT tous les dimanches à partir de 12h soutenu par : Association de locataires Au bord du tram, Bagnolet Ecologie, Bondy Ecologie, CNL, Collectif Lamaze, Comité de la Porte de Paris, EELV Saint-Denis, EELV-Ecologie populaire Stains, Ensemble Saint-Denis, Ensemble Vivre Travailler Coopérer, Environnement 93, Femmes Solidaires, Groupe Henry Poulaille de la Fédération Anarchiste, LDH, La Dionyversité (Université populaire de Saint-Denis), Les Bretons de Saint-Denis, Mouvement pour la Paix, NPA, PCF, PG, PSG, Rien ne se perd, Sciences POP’ (Intervention d’Education Populaire à Saint-Denis), Solidaires 93, Sud Collectivités territoriales 93, UL CGT Saint-Denis, Union des Associations des Riverains du Stade de France

Le collectif appelle à une « Manif Promenade » dans le Parc, le 31 mai à 14h (en présence des concepteurs du Parc).

D'ici à là, signez la pétition en ligne : https://secure.avaaz.org/fr/petition/Manuel_Valls_NON_AU_BETONNAGE_DU_PARC_DE_LA_COURNEUVE_NON_A_CENTRAL_PARK_1/?pv=1

lundi 18 février 2013

La place des dynamiques sociales dans les projets urbains

Sans s’être au préalable concertées, les villes de Saint-Denis et de Gennevilliers ont missionné le cabinet d’étude Gers pour mener une étude relative aux effets du relogement sur les dynamiques sociales des ménages concernés par un projet de renouvellement urbain et la démolition de leur logement.

L’approche qualitative développée par les études nous rappelle que pour les personnes rencontrées, les changements concernant leur logement et leur vie quotidienne s’inscrivent dans des transformations qui touchent à toutes les sphères de leur vie sociale, modifient leur rapport au quartier, aux écoles, et transforment les rapports sociaux de proximité.

Ces études nous parlent de l’importance de la stabilité résidentielle dès lors que les ressources économiques et sociales sont faibles, de l’importance des services publics locaux, de l’importance de partager une communauté de valeurs, de modes de vie et d’échapper au jugement social qui permet l’entre-soi populaire.

En ce sens, ces études sont pionnières et doivent instruire l’ensemble des acteurs en présence pour une évaluation qu’il reste à mener. D’ailleurs d’autres études se réalisent aujourd’hui à partir de ces mêmes interrogations. (cf. étude Fors Commanditée par la DRHIL 93).

Plus généralement, la période est propice à la réflexion : fin de la plupart de nos programmes ANRU1, études préalables aux projets de la seconde phase. D’ailleurs le Comité de suivi et d’évaluation (CES) de l’ANRU propose dans son rapport 2011 des éléments d’évaluation et des préconisations pour l’avenir qui nous semblent, là encore, croiser notre travail.

Réfléchir collectivement sur une politique publique en action

Avec ma collègue de Gennevilliers, Martine Monsel, il nous paraît fondamental de comprendre les effets d’une politique publique aussi ambitieuse sur les trajectoires sociales des familles de quartiers populaires d’habitat social. Tous les ménages voient-ils leurs conditions de vie s’améliorer ? Qu’en est-il des ménages disposant de faibles ressources économiques et sociales ? L’accompagnement social est très conséquent pendant la période de relogement ; peut-il s’arrêter à l’entrée dans le nouveau logement ? Comment concilier la valorisation de la mobilité et des « parcours résidentiels » (accession à la propriété, au logement neuf, etc.) avec les souhaits des ménages et les arbitrages nécessaires ?

Aussi , j’organise conjointement avec mon homologue de Gennevilliers un après-midi de réflexion sur la place des dynamiques sociales dans les projets urbains. Nous avons scindé les débats en deux temps forts :
- Les trajectoires socio-résidentielles des ménages à l’épreuve du relogement
- Démolitions et relogements, quels effets sociaux dans les quartiers

Mercredi 20 février 2013, de 14 à 17h30
Salle du Conseil municipal
Mairie de Gennevilliers

mardi 18 décembre 2012

L'ensemble du quartier Porte-de-Paris/Stade-de-France cyclable

Ces prochains jours, à ma demande, une zone 30 va être mise en place au sud centre-ville de Saint-Denis jusqu'au Stade-de-France.L’objectif est de rendre le quartier concerné plus calme et plus sécurisé pour les habitants, piétons et cyclistes. Par ailleurs, la généralisation des doubles sens pour les cyclistes, outre favoriser ce mode de déplacement, devrait apaiser la circulation automobile et favoriser le partage de l’espace public.

Des panneaux signaleront le début et la fin de la zone 30 à chaque entrée/sortie du secteur concerné. Des panneaux avertissant de l’existence d’un double sens cyclable dans les voies à sens unique seront posés. Des pictogrammes vélos matérialisant le double sens cyclable seront peints sur les chausées et plusieurs plateaux traversants seront bâtis. Actuellement ceux de la rue des Ursulines sont en travaux. Suivront ceux rue Jessee Owens.

En outre, une piste cyclable sera matérialisée de la Porte-de-Paris au RER B de La Plaine dans la prolongation de celle que j'ai fait réaliser pour la traversée de la Porte-de-Paris. Ainsi, dans quelques semaines les cyclistes bénéficieront d'une continuité de zone aménagée du coeur ancien à La Plaine.

Comme pour le boulevard Marcel Sembat, j'ai demandé à ce qu'une évaluation du respect de la vitesse et de la sécurité des cyclistes soient menée de façon à pouvoir programmer d'éventuels équipements supplémentaires.

vendredi 6 avril 2012

Réponse du Front de Gauche à Ville&Banlieue

Suite à la publication des 120 propositions de l'association des maires Ville&Banlieue (voir dans les posts précédents), les candidats à l'élection présidentielle ont été interrogés sur la situation des quartiers populaires et les mesures qu'ils comptaient prendre s'ils étaient élus pour combattre les inégalités et restaurer la cohésion sociale.

Voici la réponse qui a été transmise ce vendredi.

Monsieur le Président,

Je vous remercie de la transmission des "120 propositions de Ville&Banlieue pour un engagement national auprès des quartiers populaires". Les banlieues et, ce qui importe plus encore, leurs habitants souffrent terriblement. Les quartiers populaires sont le réceptacle de toutes les difficultés : chômage (surtout celui des jeunes et des femmes), échec scolaire, absence de couverture maladie, pénurie de logement dignes et accessibles, recul du service public, discriminations en tout genre, stigmatisation voire bouc émissaire. Décrits comme sources de nombreux maux de notre société, les habitants des quartiers populaires en sont en réalité les principales victimes. Comme ils sont les victimes des politiques d'austérités menées ces dernières années. Comme ils seront les premiers à pâtir de celles que nos concurrents envisagent de mettre en œuvre s'ils sont élus.

La pauvreté est en train de s’ancrer dans le paysage spatial et social comme un phénomène inexorablement en croissance auquel on oppose une pseudo "Politique de la ville". Cette dernière, en perpétuelle diminution depuis sa création, il y a trente ans, est aujourd'hui substituée aux politiques de droit commun. Au lieu de compléter, de réparer et de démultiplier les efforts de lutte contre les inégalités sociales et spatiales, elle les conforte. Ainsi, se cristallisent des territoires d’exclusion cumulant des handicaps. C’est pourquoi la composante territoriale des inégalités sociales est une réalité qui mérite une approche spécifique qui n’a que peu de rapports avec l’actuelle "politique de la ville".

Il n'est pas possible d'ouvrir une alternative aux inégalités et aux discriminations sans changer la ville. Le Front de Gauche fait de la question urbaine et des territoires un objectif et un levier d'une politique de transformation sociale.

Très souvent, en milieu urbain, les territoires accueillant des populations de plus en plus pauvres voient le maillage républicain liant l’école, les services publics et un tissu associatif dense se déliter. On se trouve devant un phénomène de marquage social négatif portant à la fois sur les quartiers populaires et sur leurs habitants. A des souffrances sociales s’ajoutent des atteintes à la dignité. Au point d’oublier les énergies créatrices, les capacités d’innovation et de résistance dans la vie sociale culturelle et économique.

Lorsque, non seulement les quartiers populaires, mais aussi les transports, l’école, et nombre d’équipements publics et sociaux sont les lieux de violence sous diverses formes, c’est la République dans son ensemble qui est atteinte. On ne construit pas la sécurité sur de l’insécurité sociale, sur une ville ségréguée, ne garantissant ni droit au logement ni droit à la mobilité, dure avec les faibles, tournée vers le profit économique pour un petit nombre et la recherche de la productivité maximum des activités économiques.

Surtout qu’au même moment, des communes deviennent des "ghettos de riches", refusent du logement social en payant une amende ridicule, et sont largement pourvues en équipements publics et privés, très bien desservies en transports en commun et multiplient les dispositifs sécuritaires.

Avec les élus locaux du Front de Gauche qui se sont investis durant des années pour réussir des opérations de transformation urbaine accompagnées de programmes sociaux nous enregistrons certains effets positifs de la "politique de la ville" : - elle a alimenté le débat sur des enjeux de société - elle a posé des jalons sur la voie du dépassement de la contradiction entre démocratie représentative et démocratie participative - elle a permis de faire avancer l’idée de nécessaires solidarités entre les niveaux de territoires : quartiers, communes, agglomérations, régions urbaines…

Pour autant, notre position repose sur la nécessité de ruptures par rapport aux politiques passées. A notre sens c'est l’ensemble du programme partagé offre une réponse aux difficultés sociales vécues par les habitants : le partage des richesses, le développement des services publics, une nouvelle politique économique réfutant l’austérité et privilégiant l’emploi et le pouvoir d’achat, la construction de 200 000 logements par an dont une proportion importante de logements sociaux, un nouveau projet éducatif, la lutte contre les discriminations, etc. Donc un ensemble de politiques de droit commun qui s’attaquent aux racines des difficultés économiques et sociales que connaissent les habitants de ces territoires sera la base de notre politique. Car c’est bien le choix de société qui est en cause.

Toutefois, l’importance du problème qui touche la ville populaire dans ses tréfonds est si importante à nos yeux que nous ne pouvons pas nous contenter de cela. Nous devons prendre en considération le fait que certains territoires et surtout les habitants qui y vivent, bafoués, meurtris, abandonnés, stigmatisés, caricaturés pendant des années, méritent une politique spécifique de réparation ou de rattrapage.

Il faut réduire rapidement les inégalités entre les territoires en matière de services publics en qualité et en quantité, de finances locales et d’offre de logements sociaux. Notre objectif dans les cinq ans est d’avoir un traitement égalitaire pour tous les territoires, et que dans ce laps de temps des politiques volontaristes pour permettre ce rattrapage seront mises en œuvre sur les secteurs géographiques qui cumulent les difficultés... avec une mise à contribution des secteurs géographiques les plus privilégiés.

Le Front de Gauche préconise donc un programme national de solidarité territoriale concernant tout à la fois l’humain et l’urbain, programme qui repose sur 4 principes directeurs :

1) Changer de vision.
Arrêtons un vocabulaire de zonage arbitraire et de marquage social; arrêtons de laisser croire que la rénovation urbaine va résoudre des problèmes structurels accumulés par des politiques économiques et sociales déficientes ; osons affirmer haut et fort l’impasse des solutions qui privilégient le sécuritaire. Banlieues, quartiers défavorisés, ghettos, … , autant de dénominations généralisatrices et inappropriées qui génèrent des confusions. D’autant plus quand les discours politiques de la droite et de l’extrême droite renforcent cette stigmatisation. Il faut parler de la ville et de ses territoires en nommant les lieux et en spécifiant les caractéristiques des problèmes sans confondre les espaces et les habitants.

2) Reconnaitre aux couches populaires leurs capacités à construire une alternative politique.
Il faut reconstruire la relation entre le mouvement social qui naît du monde du travail et les mouvements sociaux qui se développent à partir des quartiers populaires.
Ces quartiers sont des lieux de souffrances pas des lieux de barbarie. Leurs habitants ne sont pas à l’origine de la crise urbaine, mais en sont victimes. Pourtant, ils font preuve de créativité, par exemple dans le mouvement associatif, en particulier les jeunes.
On ne peut se contenter de séances d’information, ni même de vraie concertation pour définir les projets de territoire. Il faut donner à tous les moyens de s’organiser pour participer activement à leur construction. C’est pourquoi, il faut insister sur l’égalité des droits et la lutte contre les discriminations (sexe, origine ethnoculturelle, orientation sexuelle, religion, âge, handicap…) ; cela passe aussi par le respect de la loi de 1905 sur la laïcité, et le droit de vote des résident-e-s étranger-e-s.

3) Promouvoir une nouvelle politique urbaine.
Il s’agit de « démarchandiser » et d’humaniser la Ville, de penser des développements basés sur l’échange humain et la culture émancipatrice et non sur la compétition économique mondialisée ; il faut se donner les moyens da maitriser la croissance urbaine par un aménagement du territoire avec une planification écologique ; faire du foncier un bien public échappant aux mécanismes spéculatifs. Cela s’opérera progressivement par la municipalisation des sols déjà pratiquée dans d’autres pays et en encadrant rigoureusement le droit de propriété lorsque l’intérêt général préalablement et démocratiquement défini est en jeu.
Le Front de Gauche considère que dans « l’Urbain », il y a d'abord de « l’Humain » : logements, commerces, espaces publics, transports en commun répondent à des besoins sociaux. Les projets devront intégrer l’ensemble des dimensions spatiales et temporelles, sociales, économiques, environnementales et culturelles. Les populations les plus modestes ont droit à un habitat de qualité. Ce qui est posé c’est la question du droit à la ville de qualité pour tous.

4) Innover pour valoriser les savoirs citoyens.
C’est dans les territoires où les difficultés sont grandes et cumulatives qu’il faut ne pas hésiter à innover pour permettre aux habitants et aux travailleurs urbains de changer la vie et changer la ville :

  • Innover dans les services publics, en particulier l’éducation et la santé
  • Innover dans le logement et l’urbanisme
  • Innover dans les solutions relatives à la sécurité publique
  • Innover dans l’organisation de la gestion des résidences et des territoires
  • Innover dans la participation aux décisions d’urbanisme et de gestion urbaine.

La jeunesse nous paraît être une question à laquelle une attention particulière doit être apportée. Dans les quartiers populaires, plus encore qu'ailleurs, elle est en proie à une terrible souffrance. C’est principalement là que les taux d’échec scolaire, de précarité et de chômage y sont les plus forts et les questions de formation, de recherche d’un travail, du vécu des discriminations au faciès ou à l’adresse y sont les plus vives. Mais c’est aussi dans les quartiers populaires que de nombreux jeunes s’investissent dans des associations, font vivre la solidarité avec des peuples du monde, contribuent à l’émergence d’une culture urbaine et de pratiques sportives nouvelles, mêmes si elles sont parfois dictées par la pénurie d’espaces appropriés à leur pratique.

La question de l’Éducation Nationale est donc déterminante sur ces territoires. Il y a besoin de réaffirmer notre attachement au travail réalisé par les associations et leurs bénévoles dans nos quartiers et villes, c’est une mine d’or humaine extraordinaire. Cela pose l’exigence que la futur politique de la ville menée par l’État soit véritablement une coproduction, habitants, associations, élus et État et qu’elle ajoute à ses thématiques habituelles le sport et la culture.

Cette poursuite doit améliorer les programmes de rénovation urbaine sur plusieurs points et donner du temps au diagnostic et au débat avec les habitants. Ce qui sous-entend de bannir « l’esprit de la table rase » : la restructuration urbaine, les démolitions ne sont pas des fins en soi.

Un tel programme national, mais décliné localement, ne doit pas être l’énoncé d’une succession de mesures générales. Il doit faire l’objet – du local au national - d’une mise au point discutée avec les associations d’élus, les associations d’habitants, ceux qui œuvrent en faveur des quartiers populaires (des bailleurs sociaux, travailleurs de terrain, milieux économiques, syndicats). Ne galvaudons pas les terminologies de plans Marshall ou de Grenelle des territoires. Disons simplement que c’est l’expression d’une nouvelle façon de gouverner, celle que propose le Front de Gauche : L'Humain d'abord !

Il faut noter que, du fait de la crise, les difficultés constatées, même si elles sont plus prégnantes dans les grandes concentrations d’habitat social, s'étendent aux centres anciens, au périurbain et aux à certaines zones rurales. Notre programme s’appliquera, avec les nécessaires spécificités, à l’ensemble des territoires concernés.

Nous avons évoqué dans notre programme partagé la suppression du ministère de la Ville, parce que jusqu’ici c’était le ministère du marquage social des quartiers populaires et du saupoudrage, ce qui n’est pas notre conception. Avec une dénomination différente de la vôtre, le Front de Gauche est plutôt partisan d’un grand ministère d’État de la Cohésion territoriale et de l'Urbain, incluant notamment le logement, l’urbanisme, l’aménagement du territoire et les transports, et rattaché au Premier Ministre. Il traitera de manière horizontale en relation avec les autres ministères de questions territorialisées liées à l’emploi, à l’éducation, à la culture, à la tranquillité publique, à la santé, aux discriminations... Sa mission prioritaire portera sur une politique de réduction des inégalités sociales et territoriales, en faveur des territoires en difficultés : banlieues, territoires ruraux, territoires ultra-marins… A l’intérieur de ce ministère, des délégués interministériels veilleront spécifiquement à chacun de ces territoires (un délégué à la ville pour les banlieues).
Une forte déconcentration des actions de ce Ministère doit être la règle : au pilotage transversal assuré par le ministre d’État au niveau national, répond un pilotage contractualisé entre le préfet et le maire au niveau local en partenariat avec les intercommunalités, les Départements et les Régions. Le maire coordonne les actions portées par l’ensemble des acteurs sur le quartier. C'est seulement ainsi que l'on sortira de la logique descendante d’appel à projet pour définir des projets de territoires communs et partagés, entre tous les acteurs : État, collectivités, associations, entreprises, habitants.

Des expérimentations faites en France ou à l’étranger, nous retenons notamment :

  • Les groupes coopératifs de territoire qui mobilisent en faveur d’un projet intégré des professionnels de métiers et de statuts différents rattachés à des institutions diverses ;
  • Les Unions territoriales de solidarité dont la mission est d’accompagner de manière active les projets de territoire. Ces établissements (constitué sous forme d’Union d’Économie Sociale) peuvent recevoir des financements publics ; leur conseil d’administration, composé pour une part de représentants de la population et des représentants des groupes coopératifs de territoire. Et des personnalités représentant l’agglomération : universitaires, entrepreneurs, syndicats, militants d’associations pour être sources de contacts et points de liaison avec la Ville et ses opportunités.

Vous aurez donc noté, Monsieur le Président, qu'en matière de logement, d'emploi, d'éducation, de santé, de sécurité, de citoyenneté, de laïcité, de lutte contre les discriminations, de planification écologique, le Front de Gauche partage la plupart des propositions de votre association pour "faire des quartiers une priorité nationale".

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes salutations les plus distinguées.

Pour le candidat

Clémentine Autain,
porte parole de Jean Luc Mélenchon et coordinatrice des fronts de gauche thématiques, dont celui consacré à la Ville, l’Habitat et les Solidarités Urbaines

- page 1 de 2