Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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mercredi 7 mars 2018

Intrusion et agression violente dans l'école Descartes : pour de vraies solutions

J'adresse toutes ma solidarité à la directrice et à l'animateur du centre de loisirs Descartes ainsi qu’à la directrice de l’école qui ont été victimes d'une agression inqualifiable qui a eu lieu lundi 5 mars dans l'école Descartes de Saint-Denis.

J'adresse aussi un message de soutien à tous les agents du service public qui malgré le traumatisme ressenti ont pris sur eux pour accueillir les enfants dans les meilleures conditions possibles dès le lendemain matin. Et bien évidemment nous sommes aux côtés des familles des enfants témoins de ces actes horribles et inacceptables pour leur témoigner toute notre sympathie et les assurer de notre volonté de luter avec eux pour que cela ne se reproduise plus jamais.

Cette violence est d’autant plus inadmissible, qu’elle a visée des agents publiques qui se dévouent au quotidien pour les enfants de Franc-Moisin. L’école et les activités qui s’y déroulent sont sacrées parce qu’elle participent de la formation et de l’émancipation de ce que tout pays a de plus cher : sa jeunesse.

La situation est d’autant plus intolérable que les premières victimes des violences quotidiennes sont les habitants des quartiers populaires qui se débattent déjà contre les discriminations, les stigmatisations et le mépris d’une partie de notre société. Comme si les drames humains et la violence sociale ne suffisaient pas.

Il faut que cela cesse ! Demandons à ce que de vraies solutions soient mises en place.

Nous nous souvenons de tous ces gouvernements qui voulaient “nettoyer au Karcher” les banlieues ou y “éradiquer la gangrène”. On voit où cette démagogie sécuritaire nous a menés.

Il faut des policiers. Plus de policiers, oui ! Mais pas des CRS qu’on envoie ponctuellement ou des Rambo qui mènent la guerre à tout un quartier en s’en prenant à tout ce qui est jeune, à tous ceux dont le faciès leur déplaît, quand ils ne s’amusent pas à enfoncer leur matraque dans l'anus des gamins. Ne réclamons pas des “forces de l’ordre”, mais des “gardiens de la paix”. Une police de proximité qui connaisse le quartier et ses habitants. Des policiers formés qui ne font pas peur à tous mais qui au contraire rassurent par leur présence efficace auprès des habitants.

Les quartiers populaires minés par le chômage sont petit à petit abandonnés. L’Etat y investit moins pour l’éducation que pour les enfants des quartiers bourgeois. Les transports y sont défaillants. Les associations voient leurs financements fondre. Le Département supprime les postes d’éducateur et n’assure pas une de ses missions essentielles : la protection de l’enfance. Les jeunes sont orientés vers des voies de garage. Même Plaine Commune, la mairie et les bailleurs publics ne délivrent pas la même qualité de service qu’ailleurs. Cela non plus ne peut plus durer !

Habitants, associations, professionnels de l’éducation et du social, syndicalistes et militants politiques, exigeons de l’ensemble des responsables (Etat, Région, Département, Plaine commune, Ville, bailleurs sociaux) le rétablissement de l'EGALITE dans nos quartiers, et à Franc-Moisin en particulier.

Et, en parallèle de cet indispensable un plan de rattrapage, il convient que l'ensemble des citoyennes et citoyens se battent pour le respect de leurs droits : l'action commune peut faire reculer la violence. Des collectifs tel que "Nos enfants d'abords", "Les mères de SFC" et tant d'autres qui œuvrent déjà dans ce but. Faisons grossir le mouvement et donnons une réalité au mot FRATERNITE qui orne la façade de nos écoles au travers du mouvement collectif qui va être mis en place par les différents syndicats, par nos agents du service public et par les familles dionysiennes.

mercredi 20 janvier 2016

Appel unitaire dionysien contre le projet de réforme constitutionnelle

Sur la base d'un texte que j'ai produit, de très nombreux syndicats, associations, collectifs et partis politiques ont signé un appel dionysien contre le projet de réforme constitutionnelle :

STOP à l'état d'urgence
Non au projet de déchéance de la nationalité

Après les attentats barbares de Paris et Saint-Denis que nous condamnons, F. Hollande et le gouvernement Valls veulent inscrire l'état d'urgence dans la Constitution. Sous couvert de combattre «le terrorisme», en entretenant un état de guerre permanent, l’état d’urgence fait peser un danger sérieux sur nos libertés démocratiques, individuelles, sociales et politiques et sur la démocratie.

Vouloir priver de leur nationalité jusqu'aux personnes nées françaises, c'est s'engager dans la voie d'une nationalité à deux vitesses. Tous les français sont égaux devant la loi quelle que soit leur origine. Le silence du président de la République, lors de la réunion du Parlement, sur l'indispensable engagement de l'Etat en faveur de l'égalité des droits, de la justice sociale, sur le développement des services publics, contre toutes les discriminations et contre toutes les manifestations de racisme accroît dramatiquement le sentiment d'exclusion que vit toute une partie de nos concitoyens, notamment à Saint-Denis. Il favorise la stigmatisation croissante mettant en péril notre volonté de vivre ensemble.

Nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à rester solidaires et fraternels. Nous appelons à la défense des libertés car nous ferons prévaloir en toutes circonstances notre liberté d'information, d'expression, de manifestation et de réunion. Nous exercerons une vigilance permanente afin que nos droits et libertés soient préservés et que nul ne soit victime de discriminations.

Non au projet de déchéance de la nationalité, non à une démocratie sous état d'urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l'effroi légitime suscité par les attentats. Nous n'acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n'offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels. Ainsi, des militants de la cause écologique sont assignés à résidence, des manifestations pacifistes sont interdites, des militants politiques, associatifs et syndicalistes sont arrêtés, les contrôles au faciès se multiplient. Nous demandons le retrait des poursuites contre les militants des mouvements sociaux et la levée immédiate de l’état d’urgence.

Notre rejet de cette révision constitutionnelle est absolu. Nous appelons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la France à le manifester.

Nous appelons les parlementaires à refuser en conscience cette insupportable atteinte aux principes d'égalité et de fraternité.

Manifestation, samedi 30 janvier2016 à 14H30 – Place de la République
RDV pour un départ collectif à Saint-Denis, 13H devant la Mairie

Signataires : Union locale CGT, Union locale Sud-Solidaires, SNUIPP-FSU, Sud-Education, Sud CT Mairie de St-Denis, EVTC, le comité dionysien du Mouvement de la paix, le MRAP, La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) de Plaine Commune, Droit au Logement (DAL), la Coordination 93 des sans papiers, la Coordination des foyers des travailleurs migrants de Plaine Commune, le comité dionysien de Femmes Solidaires, Plaine de femmes, Les Bonnets d’âne, Sciences Populaires Saint-Denis, AFPS, CPPI St Denis, Alternative Libertaire, Ensemble !, le NPA, le PCF, le PG, EELV, groupe Henry Poulaille de la F.A....

Pour signer la pétition contre le projet de réforme du gouvernement : http://www.nousnecederonspas.org/

mardi 14 octobre 2014

Stoppons la grande rafle européenne

Jusqu'au 26 octobre prochain, l’Union européenne lance une opération contre ce qu’elle décrit comme « migration illégale ». Il s’agit de mesures de sécurité accrues au sein de l’espace Schengen, dans les aéroports, les gares et aux postes frontières, en étroite collaboration avec Frontex (organisme militarisé, indépendant, de surveillance des frontières) et Europol.

Ces opérations ont été décidées dans la plus grande opacité au sein du Conseil de l’UE. Nous dénonçons cette méthode et exigeons de prendre connaissance des engagements pris au nom de notre pays.

Cette opération est en contradiction avec le droit à une protection internationale. Elle en ignore que la majorité des demandeurs d’asile fuient la guerre ou l’oppression. Cette opération n’aura pour seul résultat que l’augmentation du nombre de migrants incarcérés dans des centres de détention. Ces rafles représentent un énième coup de force des dirigeants européens contre les droits des migrants et visent à les criminaliser. Les illégalités institutionnelles telles que les refus de guichets, l’exigence de pièces non nécessaires à la constitution de dossiers d’ouverture de droits (santé, travail, logements, titres de séjour, allocations divers), sont autant de techniques de guerre contre les pauvres et les migrants.

Ces migrants sont en grande partie victimes des guerres soutenues par l’OTAN, organisation belliqueuse dont la France fait partie. Ces personnes sont victimes des politiques néolibérales de l’Union européenne, notamment ses accords de partenariat économique , qui visent à piller les ressources des pays du Sud.

Les associations civiles suédoises ont déjà demandé le retrait de leur pays de ces opérations.

Ainsi, le Parti de Gauche demande au Président de la République de refuser ces rafles en France et demande l’annulation pure et simple de cette circulaire. La France a effectivement un devoir d’agir : développer des moyens légaux et sûrs d’obtenir la protection en Europe pour les femmes, les hommes et les enfants en danger. Ceci va de pair avec la suppression de Frontex dont les atteintes aux droits humains (facilitées par la personnalité juridique et l’absence de mécanisme de plainte) sont sans cesse épinglées et détaillées par nombre d’ONG. Le seul devoir de la France consiste à assurer au niveau européen les normes les plus élevées dans les procédures d’asile et d’accueil, et devenir le fer de lance d’une véritable politique internationale aux pays du Sud de se développer. Encore une fois, la Ve République et son opacité ont frappé : François Hollande décide seul, secrètement, sous la pression d’une Europe de plus en plus autoritaire.

jeudi 7 novembre 2013

Un lycéen grièvement gazé par la police lors d'un blocus à Saint-Ouen

Ce matin, la police est violemment intervenue contre des élèves du lycée Auguste Blanqui à Saint-Ouen (93) qui commençaient à édifier un blocus devant leur établissement pour protester contre l’expulsion d’élèves sans papiers. L’emploi de gaz lacrymogène et la brutalité de l’agression ont conduit un lycéen à l’hôpital.

"Nous étions six en train d’installer des barrières, de façon pacifique, et ils nous ont frappés et gazés très près du visage", a raconté, une élève de terminale au Parisien. Un de ses camarades, en classe de 1ère, a été hospitalisé jeudi 7 novembre après avoir été aspergé de gaz lacrymogène par la police, provoquant une perte de connaissance.

Ce nouvel exemple de violence policière est inacceptable, particulièrement quand elle s’exerce contre des lycéens, pour la plupart mineurs, qui ont le droit d’exercer leur liberté d’expression et leur droit de manifester. Cet incident dramatique s’inscrit dans la longue liste des répressions en Seine-Saint-Denis, et ailleurs, à l’encontre des mouvements sociaux, des mouvements des « sans ».

Avec le Parti de Gauche de Seine-Saint-Denis j'apporte tout son soutien aux lycéens victimes de ces violences comme aux enseignants et personnels du lycée qui se sont mis en grève par solidarité avec leurs élèves.

Le ministre de l’Interieur doit faire cesser au plus tôt ces agissements contre la démocratie et le droit d’expression. Ils sont indignes d’un gouvernement de gauche. Manuel Valls se doit d’être particulièrement ferme à l’endroit des gardiens de la paix en Seine-Saint-Denis. Le Parti de Gauche de Seine-Saint-Denis exige d'ailleurs que la Police nationale obéisse pleinement aux règles de la République.

Le communiqué des enseignants : StOuenLyceen.07.11.2013.jpg

jeudi 8 décembre 2011

Le préfet Lambert accuse la Ville de tous les maux

A la demande du Medef, le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, a reçu les entreprises de La Plaine sur le thème de l'insécurité. Sont présentes les plus grandes (Generali, EDF) comme de plus petites (jusqu'au pharmacien du RER D) ; les historiques (Afnor, Stade de France...) comme celles dont les bâtiments ne sont pas encore sortis de terre comme SFR. Quatre heures durant le préfet a accusé la ville de tous les maux. Les agression de salariés ? L'Etat fait tout ce qu'il peut, mais si l'insécurité perdure à Saint-Denis, c'est de la faute du Maire qui refuse les caméras de vidéo-surveillance. Le manque de patrouilles de police ? Il y suffisamment de fonctionnaires de police nationale (comme chacun peut le constater !), mais où est la police municipale ? L'absence de commerces de proximité ? L'Etat investit beaucoup dans la rénovation urbaine, mais la Ville n'en a cure. La désertification médicale ? Lambert_OK.jpgLa rénovation urbaine (encore elle) financée par l'Etat prévoit de lutter contre, mais la Ville n'envisage aucun projet de maison médicale. Les PV qui pleuvent autour du Stade de France ? La faute aux collectivités locales qui n'ont pas prévu de parkings en nombre suffisant. Les Rrom ? C'est de la faute de la V... Ah non : de la justice qui est trop lente, voire inconséquente puisque rendant parfois des décisions contraires à la volonté préfectorale. La liste est tellement longue que lorsque mon tour de parole est arrivé, en avant dernier, je n'ai pu reprendre tous les griefs dont la Municipalité était accusée. Je me suis senti, comme je l'ai exprimé, "le vilain petit canard de la réunion. Au sens figuré, parce que seul de l'assistance à ne représenter aucune entreprise. Au sens propre, parce que représentant de l'institution rendue, par le préfet, responsable de tous les maux évoqués par les entreprises. Or il me sembl(ait) que les questions abordées était bien trop importantes pour être traitées de manière caricaturale."

Pourtant, avant moi, certains ont essayé de modérer la hargne du préfet à l'encontre de la Ville et de Plaine Commune.

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