Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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mardi 15 mars 2016

Manuel Valls s'attaque à la politique humaniste et internationaliste de la Ville de Stains

MBarghouti.jpgLundi 21 mars la Ville de Stains est déférée devant le tribunal administratif suite à la requête du Préfet demandant au Maire de retirer la banderole "Libérez Marwan Barghouti, le Mandela palestinien une chance pour la Paix".

Le préfet argumente sur une absence d'intérêt local ainsi qu'un risque de trouble à l'ordre public. En somme afficher fièrement sur le fronton de l'Hôtel de ville les valeurs de paix et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ne serait pas dans l'intérêt des Stanois et ne relèvrait pas de la clause de compétence générale. Pis, celà risquerait de déclencher des émeutes. Foutaises que celà.

Azzédine Taïbi et l'avocat de la ville proposent de faire témoigner des stanoises et stanois qui entretiennent des projets de coopération, pour promouvoir les valeurs de solidarité, de paix et de respect du droit international.

Depuis l'arrestation de Barghouti, ses défenseurs mènent une campagne active en faveur de sa libération. Parmi eux, des importantes personnalités palestiniennes, des membres du Parlement européen et le Bloc de la paix. En janvier 2007, l'ancien premier ministre Shimon Peres avait promis qu'il signerait une grâce présidentielle s'il était élu à la présidence... mais une fois élu le 13 juin 2007, il n'en fit rien.

En mars 2008, la ville de Stains a élevé Marwan Barghouti au rang de citoyen d'honneur de la ville puis a lancé en mars 2009 le Réseau des villes et collectivités pour la libération de Marwan Barghouti. Les villes d'Ivry-sur-Seine, Valenton, Gennevilliers, La Courneuve, Pierrefitte-sur-Seine, La Verrière, Vitry-sur-Seine, Avion en font partie. En juillet dernier, le tribunal administratif de Montreuil avait annulé la délibération du conseil municipal d'Aubervilliers élevant au rang de citoyen d'honneur de la ville le leader palestinien.

Personne ne fera croire que le préfet de Seine-Saint-Denis agit de son propre chef. En l'occurrence ses ordres arrivent directement de Matignon où un apprenti sorcier souffle sur les braises du conflit israélo-palestiniens assimilant anti-sionisme et antisémitisme au dîner du Crif ou en envoyant son préfet au front dans le 9-3. Socialisme, humanisme, internationalisme sonnent aux oreilles de Manuel Valls comme des insultes. Crions-les et revendiquons-les plus fort encore.

Total soutien à Azzédine Taïbi et aux Stanois, d'autant que l'argentin Adolfo Pérez Esquivel a proposé il y quelques jours le Marwan Barghouti au comité de sélection du Prix Nobel de la paix. Il est urgent que le Maire de Saint-Denis, en soutien, affiche le soutien des Dionysiens à Barghouti sur notre hôtel de ville.

mercredi 7 juillet 2010

Expulser ou ne pas expulser, telle n'est pas la solution

Le campement Rrom du Hanul a été évacué par la force… avec violence conduisant un jeune homme à l'hôpital.

Et j’éprouve un sentiment contradictoire.

D’abord il s’agit de la vie d’hommes, de femmes et d’enfants. Ensuite, malgré la misère, il existait dans cet espace une forte solidarité. Un peu comme celle qui, de ce qu’on m’a dit, régnait dans les bidonvilles de Franc-Moisin ou de Pleyel, il y a quarante ans.

De l’autre côté, les conditions sanitaires, malgré les efforts de la commune et la communauté d’agglo, y étaient inacceptables. La sécurité dans les baraquements étaient pour le moins précaire : une cigarette mal éteinte ou un court-circuit dans l’installation électrique sauvage et c'est la tragédie. Cela s’est d’ailleurs produit par le passé.

Les laisser au Hanul était inimaginable. Les expulser du Hanul est une catastrophe.

Le Parti de Gauche s’est déclaré solidaire des 150 habitants Rrom du Hanul qui ont été expulsés par la force mardi 6 juillet sans qu'aucune solution de relogement ne soit proposée par les services de l'Etat.

La situation est dans une réelle impasse pour les Rrom de nationalité bulgare et roumaine en France. S'ils sont citoyens de l'Union Européenne depuis 2007, tout est pourtant fait en France pour les empêcher d'obtenir un titre de séjour et donc de s'insérer. En effet, au nom de « mesures transitoires », des conditions drastiques les empêchent de trouver un travail (taxe prohibitive pour leurs employeurs, obligation d'obtenir un CDI). Il ne reste plus qu'aux Roms à survivre dans des bidonvilles insalubres dans la peur d'être expulsés. Cette menace est encore plus présente depuis l'arrivée du nouveau préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, qui se vante de détruire quatre bidonvilles par semaine dans le département. Le déplacement des Rrom de campement en campement, de commune en commune, ne règle en rien à la situation, bien au contraire ! La scolarité des enfants est sérieusement mise à mal à chaque expulsion. Par ailleurs, il n'y a plus de places disponibles dans les rares « villages d'insertion » co-financés par l'Etat et les municipalités dont celle de Saint-Denis. D'ailleurs, qui peut croire qu'une insertion est possible dès lors que les Rrom n'ont pas accès à l'emploi ?

Avec le Parti de Gauche je condamne la politique du chiffre menée par le préfet de Seine Saint-Denis et les politiques nationales et européennes de répression qui stigmatisent les Rrom autant que dans leurs pays d'origine. Nous nous battons pour la levée des mesures transitoires européennes ainsi que pour un accueil de la population Rrom dans toutes les communes et départements d'Ile-de-France.

Ce ne sera qu’ainsi qu’une solution pérenne pourra être trouvée pour ces populations discriminées en perpétuelle errance forcée.

jeudi 5 mars 2009

Deux délégués du Préfet à Saint-Denis

Christiane Barret, préfète déléguée pour l'égalité des chances de Seine-Saint-Denis, m'a annoncé par courrier la nomination de «délégués du préfet», des agents mis à disposition du Préfet pour trois ans, «afin d'assurer une meilleure coordination de l'ensemble des dispositifs et des acteurs qui interviennent sur le terrain». Ils sont présentés comme les «correspondants de proximité des élus, de leurs équipes, des chefs de projet, des associations et de l'ensemble des partenaires présents dans le quartier».

Cette décision du dernier Conseil interministériel des villes peut favoriser l'expression des citoyens, la lutte contre le sentiment d'abandon, la citoyenneté des plus exposés. Mais il conviendra de veiller tout particulièrement à ce que la mise en place de ces délégués contribue à une meilleure réactivité de l'Etat et non à l'émergence d'un nouveau contrôle de l'Etat sur l'action des élus locaux et les associations qui oeuvrent au quotidien dans nos quartiers.

Deux agents sont nommés à Saint-Denis, un pour Floréal et Saussaie ; un autre pour «les Francs Moisins» (sic)-Bel Air.

Ca commence mal : l'Etat peut, sans conséquence, se tromper et mettre au pluriel le Franc Moisin, en revanche l'omission de la Courtille est inquiétante...

jeudi 26 février 2009

Le préfet fait les magasins

Il s'y était engagé, il y a tout juste une semaine dans son bureau à Bobigny... et il a rapidement tenu parole. Nacer Meddah, le nouveau préfet de Seine-Saint-Denis, est venu à la rencontre des commerçants de la ville, en fin d'après-midi. Il était accompagné du sous-préfet de Saint-Denis et d'un aréopage de policiers au nombre desquels le directeur départemental de la sécurité publique. Florence Haye, Francis Langlade et moi-même, pour la mairie, l'avons accueilli. Etaient également présents MM. Briganti et Beaujourde la Ségécé, l'exploitant du centre commercial basilique ; Mme Lapert, la nouvelle présidente de la Maison du commerce et de l'artisanat.

90 minutes à attendre la police... en vain

Premier commerce visité : Célio. Le gérant fait partager au préfet sa stupéfaction relative au dysfonctionnement des services de police. Jugez plutôt. Il y a dix jours, le gérant du magasin du centre commercial interpelle un voleur. Il a pour quelque 500 € de marchandises dans son sac et une pince coupante qui lui a permis de retirer les antivols. L'appel au commissariat est passé vers 18h15. Réponse du policier à l'autre bout du fil : "Il n'y a personne de disponible pour l'instant, une patrouille passera vers 19h40 !" Une heure et demi plus tard, aucun képi n'est passé au magasin qui devrait être fermé depuis longtemps. Le gérant est alors contraint de laisser partir le voleur...

Pas de papier pour rédiger la plainte

La visite se poursuit chez Bata. Là, le responsable du magasin raconte comment après un vol il est allé porter plainte au commissariat où, après une heure d'attente on lui a annoncé qu'il n'était pas possible de prendre sa déposition, faute de papier pour l'imprimer !

De la vidéosurveillance pour quoi faire ?

Chez Micromania, le préfet est surpris d'apprendre que les services de police ne sont toujours pas venus visionner l'enregistrement de la dernière aggression, au cours de laquelle un vigile a été attaqué avec un Taser... au mois de janvier
Au PC de sécurité du centre commercial, M. Briganti explique que la vidéosurveillance a permis d'alerter les secours pour un départ de feu et trois cambriolages nocturnes. Mais que les images ne sont pas utilisables pour les razzias car les délinquants arrivent cagoulés.

De la présence humaine

Pour les responsables des magasins Sephora et Courir, ce qui manque, c'est une présence policière. Elles reconnaissent une amélioration ces dreniers jours, mais trouve cela encore insuffisant.

Après une ultime halte au café "Saint-Laurent", le préfet a pris congé. Espérons qu'il obtiendra pour Saint-Denis quelques-uns des 4000 policiers que la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie prévoit de rédeployer dans les quartiers sensibles.

mercredi 18 février 2009

Les commerçants reçus chez le préfet

Nacer Meddah, le nouveau préfet de Seine-Saint-Denis, a reçu ce matin une délégation de commerçants de Saint-Denis en présence du Maire et de moi-même.

Il s'agit là de l'aboutissement d'interventions conjuguées de la Ville, de la Maison du commerce et de l'artisanat ainsi que de l'exploitant du centre commercial basilique (la Ségécé). En effet, face à la recrudescence d'actes délictueux dans les commerces de la ville en fin d'année dernière, j'ai demandé au Maire d'alerter le préfet. Parallèlement, j'ai incité les associations de commerçants et l'exploitant du centre commercial du centre-ville de faire de même.

Préfecture de BobignyCes interventions ont débouché sur une rencontre avec le préfet de Seine-Saint-Denis, ce 18 février, à Bobigny.

Evidemment il a été question de vidéo-surveillance. Le préfet, récitant la leçon du gouvernement a tenté de justifier son implantation au regard son "évidente efficacité préventive". Je lui ai alors fait remarqué qu’aucune étude n’avait fait la preuve de l’efficacité préventive de la vidéo-surveillance. Mais la contradiction qui a le plus porté n’est pas venue du Maire ou de moi, mais de l’exploitant du centre commercial, vidéo-surveillé. Selon ce dernier, les caméras permettent de lutter contre les intrusions nocturnes, mais ne servent à rien contre les attaques que subissent les commerçants. Le préfet a alors insisté sur l’utilité des caméras pour les enquêtes policières. Ce à quoi le Maire a répondu que si l’Etat estimait qu’il fallait des caméras pour que la police puisse effectuer son travail, il donnait son autorisation à leur implantation… mais qu’il ne fallait pas demander à la Ville d’en assurer les coûts.

M. Meddah nous a alors promis plus de présence policière sur le terrain et une réorganisation des forces de police (notamment pour une présence le dimanche matin sur le marché).

Il a en outre promis d’effectuer une visite sur le terrain dans les prochaines semaines pour se rendre compte de la situation par lui-même.