Le campement Rrom du Hanul a été évacué par la force… avec violence conduisant un jeune homme à l'hôpital.
Et j’éprouve un sentiment contradictoire.
D’abord il s’agit de la vie d’hommes, de femmes et d’enfants. Ensuite, malgré la misère, il existait dans cet espace une forte solidarité. Un peu comme celle qui, de ce qu’on m’a dit, régnait dans les bidonvilles de Franc-Moisin ou de Pleyel, il y a quarante ans.
De l’autre côté, les conditions sanitaires, malgré les efforts de la commune et la communauté d’agglo, y étaient inacceptables. La sécurité dans les baraquements étaient pour le moins précaire : une cigarette mal éteinte ou un court-circuit dans l’installation électrique sauvage et c'est la tragédie. Cela s’est d’ailleurs produit par le passé.
Les laisser au Hanul était inimaginable. Les expulser du Hanul est une catastrophe.
Le Parti de Gauche s’est déclaré solidaire des 150 habitants Rrom du Hanul qui ont été expulsés par la force mardi 6 juillet sans qu'aucune solution de relogement ne soit proposée par les services de l'Etat.
La situation est dans une réelle impasse pour les Rrom de nationalité bulgare et roumaine en France. S'ils sont citoyens de l'Union Européenne depuis 2007, tout est pourtant fait en France pour les empêcher d'obtenir un titre de séjour et donc de s'insérer. En effet, au nom de « mesures transitoires », des conditions drastiques les empêchent de trouver un travail (taxe prohibitive pour leurs employeurs, obligation d'obtenir un CDI). Il ne reste plus qu'aux Roms à survivre dans des bidonvilles insalubres dans la peur d'être expulsés. Cette menace est encore plus présente depuis l'arrivée du nouveau préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, qui se vante de détruire quatre bidonvilles par semaine dans le département. Le déplacement des Rrom de campement en campement, de commune en commune, ne règle en rien à la situation, bien au contraire ! La scolarité des enfants est sérieusement mise à mal à chaque expulsion. Par ailleurs, il n'y a plus de places disponibles dans les rares « villages d'insertion » co-financés par l'Etat et les municipalités dont celle de Saint-Denis. D'ailleurs, qui peut croire qu'une insertion est possible dès lors que les Rrom n'ont pas accès à l'emploi ?
Avec le Parti de Gauche je condamne la politique du chiffre menée par le préfet de Seine Saint-Denis et les politiques nationales et européennes de répression qui stigmatisent les Rrom autant que dans leurs pays d'origine. Nous nous battons pour la levée des mesures transitoires européennes ainsi que pour un accueil de la population Rrom dans toutes les communes et départements d'Ile-de-France.
Ce ne sera qu’ainsi qu’une solution pérenne pourra être trouvée pour ces populations discriminées en perpétuelle errance forcée.
Ces interventions ont débouché sur une
rencontre avec le préfet de Seine-Saint-Denis, ce 18 février, à Bobigny.