Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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Tag - politique de la Ville

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lundi 1 juin 2015

La CPAM 93 veut fermer plus de la moitié de ses accueils... faisons du bruit

Le Parti de Gauche de Saint-Denis est à l'origine d'une nouvelle mobilisation contre la casse des services publics. Il s'agit cette fois de la volonté de la CPAM 93 de fermer 18 des 33 lieux d'accueil des assurés sociaux séquano-dionysiens. Rien de moins !

Apprenant cela par voie de presse (Bondy Blog, confirmé par le Parisien), le Parti de Gauche a contacté les forces politiques et syndicales du département pour mener une campagne contre ce projet. Nous avons été rejoint par Eensemble !, Attac, SUD-Solidaires et Bagnolet du 9 à gauche.

Nous appelons tous les Séquano-Dionysiens à signer une pétition contre ce projet qui impactera la vie quotidienne de 1,5 million assuré-e-s sociaux : http://sos-secu93.net

En parallèle, nous avons adressé à tous les maires du département un courrier. « Parce que la solidarité est le cœur même de la vie quotidienne de la quasi-totalité des habitants de (leur) ville, » il leur est demandé de se « mobiliser et de refuser de rencontrer les dirigeants de la CPAM tant que ceux-ci et leur Conseil d'administration ne s'engageront pas formellement à discuter de l’avenir des antennes de la CPAM du 93 avec les usagers et les agents au moyen de réunions publiques. »

Avec ces fermetures, les usagers seraient encore plus mal traités qu'aujourd'hui. Les plus isolés, les plus fragiles des Séquano-Dionysiens auraient encore plus de difficultés pour se rendre aux accueils des CPAM. Les conditions de travail des agents de la CPAM, et surtout des précaires, seraient fortement dégradées. Les habitants et salariés de Seine-Saint-Denis, département déjà durement touché par les cures d’austérité et où les personnes les plus vulnérables se concentrent, ne peuvent supporter la casse de leur système de protection sociale.

La détérioration des services publics dans le 93 n’a eu de cesse, ces dernières années, de rompre le lien essentiel entre administrations et usagers. Par leur abstention, les représentants syndicaux au Conseil d’administration de la CPAM 93 ont pris la lourde responsabilité de permettre l’adoption d’un budget de fonctionnement largement insuffisant provoquant un pas de plus vers cette rupture. Il doivent s'en expliquer publiquement.

Le projet de la CPAM 93 est en totale opposition avec le discours de l’Etat qui signe actuellement la nouvelle contractualisation de la politique de la ville et annonce la « mobilisation du droit commun dans les quartiers de la politique de la ville ». Les citoyens sont désespérés du double langage tenu par les gouvernements et les institutions. Le Collectif contre la fermeture des accueils de la CPAM 93 adressera dans les tout prochains jours un courrier dans ce sens au ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et à la secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la ville.

La dégradation du niveau de vie de nos concitoyens doit au contraire conduire à un renforcement des politiques sociales sur ce territoire discriminé depuis des décennies. Nous exigeons non seulement de conserver les 33 antennes CPAM existantes mais aussi l'amélioration de l'accueil du public :
- Ouverture quotidienne de chacune des permanences ;
- Diversification des lieux d'accueil, au plus près des usagers (administrations publiques, centres sociaux, maisons de quartier...) ;
- Augmentation du nombre d’agents d’accueil et d’agents chargés du traitement des dossiers ;
- Renforcement de la présence de médiateurs, d'écrivains publics et de traducteurs ;
- Ouverture de guichets spécifiques pour les cas d’extrême urgence…

Signez et faites signer la pétition : http://sos-secu93.net

mardi 17 juin 2014

Carte de la nouvelle politique de la ville

Carte geographie prioritaire CGET juin 2014

Pour accéder à la carte interactive, cliquez sur l'image

mardi 4 mars 2014

Pour l'école publique républicaine, avec les parents et enseignants en lutte

Moins de classes, moins de profs, moins d’heures de cours. Les collèges de la Région parisienne, notamment ceux classés en Zones d’Education Prioritaires (ZEP) perdent des heures d’enseignement à la rentrée prochaine. Des matières et des classes sont menacées.

C’est pourquoi les enseignantEs de 5 des 8 collèges de Saint-Denis sont en grève à partir du mardi 4 mars, comme ils l’ont été avant les vacances de février. Tous les syndicats appellent à la grève le 4 mars en Seine Saint-Denis. Dans le 92 aussi les professeurEs sont en lutte contre l’austérité qui menace l’éducation en banlieue.

Les parents d’élèves leur ont apporté leur soutien parce que c’est de l’avenir de leurs enfants qu’il est question. Comment peut-on réduire ainsi les possibilités d’apprendre des jeunes de nos villes?

LE GOUVERNEMENT AVAIT PROMIS DE FAIRE DE L’EDUCATION NATIONALE UNE PRIORITE

Hollande, Ayrault, Peillon nous avaient dit que l’enseignement ne serait pas touché par les mesures d’austérité. Ce devait être une priorité, cela marquerait la rupture avec les années Sarkozy et la liquidation de 80 000 postes d’enseignants.

Le ministre Peillon n’arrêtait pas de dire que la priorité des priorités, c’était les collèges en situation difficile. Et voilà qu’aujourd’hui il supprime des heures en ZEP ! Ce n’est pas pour cela que nous avons chassé la droite en mai 2012.

AUJOURD’HUI, C’EST L’AUSTERITE POUR LES ENFANTS DES MILIEUX POPULAIRES

François Hollande continue ses cadeaux aux patrons, et ce sans contrepartie aucune, son gouvernement les fait payer aux salariés, aux retraités, aux chômeurs. Et maintenant aux enfants !

Qu’en disent les partisans du gouvernement dans notre ville ? Qu’en dit Mathieu Hanotin, vice-président chargé des collèges au Conseil Général de Seine-Saint-Denis ?

TOUS ET TOUTES ENSEMBLE, IMPOSONS L’ARRET DE LA POLITIQUE D’AUSTERITE

Afin de défendre l’éducation pour nos enfants, soutenons les enseignantEs, les parents d’élèves, dans leur lutte contre les réductions d’horaires. Le mouvement engagé dans les collèges de nos banlieues peut et doit gagner : l’avenir de nos enfants est en jeu.

Le FRONT DE GAUCHE soutient ce mouvement ; il exige que les moyens retirés soient rendus.

Par ailleurs, le FRONT DE GAUCHE appelle toutes celles et tous ceux qui refusent la politique d’austérité de François Hollande et de son gouvernement à réagir ensemble. C’est une politique qui poursuit la casse de nos acquis menée pendant des années par la droite. Les 23 et 30 mars, manifestons dans les urnes notre refus de cette régressions sociale... et le 12 avril, dans la rue, manifestons pour une politique de progrès social, contre la dégradation de nos conditions d’existence.

jeudi 6 février 2014

La réforme des ZEP est une véritable imposture

A Saint-Denis, tous les collèges sont classés en Zone d'éducation prioritaire (ZEP), mais, malgré l'annonce du président de la République, le 15 janvier, promettant des "mesures d'une ampleur inédite", les moyens sont en réduction alors que les effectifs élèves sont à la hausse.

La "refondation" des ZEP promise par le ministre de l'Education,Vincent Peillon, est à l'exact opposé des annonces médiatiques. Ainsi Iqbal Masih perd 165 heures d'enseignement. Fabien 87,5 heures, La Courtille 30, Henri Barbusse 26... En clair cela signifie plus d'élèves par classe, des enseignements -notamment en langues et en EPS- sont menacés, fin du travail en demi-classe pourtant indispensable en sciences et un plus grand nombre d'enseignants devront travailler sur différents collèges... sans parler des remplacements qui seront encore plus aléatoires qu'ils ne le sont aujourd'hui.

Les enseignants des collèges étaient donc en grève aujourd'hui. Nous les avons accueillis devant la mairie à 14 heures, lieu de rassemblement pour leur départ en cortège vers l'inspection d'académie à Bobigny avant une assemblée générale intersyndicale départementale. Hier déjà, le Maire, Didier Paillard, avait écrit au ministre de l'Education nationale pour réclamer des moyens à la hauteur de l'égalité républicaine à laquelle les Dionysiens ont droit.

Pour l'égalité de tous devant l'éducation il faut un plan de rattrapage pour la Seine-Saint-Denis. Pour l'égalité de fait en matière de réussite scolaire, il faut encore plus de moyens et d'inventivité pour les collèges ZEP. Nous faisons ainsi nôtres les revendications de la communauté éducative.

Lettre de Didier Paillard au ministre de l'Education nationale

jeudi 16 janvier 2014

14 propositions pour 2014 - Contribution de Ville & Banlieue à la campagne des élections municipales

L'association des Maires de Ville & Banlieue a donné ce matin une conférence de presse afin de présenter notre contribution à la campagne municipale. Il s'agit de points qui font consensus parmi l'ensembles de élus membres de l'association, de l'UMP au PCF. A la tribune, aux côtés du président de l'association, Renaud Gauquelin (PS) nous avons, avec Philippe Rio (PCF) et Stéphane Beaudet (UMP) nous avons insisté sur la nécessité de mobilisation du droit commun, du renforcement de la participation des habitants et le maintien du Maire comme pivot de toute les politiques territoriales mises en oeuvre. J'ai par ailleurs souligné l'aberration de la loi sur le Grand Paris qui aurait la compétence de la politique de la ville dès 2016 alors que la contractualisation des futurs contrats de ville se fera avec les intercommunalités et les villes dès 2014. J'ai par ailleurs pointé le manque de moyens dont disposent les villes en croissance démographique et rappelé le besoin que l'Etat soutienne les villes bâtisseuses : Saint-Denis construit un groupe scolaire par an, soit 15 à 20 millions d'euros d'investissement, sans aide particulière ; ces sommes manquent ensuite pour construire une piscine ou améliorer les bâtiment communaux anciens.

Voici les 14 propositions de Ville & banlieue :

SOLIDARITÉ

Proposition 1
POUR UNE SOLIDARITE UNIVERSELLE AVEC LES QUARTIERS PRIORITAIRES

Le projet de loi « pour la ville et la cohésion urbaine » le réaffirme : la politique de la ville doit contribuer à réduire les écarts entre les quartiers prioritaires et les agglomérations auxquelles ils appartiennent. Dans cette optique, la solidarité doit prévaloir à tous les échelons, du national au local.

Pour cela, il faut accentuer la progression de la péréquation en augmentant la Dotation de Solidarité Urbaine (DSU) cible et en créant une Dotation politique de la Ville (DPV)

Cette DPV doit être réservée aux quartiers prioritaires et versée directement aux communes qui les abritent ou, sous réserve de leur accord, à l’intercommunalité.

Les moyens de droit commun des intercommunalités doivent être plus fortement mobilisés à destination des quartiers prioritaires.

La dotation de solidarité communautaire (DSC), qui devient obligatoire pour tous les territoires en contrats de ville, doit être fléchée vers les communes comportant des quartiers prioritaires et être proportionnelle aux besoins de leurs habitants.

Il faudra également réfléchir à une évolution du Fonds de péréquation des communes de la région d’Île-de-France (FSRIF), et du Fonds national de péréquation intercommunal et communal (FPIC).

Proposition 2
MOBILISER LE DROIT COMMUN DE L’ETAT ET DE TOUTES LES COLLECTIVITES LOCALES

La réinsertion des quartiers et de leurs habitants dans le droit commun de la République ne peut relever de la seule politique de la ville. La responsabilité de l’Etat et de tous les pouvoirs décentralisés y est engagée à travers l’ensemble de leurs politiques publiques, qui doivent toutes prendre en compte la priorité des quartiers. Ceci dans tous les secteurs clés : éducation, emploi, santé, prévention et sécurité, justice… Comme dans toutes les stratégies territoriales : contrats de plan, contrats de territoires, documents de planification (PLH, SCOT, SRADDT, SDRIF, CDT).

Au-delà de la compétence politique de la ville, il est indispensable que les cofinancements de projets soient rendus possibles aussi bien en fonctionnement qu’en investissement. Et que l’engagement des moyens de droit commun fasse l’objet d’un suivi/évaluation régulier et rigoureux, par exemple à l’occasion du rapport annuel aux EPCI.

DEMOCRATIE

Proposition 3
LE MAIRE, CHEVILLE OUVRIERE DE LA POLITIQUE DE LA VILLE

L’article 5 du projet de loi Lamy prévoit que les contrats de ville sont « conclus à l’échelle intercommunale entre d’une part, l’État et ses établissements publics et, d’autre part, les communes et EPCI ». Il précise par ailleurs que leurs objectifs s’inscrivent dans les orientations définies à l’échelle intercommunale par l’EPCI ».

Pour nous, non seulement les maires doivent participer à l’élaboration de la stratégie d’agglomération en matière de politique de la ville, mais eux seuls sont en mesure de coordonner les actions portées par l’ensemble des acteurs sur leurs quartiers prioritaires. C’est pourquoi nous souhaitons que la gouvernance des contrats continue d’être pilotée par les maires dans le cadre d’une stratégie concertée à l’échelle intercommunale.

Proposition 4
POUR UNE RENAISSANCE CITOYENNE DES QUARTIERS, DES HABITANTS COPRODUCTEURS DE LEUR VILLE

Nous le demandons depuis longtemps et le projet de loi Lamy y pousse dans le sillage du rapport Bacqué / Mechmache, avec la proposition de « conseils citoyens » : il faut remettre les habitants au coeur de leur vie dans leur quartier, leur redonner un droit à l’expression et à la participation dans la définition des projets. Repenser dans ce sens les outils de la concertation.

Les habitants doivent être associés le plus en amont possible à la définition du projet urbain et tout au long des processus de rénovation urbaine. Mais il faut aussi leur offrir tous les outils leur permettant d’intervenir dans le débat public : formations ad hoc, droit de saisine et d’initiative, tables locales de concertations fédérant les forces vives des quartiers, collèges citoyens dans les différentes instances locales pour l’aménagement, le logement, l’éducation, la sécurité, la santé ou l’action sociale.

Proposition 5
CONFORTER L’ACTION ASSOCIATIVE

Les associations accomplissent un travail essentiel de lien social et parfois de « quasi service public » dans nos quartiers. Par souci d’efficacité autant que de démocratie, il faut conforter leur place dans les prochains contrats de ville : mieux les accompagner, les soutenir sur la durée par des financements pluriannuels, veiller à ne pas alourdir leurs charges administratives, les associer à la définition, au portage et au suivi des politiques publiques, enfin chercher à les faire travailler de façon collégiale et concertée au service de l’intérêt général et du bien commun.

LOGEMENT

Proposition 6
RÉEQUILIBRER L’HABITAT AU SEIN DES AGGLOMERATIONS

L’échelle intercommunale doit être l’échelle de la mixité sociale, via une répartition plus équitable des logements sociaux et de l’accueil des populations les plus en difficulté dans l’agglomération.

Il faut désormais mobiliser l’ensemble des communes de l’EPCI soumises à l’article 55 de la loi SRU pour faire respecter cette obligation de mixité par l’habitat (notamment à travers le PLH). Sauf avis contraire du maire, il faut interdire le droit au logement opposable (DALO) dans les quartiers prioritaires, qui ghettoïse un peu plus des quartiers déjà ségrégés.

Proposition 7
ACCENTUER LA LUTTE CONTRE LA PRECARITE ENERGETIQUE

La précarité énergétique concerne déjà plus de 6 millions de personnes et 3 millions de foyers, et 4 fois plus les locataires du parc social que les propriétaires occupants du parc privé. La combattre, c’est à la fois défendre un bien essentiel (le chauffage de son logement), défendre le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables, et l’emploi local dans la rénovation thermique du bâtiment.

Pour nous, la performance énergétique et thermique doit concerner les PRU 1 comme ceux de seconde génération (ainsi que le prévoit le projet de loi Lamy), le logement ancien comme le logement neuf, les copropriétés dégradées comme les logements du parc locatif social. Nous demandons donc des études de l’Observatoire national de la précarité énergétique, des expertises de l’ADEME, des actions de sensibilisation/prévention auprès des habitants, des aides aux travaux et une extension des tarifs sociaux accordés aux ménages en difficulté financière.

DEVELOPPEMENT ET EMPLOI

Proposition 8
AIDER LES PERSONNES ET LES QUARTIERS VULNERABLES A RETROUVER LE CHEMIN DE L’EMPLOI

Les zones franches urbaines ne suffiront pas à réduire le chômage dans nos quartiers. Il est donc nécessaire de développer les emplois aidés au bénéfice prioritaire des jeunes et des personnes les plus éloignées de l’emploi dans ces quartiers. Près de 100 000 « emplois d’avenir » auront été créés dans ce but en 2013. 5.000 « emplois francs » sont expérimentés en ce sens. Nous voulons que toutes les agglomérations se mobilisent pour identifier et recruter les personnes devant bénéficier de ces dispositifs. Et pour que ces expériences puissent déboucher à partir de 2016 sur des emplois pérennes.

Au-delà, les zones franches urbaines représentent à ce jour le seul dispositif à favoriser le maintien d’activité dans les quartiers. Actuellement prolongées jusqu’à fin 2014, nous proposons que les ZFU le soient jusqu’en 2016. Nous souhaitons cependant que la clause d’embauche locale soit maintenue à 50%. Et que le bénéfice du dispositif accordé aux professions libérales soit réservé aux professionnels de santé conventionnés contribuant à l’accroissement de l’offre de soins dans les quartiers concernés.

Enfin, les entreprises sont en demande de sécurisation, de « fiabilisation » du demandeur d’emploi. Sur ce point, de nombreux dispositifs coexistent, localement, sans véritable complémentarité. Il faut un dispositif global simplifié d’accompagnement des demandeurs d’emploi, notamment des jeunes : qui combine formation initiale et continue, accès à un logement, permis de conduire, achat d’un véhicule, garde d’enfants… le cas échéant en contrepartie d’un engagement civique. Les agglomérations doivent être en première ligne dans cet accompagnement. Et les missions locales doivent être soutenues de toute la force de la puissance publique pour en faciliter la mise en œuvre.

ÉDUCATION

Proposition 9
APPRENTISSAGES FONDAMENTAUX ET RISQUES DE DECROCHAGE : PLUS DE MOYENS POUR LES MOMENTS-CLES

La période allant de la petite enfance au primaire est celle de l’apprentissage des fondamentaux, véritables marqueurs sociaux : parler, lire, écrire et compter. Le décrochage scolaire vient souvent directement de cette période. Il faut donc renforcer ce cycle dans les secteurs urbains les plus défavorisés.

Si la loi de Refondation de l’école apporte un début de réponse à cette nécessité en octroyant 25% des moyens (« scolarisation à 2 ans », « plus de maîtres que de classes ») aux quartiers prioritaires, nous proposons aussi d’expérimenter dans nos quartiers en ZEP le maître unique de la grande section au CE1 ; de concentrer les PRE sur la tranche des de 5 / 8 ans ; de redonner à la médecine scolaire de vrais moyens de dépistage et d’intervention ; de déployer le dispositif anti-décrochage aussi à ce niveau précoce.

S’agissant de la mise en place des temps d’activités périscolaires (TAP), les crédits dédiés aux villes pauvres au titre du fonds d’amorçage doivent être pérennisés. D’autre part, les écoles de la deuxième chance (E2C) assurent l'insertion sociale et professionnelle de jeunes de 18 à 25 ans sans qualification ni emploi, sortis du système scolaire sans succès. Elles ont aujourd’hui fait leurs preuves : fin 2011, sur 100 sites, elles accueillaient près de 11 500 jeunes… avec 59 % de sorties positives (mi emploi, mi formation). Et le dispositif E2C confirme son rôle positif dans l'intégration sociale et professionnelle des jeunes ; il doit être étendu en commençant par les régions les plus vulnérables au plan social urbain : Ile-de-France, Nord/Pas-de-Calais, PACA…

Proposition 10
UNE POLITIQUE DE LA LANGUE POUR UNE CITOYENNETE ELARGIE

Les quartiers sont multiculturels, ce qui devrait être un atout dans un monde désormais globalisé. Or, parfois tiraillés entre deux cultures, les jeunes le sont souvent entre des langues qu’ils ont également du mal à maîtriser. Une politique de la langue est donc décisive dans les quartiers de la politique de la ville, notamment auprès des enfants d’origine étrangère.

Nous préconisons d’une part un apprentissage renforcé de la langue et de l’expression françaises pour les enfants et leurs familles, à l’école primaire et hors l’école (via des ateliers sociolinguistiques plus nombreux) ; d’autre part un développement du bilinguisme (puis du multilinguisme) dans les quartiers, en proposant à tous les enfants un enseignement de langue étrangère (suivi sur le primaire et le collège), faisant toute leur place aux langues d’origine.

SANTE

Proposition 11
FAIRE REVENIR LA MEDECINE DE VILLE DANS LES QUARTIERS

La désertification médicale ne touche pas seulement le rural profond ou les secteurs périurbains. Elle affecte aussi les périphéries urbaines denses, où il devient urgent de restaurer un service médical digne de notre développement. Les Agences régionales de santé (ARS) doivent se mobiliser politiquement et financièrement sur cet objectif.

Toutes les formules doivent être explorées pour permettre aux praticiens du secteur 1 aujourd’hui déficitaires (généralistes, dentistes, ophtalmologistes, gynécologues, pédiatres, psychologues/ psychiatres…) de s’établir dans les communes en politique de la ville : aides à l’installation ou au regroupement, exonérations fiscales, garanties sécurité et assurance, médecins salariés d’une association ou recrutés par d’autres médecins, médecins volants … Si le dispositif des PTMG va dans le bon sens, nous voulons privilégier les lieux pluridisciplinaires (atelier, centre ou maison de santé) combinant écoute des personnes et offre de soins.

Proposition 12
REDONNER SA PLACE A UNE POLITIQUE DE PREVENTION AMBITIEUSE ET GLOBALISEE

Les moyens de la politique de prévention sont en décalage avec les besoins du terrain. Il faut une politique de prévention ambitieuse, tant dans les moyens consacrés que les objectifs affichés. Sa doctrine doit être renouvelée en redonnant toute sa place à une politique de prévention globalisée, étendue à l’école, à l’habitat, à la sécurité et à la santé…

Nous voulons voir développer la prévention primaire éducative et sanitaire, l’encadrement socio-éducatif, le soutien à la parentalité et la santé mentale. Il nous parait urgent de conforter les métiers et les effectifs de la médiation, de soutenir les travailleurs sociaux et les associations en leur assurant une stabilité.

CULTURE

Proposition 13
MEDIATION, ARTISTES EN RESIDENCE, CONSEILS LOCAUX… POUR UNE CULTURE QUI RAPPROCHE ET QUI FEDERE

L’objectif premier des institutions culturelles reste l’aide à la création et à la diffusion des formes artistiques contemporaines. Il est maintenant nécessaire mettre l’accent sur la sensibilisation des populations éloignées de la culture, les actions culturelles en direction des établissements scolaires, les manifestations au coeur des quartiers, dans l’espace public, via une médiation culturelle renforcée. L’on observe aussi que les artistes travaillent sur un autre registre que celui des travailleurs sociaux ou des animateurs, et bénéficient d’une liberté qui facilite un contact différent avec les habitants. Il faut impliquer les artistes dans le portage et la mise en œuvre des politiques culturelles, en les rapprochant notamment des structures locales (MJC, CSC) pour développer des projets culturels ; et développer les résidences d’artistes au cœur des quartiers.

Enfin, il nous faut définir des « stratégies culturelles de territoire » fédérant les différentes pratiques et les différents acteurs : des « conseils locaux de promotion des pratiques culturelles » favoriseraient une connaissance réciproque et des échanges entre des acteurs qui ne discutent pas nécessairement ensemble aujourd’hui : la commune, la DRAC, les institutions culturelles soutenues par le Ministère de la Culture, les structures de proximité (MJC, CSC), les nouveaux lieux alternatifs…

SPORT

Proposition 14
ÉDUCATION PAR LE SPORT, SPORT FEMININ, SPORT SANTE… POUR UNE APPROCHE SOCIALE ET CITOYENNE DU SPORT

L’éducation populaire a démontré le rôle du sport dans l’apprentissage de la citoyenneté par les jeunes. Il faut renforcer la place du sport dans les quartiers prioritaires : rendre obligatoire le volet sport dans les CUCS, encourager l’implication des jeunes dans la construction des projets du club ou de l’association ; accorder davantage de place au sport dans les cursus scolaires par une flexibilité supplémentaire dans ces quartiers ; accompagner des projets d’équipements en mobilisant le CNDS et favoriser les associations qui proposent des sports nouveaux, pour mieux répondre à la demande des jeunes et valoriser la diversité culturelle.

Par ailleurs, les filles et les femmes sont sous-représentées, et parfois absentes, dans les pratiques sportives et l’encadrement. Des stratégies volontaristes en faveur du sport féminin sont donc nécessaires : la participation des femmes à une activité sportive doit devenir un critère prépondérant des contrats d’objectifs et de l’attribution des subventions. Il faut leur favoriser les accès aux équipements à partir de campagnes d’information ciblées.

Enfin, le sport santé et le sport bien-être sont souvent « abandonnés » aux entrepreneurs du fitness qui ne s’adressent qu’aux catégories sociales privilégiées. Une campagne nationale doit faire de la pédagogie sur le sport-santé. Localement, des créneaux doivent être réservés aux pratiques familiales ou de loisirs en dehors des champs fédéraux. Des parcours de santé devraient être réalisés dans le cadre de la rénovation urbaine. Un système subventionné de « pass’ sportif » pourrait être généralisé et réservé aux familles sous conditions de ressources et permettre l’accès de tous aux pratiques proposées par les clubs de la ville.

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