Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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jeudi 20 mars 2014

Il n'y a qu'une seule liste de gauche à Saint-Denis

Les municipales sont des élections locales qui ne se déroulent pas dans un monde parallèle du national. La politique d'austérité menée depuis l’élection de François Hollande par le gouvernement Ayrault pénalise en premier lieu les Dionysiens (éducation, logement, santé, sécurité...). Il n'est donné aucun écho au vote qui s’est exprimé en 2012. On attend de candidats de gauche des propositions qui réduisent les inégalités sociales entretenues par les politiques menées nationalement.

Force est donc de constater qu'à Saint-Denis il y a 2 listes d'extrême gauche (NPA, LO), 1 liste de gauche (FdG-EELV-MRC) et 4 listes de droite.

Mais Hanotin ?.. Un molletiste tendance FN
Mathieu Hanotin, qui prétend être "l'aile gauche du PS", fait une campagne de droite avec des centristes sur sa liste, stigmatise les Rrom et reçoit le soutien du FN. C'est un peu comme avec le droit de vote des étrangers ou le non-cumul sur lesquels son discours et ses actes sont à l'opposé. Suivant les conseils de son parrain Don Bartolone, le député solférinien a choisi de siphonner les voix de la droite (jusqu'à son extrême) pour tenter d'assouvir sa soif de pouvoir.

Mais Sali ?.. Un PSG qui soigne son centre droit
Georges Sali prétend lui aussi incarner la gauche du PS. A l'intérieur du PS il avait soutenu François Hollande aux primaires, exclu du parti solférinien il crée le Parti socialiste de gauche (PSG). Tellement à gauche qu'il fait les yeux doux à Clairette O'Petit (Conseillère nationale Modem) qui affirme : "aucune divergence entre Georges Sali ou son équipe, n'est à l'origine de mon retrait (de la liste). Seules des raisons personnelles importantes et incontournables sont à l’origine de cette décision. Les élus et la très grande majorité des adhérents MoDeM de Saint-Denis soutiennent avec enthousiasme et sans retenu la liste conduite par Georges Sali au sein de laquelle les Centristes démocrates dionysiens sont dument représentés."

Dimanche, le seul vote de gauche c'est le vote Paillard

samedi 15 mars 2014

Appel d’universitaires de Saint-Denis en faveur de la liste emmenée par Didier Paillard

Des dizaines d’universitaires de Saint-Denis soutiennent ma candidature pour l’élection municipale les 23 et 30 mars prochains. Ils mettent en avant les actions que nous avons menées ensemble pour défendre l’enseignement supérieur et les partenariats que nous avons tissés toutes ces années.

Pour une ville populaire, contre l’austérité dans la recherche et l’enseignement supérieur, nous faisons le choix de Didier Paillard

Pour nous, chercheur-se-s et enseignant-e-s-chercheur-se-s qui résidons et/ou qui travaillons à Saint-Denis, les élections municipales des 23 et 30 mars prochains marquent d’abord un véritable choix de société et d’orientation politique pour notre ville. En effet, il faudra choisir entre Mathieu Hanotin, le candidat de l’austérité et du reniement à gauche, et le candidat qui ne renonce pas au progrès et à la justice sociale : le Maire actuel Front de Gauche, Didier Paillard. L’ambition de Mathieu Hanotin pour Saint-Denis c’est d’abord d’en finir avec le logement social et la solidarité avec les « sans » et les Roms pour faire de la place aux partenariats public-privé (PPP) et à la spéculation immobilière. La tentative de Mathieu Hanotin pour arracher Saint-Denis relève d’un projet de société que nous combattons. Nous sommes nombreux à être venus à Saint-Denis, et à y rester, en raison du dynamisme de la ville, de la culture, et des loyers modérés (grâce a la municipalité). Au lieu de vouloir maintenant nous approprier la ville et chasser les classes populaires, nous voulons contribuer avec elles à sa richesse.

Ce choix de société concerne aussi la politique universitaire, sujet qui nous préoccupe en tant que chercheur-se-s et enseignant-e-s-chercheur-se-s, préoccupation partagée plus largement par les dionysien-ne-s, qu’ils soient parents ou étudiant-e-s. Pendant plus de 10 ans, les gouvernements de droite n’ont cessé de s’attaquer aux universités : déréglementation et privatisation larvée, dégradation des conditions de vie des étudiants et des conditions de travail des personnels, réduction des moyens humains et matériels, etc. Le candidat François Hollande avait promis de remettre en cause ces choix. Il n’en a rien été. Pire, la loi Fioraso sur l’enseignement supérieur et la recherche, adoptée en 2013, poursuit et renforce ces politiques qui sont en train de ruiner les universités, de démoraliser et de précariser les personnels et les étudiants. Le député Mathieu Hanotin a voté ces réductions budgétaires et ces lois néfastes pour les universités, en particulier pour les Universités de Paris 8 et de Paris 13. Choix de société : oui, ces mesures vont renforcer de manière scandaleuse les inégalités entre les étudiant-e-s les plus aisés et les plus modestes.

A ce titre comment penser qu’il fera autre chose pour Saint-Denis que ce qu’il fait au niveau national. A l’inverse, la commune de Saint-Denis avec Didier Paillard a soutenu nos combats contre les attaques libérales qui visent nos universités. A Saint-Denis, la municipalité a toujours cherché à tisser des liens avec les établissements universitaires (Paris 8, IUT de Paris 13), comme l’illustre l’organisation de « La semaine des arts » ou les collaborations récurrentes avec l’Ecran, et à soutenir les étudiant-e-s, notamment par la création de logements étudiants. Ces partenariats et le soutien aux étudiant-e-s doivent se renforcer dans la prochaine mandature car la ville pour tous c’est aussi l’université ouverte à tous et toutes.

Parce qu’en tant que chercheur-se-s et enseignant-e-s-chercheur-se-s de Saint-Denis, nous ne nous résignons pas au triomphe du libéralisme et de l’austérité, nous faisons le choix de Didier Paillard.

Premiers signataires :

Élisabeth Bautier, Professeur des universités, Paris 8,
Capucine Boidin, Maîtresse de conférences, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, Dionysienne
Stéphane Bonnery, Maître de conférence, Université Paris 8
Jean-Jacques Bourdin, Professeur des universités, Université Paris 8, Dionysien
Silvia Capanema, Maîtresse de conférences, Université Paris 13, Dionysienne
Vanessa Castejon, Maîtresse de conférences, Université Paris 13 – IUT de Saint-Denis
Séverine Chauvel, Maîtresse de conférences, Université de Créteil, Dionysienne
Pauline Clech, Doctorante, Sciences-Po Paris, Dionysienne
Saskia Cousin, Maitresse de conférences, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Dionysienne
Pierre Cours-Salies, Professeur émérite, Université Paris 8
Ségolène Darly, Maîtresse de Conférences, Université Paris 8, Dionysienne
Séverine Depoilly, Maîtresse de conférences, Université Paris 8
Hasan Basri Elmas, Maître de conférences, Université Paris 8, Dionysien
Paula Cristofalo, Maîtresse de conférences, Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, Dionysienne
Irène Favier, Doctorante et ATER, Université de Paris 8
Viviane Folcher, Maîtresse de conférences, Université Paris 8, Dionysienne
Béatrice Geyres, Docteure en psychologie, chargée de cours, Université Paris 8, Dionysienne
Sibylle Gollac, Chercheuse, CNRS, Dionysienne
Stéphanie Guyon, Maîtresse de conférences, Université de Picardie, Dionysienne
Sihem Hachaichi, maîtresse de conférence, université Paris 8
Séverine Kapko, Maîtresse de conférences, Université Paris 8, Dionysienne
Hassane Karkar, Professeur des universités retraité, université Paris 7, Dionysien
Jean Krivine, Chercheur, CNRS, Dionysien
Guillaume Lachenal, Maître de conférences, Université Paris 7, Dionysien
Khira Lameche, Maîtresse de conférences retraitée, université Paris 8
Cyril Lemieux, directeur d’études, EHESS, Dionysien
Pascal Martin, Post-doctorant, chargé de cours à l’Université Paris 8, Dionysien
Julie Pagis, Chercheuse, CNRS, Dionysienne
Sylvain Pattieu, Maître de conférences, Université Paris 8
Etienne Penissat, Chercheur, CNRS, Dionysien
Pierre Rabardel, Professeur des universités émérite, Université Paris 8, Dionysien
Jean-Yves Rochex, Professeur, Université Paris 8
Florent Tétard, Maître de conférences, Université de Paris 13 – IUT de Saint-Denis
Karel Yon, Chercheur, CNRS, Dionysien

mercredi 12 mars 2014

"Les Rrom de Voltaire" répondent à Hanotin

Il y a une semaine, le député, vice-président du CG93 et candidat à la Mairie de Saint-Denis justifiait son recours pour fraude sur les listes électorales auprès du tribunal d’instance par voie de communiqué. Pelle-mêle il y dénonce :
- "une manœuvre électoraliste de l’équipe du maire sortant qui déshonore notre démocratie en instrumentalisant la misère humaine à des fins politiciennes";
- "de très fortes suspicions de fraude sur la légalité de l’inscription de ces individus" (sic)
et accrochez-vous
- "l’instrumentalisation de la misère humaine (de) ce bidonville aussi indigne de la condition humaine que dangereux pour ses occupants".

Hier, les Rrom du terrain Voltaire, auparavant du Hanul, et leurs soutiens associatifs ont donné une conférence de presse sur leur lieu de résidence pour démonter un à un les propos scandaleux du candidat solférinien. Elle se tenait le même jour que la présentation de la présentation du rapport 2012-2013 du collectif Romeurope qui déplore que les politiques et médias ont "fait des Roms une des questions prioritaires des élections municipales". Quant Le secours populaire constate : "A deux semaines des municipales, la parole de certains candidats se libère et le climat est de plus en plus nauséabond." A Saint-Denis aussi.

Force est de constater que le candidat PS à la Mairie de Saint-Denis n'a jamais mis les pieds sur le terrain Voltaire où sont domiciliés les Rrom à qui il conteste leur droit citoyen de voter. Aussi étale-t-il son ignorance du dossier en mélangeant les chiffres comme d'évoquer "un terrain prévu pour 76 personnes" alors que le projet accueille 55 familles. Il n'a jamais rencontré ces Européens qui habitent la ville depuis 14 ou 15 ans, dont les enfants vont à l'école, certain-e-s arrivant au lycée ou au bac, qui sont électeur-trice-s, heureux-ses de voter, qui ne vivent pas dans un "bidonville", parce qu'il y a eu depuis des années un long (et parfois difficile) travail de partenariat avec les Rrom du Hanul.

Loin de moi l'idée de dresser un tableau enchanteur de la situation. Les conditions de vie des habitants du terrain Voltaire sont dures. Ce un projet d'intégration basé sur la collaboration entre des familles Rrom organisées, des associations et soutiens, la mairie, et des services de l'Etat, unique en son genre, s'invente au jour le jour. Le dialogue, le partenariat, de l'acceptation des responsabilités de chacun ne se décrètent pas, ça se construit. Difficile, donc. Insatisfaisant, c'est certain. Mais, malgré les efforts qui restent à faire pour l'améliorer, Saint-Denis peut être s’enorgueillir du processus qui a permis d'arriver jusque là, en comparaison avec ce qui se passe ailleurs.

Si M Hanotin souhaite s'opposer à la "misère humaine" et se battre pour "la dignité pour tous", peut-être devrait-il commencer par aller parler avec les habitant-e-s du campement pour connaître l'histoire, les chiffres et la vérité, et faire des propositions concrètes. Ce qu'il aurait d'ailleurs pu faire en répondant favorablement à l'invitation à la conférence de presse qui lui a été transmise.

Mais de celà, comme des autres Dionysiens, Hanotin n'en a cure. Il préfère flatter les sombres pensées qui sommeillent en chacun de nous pour de bas objectifs électoraux.

dimanche 19 janvier 2014

Pierre Laurent parle de Saint-Denis à On n'est pas couchés

jeudi 16 janvier 2014

14 propositions pour 2014 - Contribution de Ville & Banlieue à la campagne des élections municipales

L'association des Maires de Ville & Banlieue a donné ce matin une conférence de presse afin de présenter notre contribution à la campagne municipale. Il s'agit de points qui font consensus parmi l'ensembles de élus membres de l'association, de l'UMP au PCF. A la tribune, aux côtés du président de l'association, Renaud Gauquelin (PS) nous avons, avec Philippe Rio (PCF) et Stéphane Beaudet (UMP) nous avons insisté sur la nécessité de mobilisation du droit commun, du renforcement de la participation des habitants et le maintien du Maire comme pivot de toute les politiques territoriales mises en oeuvre. J'ai par ailleurs souligné l'aberration de la loi sur le Grand Paris qui aurait la compétence de la politique de la ville dès 2016 alors que la contractualisation des futurs contrats de ville se fera avec les intercommunalités et les villes dès 2014. J'ai par ailleurs pointé le manque de moyens dont disposent les villes en croissance démographique et rappelé le besoin que l'Etat soutienne les villes bâtisseuses : Saint-Denis construit un groupe scolaire par an, soit 15 à 20 millions d'euros d'investissement, sans aide particulière ; ces sommes manquent ensuite pour construire une piscine ou améliorer les bâtiment communaux anciens.

Voici les 14 propositions de Ville & banlieue :

SOLIDARITÉ

Proposition 1
POUR UNE SOLIDARITE UNIVERSELLE AVEC LES QUARTIERS PRIORITAIRES

Le projet de loi « pour la ville et la cohésion urbaine » le réaffirme : la politique de la ville doit contribuer à réduire les écarts entre les quartiers prioritaires et les agglomérations auxquelles ils appartiennent. Dans cette optique, la solidarité doit prévaloir à tous les échelons, du national au local.

Pour cela, il faut accentuer la progression de la péréquation en augmentant la Dotation de Solidarité Urbaine (DSU) cible et en créant une Dotation politique de la Ville (DPV)

Cette DPV doit être réservée aux quartiers prioritaires et versée directement aux communes qui les abritent ou, sous réserve de leur accord, à l’intercommunalité.

Les moyens de droit commun des intercommunalités doivent être plus fortement mobilisés à destination des quartiers prioritaires.

La dotation de solidarité communautaire (DSC), qui devient obligatoire pour tous les territoires en contrats de ville, doit être fléchée vers les communes comportant des quartiers prioritaires et être proportionnelle aux besoins de leurs habitants.

Il faudra également réfléchir à une évolution du Fonds de péréquation des communes de la région d’Île-de-France (FSRIF), et du Fonds national de péréquation intercommunal et communal (FPIC).

Proposition 2
MOBILISER LE DROIT COMMUN DE L’ETAT ET DE TOUTES LES COLLECTIVITES LOCALES

La réinsertion des quartiers et de leurs habitants dans le droit commun de la République ne peut relever de la seule politique de la ville. La responsabilité de l’Etat et de tous les pouvoirs décentralisés y est engagée à travers l’ensemble de leurs politiques publiques, qui doivent toutes prendre en compte la priorité des quartiers. Ceci dans tous les secteurs clés : éducation, emploi, santé, prévention et sécurité, justice… Comme dans toutes les stratégies territoriales : contrats de plan, contrats de territoires, documents de planification (PLH, SCOT, SRADDT, SDRIF, CDT).

Au-delà de la compétence politique de la ville, il est indispensable que les cofinancements de projets soient rendus possibles aussi bien en fonctionnement qu’en investissement. Et que l’engagement des moyens de droit commun fasse l’objet d’un suivi/évaluation régulier et rigoureux, par exemple à l’occasion du rapport annuel aux EPCI.

DEMOCRATIE

Proposition 3
LE MAIRE, CHEVILLE OUVRIERE DE LA POLITIQUE DE LA VILLE

L’article 5 du projet de loi Lamy prévoit que les contrats de ville sont « conclus à l’échelle intercommunale entre d’une part, l’État et ses établissements publics et, d’autre part, les communes et EPCI ». Il précise par ailleurs que leurs objectifs s’inscrivent dans les orientations définies à l’échelle intercommunale par l’EPCI ».

Pour nous, non seulement les maires doivent participer à l’élaboration de la stratégie d’agglomération en matière de politique de la ville, mais eux seuls sont en mesure de coordonner les actions portées par l’ensemble des acteurs sur leurs quartiers prioritaires. C’est pourquoi nous souhaitons que la gouvernance des contrats continue d’être pilotée par les maires dans le cadre d’une stratégie concertée à l’échelle intercommunale.

Proposition 4
POUR UNE RENAISSANCE CITOYENNE DES QUARTIERS, DES HABITANTS COPRODUCTEURS DE LEUR VILLE

Nous le demandons depuis longtemps et le projet de loi Lamy y pousse dans le sillage du rapport Bacqué / Mechmache, avec la proposition de « conseils citoyens » : il faut remettre les habitants au coeur de leur vie dans leur quartier, leur redonner un droit à l’expression et à la participation dans la définition des projets. Repenser dans ce sens les outils de la concertation.

Les habitants doivent être associés le plus en amont possible à la définition du projet urbain et tout au long des processus de rénovation urbaine. Mais il faut aussi leur offrir tous les outils leur permettant d’intervenir dans le débat public : formations ad hoc, droit de saisine et d’initiative, tables locales de concertations fédérant les forces vives des quartiers, collèges citoyens dans les différentes instances locales pour l’aménagement, le logement, l’éducation, la sécurité, la santé ou l’action sociale.

Proposition 5
CONFORTER L’ACTION ASSOCIATIVE

Les associations accomplissent un travail essentiel de lien social et parfois de « quasi service public » dans nos quartiers. Par souci d’efficacité autant que de démocratie, il faut conforter leur place dans les prochains contrats de ville : mieux les accompagner, les soutenir sur la durée par des financements pluriannuels, veiller à ne pas alourdir leurs charges administratives, les associer à la définition, au portage et au suivi des politiques publiques, enfin chercher à les faire travailler de façon collégiale et concertée au service de l’intérêt général et du bien commun.

LOGEMENT

Proposition 6
RÉEQUILIBRER L’HABITAT AU SEIN DES AGGLOMERATIONS

L’échelle intercommunale doit être l’échelle de la mixité sociale, via une répartition plus équitable des logements sociaux et de l’accueil des populations les plus en difficulté dans l’agglomération.

Il faut désormais mobiliser l’ensemble des communes de l’EPCI soumises à l’article 55 de la loi SRU pour faire respecter cette obligation de mixité par l’habitat (notamment à travers le PLH). Sauf avis contraire du maire, il faut interdire le droit au logement opposable (DALO) dans les quartiers prioritaires, qui ghettoïse un peu plus des quartiers déjà ségrégés.

Proposition 7
ACCENTUER LA LUTTE CONTRE LA PRECARITE ENERGETIQUE

La précarité énergétique concerne déjà plus de 6 millions de personnes et 3 millions de foyers, et 4 fois plus les locataires du parc social que les propriétaires occupants du parc privé. La combattre, c’est à la fois défendre un bien essentiel (le chauffage de son logement), défendre le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables, et l’emploi local dans la rénovation thermique du bâtiment.

Pour nous, la performance énergétique et thermique doit concerner les PRU 1 comme ceux de seconde génération (ainsi que le prévoit le projet de loi Lamy), le logement ancien comme le logement neuf, les copropriétés dégradées comme les logements du parc locatif social. Nous demandons donc des études de l’Observatoire national de la précarité énergétique, des expertises de l’ADEME, des actions de sensibilisation/prévention auprès des habitants, des aides aux travaux et une extension des tarifs sociaux accordés aux ménages en difficulté financière.

DEVELOPPEMENT ET EMPLOI

Proposition 8
AIDER LES PERSONNES ET LES QUARTIERS VULNERABLES A RETROUVER LE CHEMIN DE L’EMPLOI

Les zones franches urbaines ne suffiront pas à réduire le chômage dans nos quartiers. Il est donc nécessaire de développer les emplois aidés au bénéfice prioritaire des jeunes et des personnes les plus éloignées de l’emploi dans ces quartiers. Près de 100 000 « emplois d’avenir » auront été créés dans ce but en 2013. 5.000 « emplois francs » sont expérimentés en ce sens. Nous voulons que toutes les agglomérations se mobilisent pour identifier et recruter les personnes devant bénéficier de ces dispositifs. Et pour que ces expériences puissent déboucher à partir de 2016 sur des emplois pérennes.

Au-delà, les zones franches urbaines représentent à ce jour le seul dispositif à favoriser le maintien d’activité dans les quartiers. Actuellement prolongées jusqu’à fin 2014, nous proposons que les ZFU le soient jusqu’en 2016. Nous souhaitons cependant que la clause d’embauche locale soit maintenue à 50%. Et que le bénéfice du dispositif accordé aux professions libérales soit réservé aux professionnels de santé conventionnés contribuant à l’accroissement de l’offre de soins dans les quartiers concernés.

Enfin, les entreprises sont en demande de sécurisation, de « fiabilisation » du demandeur d’emploi. Sur ce point, de nombreux dispositifs coexistent, localement, sans véritable complémentarité. Il faut un dispositif global simplifié d’accompagnement des demandeurs d’emploi, notamment des jeunes : qui combine formation initiale et continue, accès à un logement, permis de conduire, achat d’un véhicule, garde d’enfants… le cas échéant en contrepartie d’un engagement civique. Les agglomérations doivent être en première ligne dans cet accompagnement. Et les missions locales doivent être soutenues de toute la force de la puissance publique pour en faciliter la mise en œuvre.

ÉDUCATION

Proposition 9
APPRENTISSAGES FONDAMENTAUX ET RISQUES DE DECROCHAGE : PLUS DE MOYENS POUR LES MOMENTS-CLES

La période allant de la petite enfance au primaire est celle de l’apprentissage des fondamentaux, véritables marqueurs sociaux : parler, lire, écrire et compter. Le décrochage scolaire vient souvent directement de cette période. Il faut donc renforcer ce cycle dans les secteurs urbains les plus défavorisés.

Si la loi de Refondation de l’école apporte un début de réponse à cette nécessité en octroyant 25% des moyens (« scolarisation à 2 ans », « plus de maîtres que de classes ») aux quartiers prioritaires, nous proposons aussi d’expérimenter dans nos quartiers en ZEP le maître unique de la grande section au CE1 ; de concentrer les PRE sur la tranche des de 5 / 8 ans ; de redonner à la médecine scolaire de vrais moyens de dépistage et d’intervention ; de déployer le dispositif anti-décrochage aussi à ce niveau précoce.

S’agissant de la mise en place des temps d’activités périscolaires (TAP), les crédits dédiés aux villes pauvres au titre du fonds d’amorçage doivent être pérennisés. D’autre part, les écoles de la deuxième chance (E2C) assurent l'insertion sociale et professionnelle de jeunes de 18 à 25 ans sans qualification ni emploi, sortis du système scolaire sans succès. Elles ont aujourd’hui fait leurs preuves : fin 2011, sur 100 sites, elles accueillaient près de 11 500 jeunes… avec 59 % de sorties positives (mi emploi, mi formation). Et le dispositif E2C confirme son rôle positif dans l'intégration sociale et professionnelle des jeunes ; il doit être étendu en commençant par les régions les plus vulnérables au plan social urbain : Ile-de-France, Nord/Pas-de-Calais, PACA…

Proposition 10
UNE POLITIQUE DE LA LANGUE POUR UNE CITOYENNETE ELARGIE

Les quartiers sont multiculturels, ce qui devrait être un atout dans un monde désormais globalisé. Or, parfois tiraillés entre deux cultures, les jeunes le sont souvent entre des langues qu’ils ont également du mal à maîtriser. Une politique de la langue est donc décisive dans les quartiers de la politique de la ville, notamment auprès des enfants d’origine étrangère.

Nous préconisons d’une part un apprentissage renforcé de la langue et de l’expression françaises pour les enfants et leurs familles, à l’école primaire et hors l’école (via des ateliers sociolinguistiques plus nombreux) ; d’autre part un développement du bilinguisme (puis du multilinguisme) dans les quartiers, en proposant à tous les enfants un enseignement de langue étrangère (suivi sur le primaire et le collège), faisant toute leur place aux langues d’origine.

SANTE

Proposition 11
FAIRE REVENIR LA MEDECINE DE VILLE DANS LES QUARTIERS

La désertification médicale ne touche pas seulement le rural profond ou les secteurs périurbains. Elle affecte aussi les périphéries urbaines denses, où il devient urgent de restaurer un service médical digne de notre développement. Les Agences régionales de santé (ARS) doivent se mobiliser politiquement et financièrement sur cet objectif.

Toutes les formules doivent être explorées pour permettre aux praticiens du secteur 1 aujourd’hui déficitaires (généralistes, dentistes, ophtalmologistes, gynécologues, pédiatres, psychologues/ psychiatres…) de s’établir dans les communes en politique de la ville : aides à l’installation ou au regroupement, exonérations fiscales, garanties sécurité et assurance, médecins salariés d’une association ou recrutés par d’autres médecins, médecins volants … Si le dispositif des PTMG va dans le bon sens, nous voulons privilégier les lieux pluridisciplinaires (atelier, centre ou maison de santé) combinant écoute des personnes et offre de soins.

Proposition 12
REDONNER SA PLACE A UNE POLITIQUE DE PREVENTION AMBITIEUSE ET GLOBALISEE

Les moyens de la politique de prévention sont en décalage avec les besoins du terrain. Il faut une politique de prévention ambitieuse, tant dans les moyens consacrés que les objectifs affichés. Sa doctrine doit être renouvelée en redonnant toute sa place à une politique de prévention globalisée, étendue à l’école, à l’habitat, à la sécurité et à la santé…

Nous voulons voir développer la prévention primaire éducative et sanitaire, l’encadrement socio-éducatif, le soutien à la parentalité et la santé mentale. Il nous parait urgent de conforter les métiers et les effectifs de la médiation, de soutenir les travailleurs sociaux et les associations en leur assurant une stabilité.

CULTURE

Proposition 13
MEDIATION, ARTISTES EN RESIDENCE, CONSEILS LOCAUX… POUR UNE CULTURE QUI RAPPROCHE ET QUI FEDERE

L’objectif premier des institutions culturelles reste l’aide à la création et à la diffusion des formes artistiques contemporaines. Il est maintenant nécessaire mettre l’accent sur la sensibilisation des populations éloignées de la culture, les actions culturelles en direction des établissements scolaires, les manifestations au coeur des quartiers, dans l’espace public, via une médiation culturelle renforcée. L’on observe aussi que les artistes travaillent sur un autre registre que celui des travailleurs sociaux ou des animateurs, et bénéficient d’une liberté qui facilite un contact différent avec les habitants. Il faut impliquer les artistes dans le portage et la mise en œuvre des politiques culturelles, en les rapprochant notamment des structures locales (MJC, CSC) pour développer des projets culturels ; et développer les résidences d’artistes au cœur des quartiers.

Enfin, il nous faut définir des « stratégies culturelles de territoire » fédérant les différentes pratiques et les différents acteurs : des « conseils locaux de promotion des pratiques culturelles » favoriseraient une connaissance réciproque et des échanges entre des acteurs qui ne discutent pas nécessairement ensemble aujourd’hui : la commune, la DRAC, les institutions culturelles soutenues par le Ministère de la Culture, les structures de proximité (MJC, CSC), les nouveaux lieux alternatifs…

SPORT

Proposition 14
ÉDUCATION PAR LE SPORT, SPORT FEMININ, SPORT SANTE… POUR UNE APPROCHE SOCIALE ET CITOYENNE DU SPORT

L’éducation populaire a démontré le rôle du sport dans l’apprentissage de la citoyenneté par les jeunes. Il faut renforcer la place du sport dans les quartiers prioritaires : rendre obligatoire le volet sport dans les CUCS, encourager l’implication des jeunes dans la construction des projets du club ou de l’association ; accorder davantage de place au sport dans les cursus scolaires par une flexibilité supplémentaire dans ces quartiers ; accompagner des projets d’équipements en mobilisant le CNDS et favoriser les associations qui proposent des sports nouveaux, pour mieux répondre à la demande des jeunes et valoriser la diversité culturelle.

Par ailleurs, les filles et les femmes sont sous-représentées, et parfois absentes, dans les pratiques sportives et l’encadrement. Des stratégies volontaristes en faveur du sport féminin sont donc nécessaires : la participation des femmes à une activité sportive doit devenir un critère prépondérant des contrats d’objectifs et de l’attribution des subventions. Il faut leur favoriser les accès aux équipements à partir de campagnes d’information ciblées.

Enfin, le sport santé et le sport bien-être sont souvent « abandonnés » aux entrepreneurs du fitness qui ne s’adressent qu’aux catégories sociales privilégiées. Une campagne nationale doit faire de la pédagogie sur le sport-santé. Localement, des créneaux doivent être réservés aux pratiques familiales ou de loisirs en dehors des champs fédéraux. Des parcours de santé devraient être réalisés dans le cadre de la rénovation urbaine. Un système subventionné de « pass’ sportif » pourrait être généralisé et réservé aux familles sous conditions de ressources et permettre l’accès de tous aux pratiques proposées par les clubs de la ville.

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