Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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lundi 31 mars 2014

Le PG se réjouit du résultat à Saint-Denis

Le comité local du Parti de Gauche se réjouit de la défaite du représentant de la social-démocratie austéritaire et libérale Mathieu Hanotin à Saint-Denis.

Cette défaite est à replacer dans un contexte national: alors que le gouvernement social-démocrate est sanctionné, les listes Front de Gauche obtiennent de bons résultats (Aubervilliers, Montreuil…). En revanche, le PCF, lorsqu'il est allié au PS, est sanctionné, comme à Bobigny, Blanc-Mesnil, Toulouse, Grenoble…

La victoire de Didier Paillard à Saint-Denis est, à bien des égards, très étriquée. Elle n’est acquise que d’une courte tête (à 181 voix et 50,49 %) alors qu’en 1977, Marcellin Berthelot a été réélu avec (20 000 voix et 75% des suffrages exprimés) ; P. Braouezec avec 7500 voix et 53 % en 2001 ; Didier Paillard 7876 et 51,12% en 2008 dans une triangulaire.

Cette victoire, si elle nous paraît en premier lieu très positive pour la population dionysienne, atteste aussi de la nécessité ardente de préserver le devenir politique du Front de Gauche, seul gage de lutte contre la droite et l'extrême droite à l'heure actuelle, seul porteur d'une véritable alternative politique et sociale, au plan local, national, et global.

Le rassemblement de l’ensemble des composantes du Front de Gauche, dans ce contexte, nous paraît nécessaire : lorsque le PCF a choisi de s’affranchir du FdG ou certaines de ses composantes, comme à Saint-Denis, il se prive de la force de notre rassemblement.

En parallèle, la collusion du PS avec l’électorat de droite est flagrante : sans celle-ci, les scores de Mathieu Hanotin à Saint-Denis ou de William Delanoy à Saint-Ouen ne s’expliquent pas. En outre, non content de faire perdre la gauche, le parti solférinien a donc tenté, parfois avec succès de ravir des mairies à l’autre gauche avec l’actif soutien de l’électorat conservateur, comme à Bagnolet. Dans cette bataille, et malgré les coups d’épingle qui lui ont été portés par la direction de la campagne, le Front de Gauche a montré qu'il était une force active dans les quartiers, et plus généralement dans les banlieues des grandes villes, à même d'initier un renouveau de la politique parmi les classes populaires.

Il s'agit désormais de traduire cette dynamique à l'échelle européenne, avec nos camarades de Grèce, d'Espagne, d'Allemagne pour proposer une remise en cause des politiques austéritaires et libérales à l'écheleon où elles se décident, c'est à dire l'Europe. La construction d'une alternative politique globale participe de la reconstruction d'une force cohérente à même de reconquérir, très bientôt, les banlieues populaires.

mardi 25 mars 2014

Le PG exclu de la liste de 2nd tour à Saint-Denis

Le Parti de Gauche a été évincé de la liste "Ensemble nous sommes Saint-Denis" (sic!).

La nouvelle liste conduite par Didier Paillard, résultant de la fusion d'entre deux tours avec la liste du Parti Socialiste de Gauche (emmenée par Georges Sali et soutenue par le Modem) a été déposée alors que les négociations étaient encore en cours ! Sans en avoir été prévenu, le Parti de Gauche n'a plus de candidat sur cette liste. Une telle élimination remet en cause les fondements politiques mêmes du Front de Gauche, rassemblement dont le PCF et le Parti de Gauche sont à l'origine.

A Saint-Denis, le PS a voulu la confrontation politique avec la municipalité sortante. Le Parti de Gauche a considéré dès le début que le maintien d'un maire communiste dans une ville de plus de 100 000 habitants aux portes de Paris contrecarrait la volonté hégémonique du PS, les ambitions personnelles de ses membres et ses conceptions néo-libérales de la gestion locale.

La volonté de rassembler affichée par Didier Paillard n'est-elle qu'une façade ?

Nous pouvons le penser tant le Parti de Gauche a été méprisé : l'un de ses sortants a été rétrogradé en position inéligible, le PG a été menacé de ne pas disposer d'une délégation... Le secrétaire national du PG a même été jugé indésirable lors de la grande réunion publique du 14 mars au cours de laquelle étaient invités les représentants des autres forces du prétendu rassemblement !

Saint-Denis était jusqu'à présent la plus grande municipalité française dirigée par le Front de Gauche, elle a valeur de symbole national. Exclure le Parti de Gauche de sa gestion est un signal politique lourd de conséquences.

A la suite de ces trahisons politiques, morales et électorales, la liste conduite par Didier Paillard ne peut plus se revendiquer du Front de Gauche. En outre, le logo du Front de Gauche ne peut légalement plus figurer sur les tracts et affiches de la campagne.

Personne ne peut cautionner ces méthodes qui excluent de fait une composante majeure de la vie politique nationale.

Nous appelons donc les Dionysiennes et les Dionysiens à voter blanc au second tour des élections municipales.

Précision du 28 mars. Ce communiqué est celui du Parti de Gauche de Saint-Denis, réuni le 25 mars à 18h30.

jeudi 20 mars 2014

Il n'y a qu'une seule liste de gauche à Saint-Denis

Les municipales sont des élections locales qui ne se déroulent pas dans un monde parallèle du national. La politique d'austérité menée depuis l’élection de François Hollande par le gouvernement Ayrault pénalise en premier lieu les Dionysiens (éducation, logement, santé, sécurité...). Il n'est donné aucun écho au vote qui s’est exprimé en 2012. On attend de candidats de gauche des propositions qui réduisent les inégalités sociales entretenues par les politiques menées nationalement.

Force est donc de constater qu'à Saint-Denis il y a 2 listes d'extrême gauche (NPA, LO), 1 liste de gauche (FdG-EELV-MRC) et 4 listes de droite.

Mais Hanotin ?.. Un molletiste tendance FN
Mathieu Hanotin, qui prétend être "l'aile gauche du PS", fait une campagne de droite avec des centristes sur sa liste, stigmatise les Rrom et reçoit le soutien du FN. C'est un peu comme avec le droit de vote des étrangers ou le non-cumul sur lesquels son discours et ses actes sont à l'opposé. Suivant les conseils de son parrain Don Bartolone, le député solférinien a choisi de siphonner les voix de la droite (jusqu'à son extrême) pour tenter d'assouvir sa soif de pouvoir.

Mais Sali ?.. Un PSG qui soigne son centre droit
Georges Sali prétend lui aussi incarner la gauche du PS. A l'intérieur du PS il avait soutenu François Hollande aux primaires, exclu du parti solférinien il crée le Parti socialiste de gauche (PSG). Tellement à gauche qu'il fait les yeux doux à Clairette O'Petit (Conseillère nationale Modem) qui affirme : "aucune divergence entre Georges Sali ou son équipe, n'est à l'origine de mon retrait (de la liste). Seules des raisons personnelles importantes et incontournables sont à l’origine de cette décision. Les élus et la très grande majorité des adhérents MoDeM de Saint-Denis soutiennent avec enthousiasme et sans retenu la liste conduite par Georges Sali au sein de laquelle les Centristes démocrates dionysiens sont dument représentés."

Dimanche, le seul vote de gauche c'est le vote Paillard

samedi 15 mars 2014

Appel d’universitaires de Saint-Denis en faveur de la liste emmenée par Didier Paillard

Des dizaines d’universitaires de Saint-Denis soutiennent ma candidature pour l’élection municipale les 23 et 30 mars prochains. Ils mettent en avant les actions que nous avons menées ensemble pour défendre l’enseignement supérieur et les partenariats que nous avons tissés toutes ces années.

Pour une ville populaire, contre l’austérité dans la recherche et l’enseignement supérieur, nous faisons le choix de Didier Paillard

Pour nous, chercheur-se-s et enseignant-e-s-chercheur-se-s qui résidons et/ou qui travaillons à Saint-Denis, les élections municipales des 23 et 30 mars prochains marquent d’abord un véritable choix de société et d’orientation politique pour notre ville. En effet, il faudra choisir entre Mathieu Hanotin, le candidat de l’austérité et du reniement à gauche, et le candidat qui ne renonce pas au progrès et à la justice sociale : le Maire actuel Front de Gauche, Didier Paillard. L’ambition de Mathieu Hanotin pour Saint-Denis c’est d’abord d’en finir avec le logement social et la solidarité avec les « sans » et les Roms pour faire de la place aux partenariats public-privé (PPP) et à la spéculation immobilière. La tentative de Mathieu Hanotin pour arracher Saint-Denis relève d’un projet de société que nous combattons. Nous sommes nombreux à être venus à Saint-Denis, et à y rester, en raison du dynamisme de la ville, de la culture, et des loyers modérés (grâce a la municipalité). Au lieu de vouloir maintenant nous approprier la ville et chasser les classes populaires, nous voulons contribuer avec elles à sa richesse.

Ce choix de société concerne aussi la politique universitaire, sujet qui nous préoccupe en tant que chercheur-se-s et enseignant-e-s-chercheur-se-s, préoccupation partagée plus largement par les dionysien-ne-s, qu’ils soient parents ou étudiant-e-s. Pendant plus de 10 ans, les gouvernements de droite n’ont cessé de s’attaquer aux universités : déréglementation et privatisation larvée, dégradation des conditions de vie des étudiants et des conditions de travail des personnels, réduction des moyens humains et matériels, etc. Le candidat François Hollande avait promis de remettre en cause ces choix. Il n’en a rien été. Pire, la loi Fioraso sur l’enseignement supérieur et la recherche, adoptée en 2013, poursuit et renforce ces politiques qui sont en train de ruiner les universités, de démoraliser et de précariser les personnels et les étudiants. Le député Mathieu Hanotin a voté ces réductions budgétaires et ces lois néfastes pour les universités, en particulier pour les Universités de Paris 8 et de Paris 13. Choix de société : oui, ces mesures vont renforcer de manière scandaleuse les inégalités entre les étudiant-e-s les plus aisés et les plus modestes.

A ce titre comment penser qu’il fera autre chose pour Saint-Denis que ce qu’il fait au niveau national. A l’inverse, la commune de Saint-Denis avec Didier Paillard a soutenu nos combats contre les attaques libérales qui visent nos universités. A Saint-Denis, la municipalité a toujours cherché à tisser des liens avec les établissements universitaires (Paris 8, IUT de Paris 13), comme l’illustre l’organisation de « La semaine des arts » ou les collaborations récurrentes avec l’Ecran, et à soutenir les étudiant-e-s, notamment par la création de logements étudiants. Ces partenariats et le soutien aux étudiant-e-s doivent se renforcer dans la prochaine mandature car la ville pour tous c’est aussi l’université ouverte à tous et toutes.

Parce qu’en tant que chercheur-se-s et enseignant-e-s-chercheur-se-s de Saint-Denis, nous ne nous résignons pas au triomphe du libéralisme et de l’austérité, nous faisons le choix de Didier Paillard.

Premiers signataires :

Élisabeth Bautier, Professeur des universités, Paris 8,
Capucine Boidin, Maîtresse de conférences, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, Dionysienne
Stéphane Bonnery, Maître de conférence, Université Paris 8
Jean-Jacques Bourdin, Professeur des universités, Université Paris 8, Dionysien
Silvia Capanema, Maîtresse de conférences, Université Paris 13, Dionysienne
Vanessa Castejon, Maîtresse de conférences, Université Paris 13 – IUT de Saint-Denis
Séverine Chauvel, Maîtresse de conférences, Université de Créteil, Dionysienne
Pauline Clech, Doctorante, Sciences-Po Paris, Dionysienne
Saskia Cousin, Maitresse de conférences, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Dionysienne
Pierre Cours-Salies, Professeur émérite, Université Paris 8
Ségolène Darly, Maîtresse de Conférences, Université Paris 8, Dionysienne
Séverine Depoilly, Maîtresse de conférences, Université Paris 8
Hasan Basri Elmas, Maître de conférences, Université Paris 8, Dionysien
Paula Cristofalo, Maîtresse de conférences, Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, Dionysienne
Irène Favier, Doctorante et ATER, Université de Paris 8
Viviane Folcher, Maîtresse de conférences, Université Paris 8, Dionysienne
Béatrice Geyres, Docteure en psychologie, chargée de cours, Université Paris 8, Dionysienne
Sibylle Gollac, Chercheuse, CNRS, Dionysienne
Stéphanie Guyon, Maîtresse de conférences, Université de Picardie, Dionysienne
Sihem Hachaichi, maîtresse de conférence, université Paris 8
Séverine Kapko, Maîtresse de conférences, Université Paris 8, Dionysienne
Hassane Karkar, Professeur des universités retraité, université Paris 7, Dionysien
Jean Krivine, Chercheur, CNRS, Dionysien
Guillaume Lachenal, Maître de conférences, Université Paris 7, Dionysien
Khira Lameche, Maîtresse de conférences retraitée, université Paris 8
Cyril Lemieux, directeur d’études, EHESS, Dionysien
Pascal Martin, Post-doctorant, chargé de cours à l’Université Paris 8, Dionysien
Julie Pagis, Chercheuse, CNRS, Dionysienne
Sylvain Pattieu, Maître de conférences, Université Paris 8
Etienne Penissat, Chercheur, CNRS, Dionysien
Pierre Rabardel, Professeur des universités émérite, Université Paris 8, Dionysien
Jean-Yves Rochex, Professeur, Université Paris 8
Florent Tétard, Maître de conférences, Université de Paris 13 – IUT de Saint-Denis
Karel Yon, Chercheur, CNRS, Dionysien

mercredi 12 mars 2014

"Les Rrom de Voltaire" répondent à Hanotin

Il y a une semaine, le député, vice-président du CG93 et candidat à la Mairie de Saint-Denis justifiait son recours pour fraude sur les listes électorales auprès du tribunal d’instance par voie de communiqué. Pelle-mêle il y dénonce :
- "une manœuvre électoraliste de l’équipe du maire sortant qui déshonore notre démocratie en instrumentalisant la misère humaine à des fins politiciennes";
- "de très fortes suspicions de fraude sur la légalité de l’inscription de ces individus" (sic)
et accrochez-vous
- "l’instrumentalisation de la misère humaine (de) ce bidonville aussi indigne de la condition humaine que dangereux pour ses occupants".

Hier, les Rrom du terrain Voltaire, auparavant du Hanul, et leurs soutiens associatifs ont donné une conférence de presse sur leur lieu de résidence pour démonter un à un les propos scandaleux du candidat solférinien. Elle se tenait le même jour que la présentation de la présentation du rapport 2012-2013 du collectif Romeurope qui déplore que les politiques et médias ont "fait des Roms une des questions prioritaires des élections municipales". Quant Le secours populaire constate : "A deux semaines des municipales, la parole de certains candidats se libère et le climat est de plus en plus nauséabond." A Saint-Denis aussi.

Force est de constater que le candidat PS à la Mairie de Saint-Denis n'a jamais mis les pieds sur le terrain Voltaire où sont domiciliés les Rrom à qui il conteste leur droit citoyen de voter. Aussi étale-t-il son ignorance du dossier en mélangeant les chiffres comme d'évoquer "un terrain prévu pour 76 personnes" alors que le projet accueille 55 familles. Il n'a jamais rencontré ces Européens qui habitent la ville depuis 14 ou 15 ans, dont les enfants vont à l'école, certain-e-s arrivant au lycée ou au bac, qui sont électeur-trice-s, heureux-ses de voter, qui ne vivent pas dans un "bidonville", parce qu'il y a eu depuis des années un long (et parfois difficile) travail de partenariat avec les Rrom du Hanul.

Loin de moi l'idée de dresser un tableau enchanteur de la situation. Les conditions de vie des habitants du terrain Voltaire sont dures. Ce un projet d'intégration basé sur la collaboration entre des familles Rrom organisées, des associations et soutiens, la mairie, et des services de l'Etat, unique en son genre, s'invente au jour le jour. Le dialogue, le partenariat, de l'acceptation des responsabilités de chacun ne se décrètent pas, ça se construit. Difficile, donc. Insatisfaisant, c'est certain. Mais, malgré les efforts qui restent à faire pour l'améliorer, Saint-Denis peut être s’enorgueillir du processus qui a permis d'arriver jusque là, en comparaison avec ce qui se passe ailleurs.

Si M Hanotin souhaite s'opposer à la "misère humaine" et se battre pour "la dignité pour tous", peut-être devrait-il commencer par aller parler avec les habitant-e-s du campement pour connaître l'histoire, les chiffres et la vérité, et faire des propositions concrètes. Ce qu'il aurait d'ailleurs pu faire en répondant favorablement à l'invitation à la conférence de presse qui lui a été transmise.

Mais de celà, comme des autres Dionysiens, Hanotin n'en a cure. Il préfère flatter les sombres pensées qui sommeillent en chacun de nous pour de bas objectifs électoraux.

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