Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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samedi 31 août 2019

Bally Bagayoko désigné tête de liste pour les municipales

Jusqu'ici chef de file de la démarche de constitution d'une liste citoyenne initiée par la France Insoumise pour les municipales à Saint-Denis, Bally Bagayoko a été désigné aujourd'hui tête de liste à l'occasion d'une assemblée générale de la France Insoumise et des soutiens à la future « liste citoyenne ». Parmi ces derniers, on retrouve des militants en faveur d'une régie publique de l'eau, des représentants de parents d'élèves, des acteurs pour le développement écologique du territoire, des soutiens aux chômeurs...

Bally Bagayoko

mercredi 3 juillet 2019

Faire Saint-Denis en Commun, premier rendez-vous

Logo400 Fraire Saint-Denis en Commun

Top départ de la démarche de construction d'une liste citoyenne avec Faire Saint Denis En Commun ! Une vingtaine d'habitants de SAINT DENIS issue des milieux associatifs, sportifs, éducatifs, citoyennes vous donnent rendez-vous devant la pharmacie du Franc Moisin au 83 rue Danielle Casanova 93200 SAINT DENIS , ce mercredi 3 juillet à 16h.

Il feront ensuite, à proximité de la structure en bois dans le quartier, la présentation de leur démarche et les objectifs recherchés à travers la dynamique Citoyenne, militante, associative autour de Faire SAINT DENIS EN COMMUN.

mardi 2 juillet 2019

La démarche de Faire Saint-Denis en commun

Notre ville est à un tournant dans son histoire. Nous, habitant.es engagé.es à Saint-Denis, voyons les attentes, le dynamisme, les énergies positives mais aussi le mécontentement, les envies de changements et les dangers qui guettent notre ville.

Il est urgent de donner toute leur place aux habitant.es, de réinventer la manière de gouverner, de décider. Une participation réelle, avec de vrais pouvoirs d’action et de décision est nécessaire pour sortir de la concentration du pouvoir et la technocratie qui se sont installé.es.

Ici, les querelles politiciennes sans fin ne nous intéressent pas, elles ne sont pas à la hauteur des besoins et des espoirs des Dionysien.nes, ni des défis que notre ville doit affronter. Saint-Denis est menacée. Pas - comme voudraient le faire croire certains - à cause de l’immigration ou de l’islam, ni même à cause de prétendus « bobos », mais par des bouleversements économiques, sociaux et environnementaux sans précédent. Le Grand Paris, les Jeux Olympiques, la rénovation urbaine sont devenus des instruments de profit pour une poignée d’entreprises et d’investisseurs, au lieu d’être au service de tous. Pendant ce temps, les écoles deviennent trop petites, trop vieilles ou mal entretenues, la Poste disparaît des quartiers, l’hôpital public agonise, les bus débordent, la pollution menace nos enfants, des adolescents s’entretuent, le mal-logement et la précarité progressent… C’est la population qui paie au quotidien la facture. Le danger, c’est que certains quartiers de Saint-Denis et leurs habitant.es soient rejeté.es en marge de la ville, que les plus modestes soient poussés à partir.

Nous sommes sur le terrain. Nous voyons tous les jours que certains cherchent à s’emparer de Saint-Denis : grands groupes privés, spéculateurs, la Métropole Grand Paris… Or, la plupart de ceux qui sont censés nous défendre font trop de compromis, et ne sont plus à la hauteur. On nous dépossède de notre ville et des décisions politiques. Nous ne voulons pas continuer à être les cobayes de cette dépossession !

Aussi, nous avons décidé de répondre à l’opportunité offerte par la France Insoumise que se bâtisse une liste citoyenne. Ce pari du collectif nous intéresse, pour que la politique se fasse autrement. Dans ce chantier chacune et chacun apporteront des idées très concrètes pour répondre à ces trois urgences : la démocratie, l'écologie et les inégalités sociales. Il est impératif de défendre fermement le droit à la ville des Dionysien.nes. C’est à cela que nous allons consacrer toute notre énergie pour bâtir un projet autour d’une liste citoyenne, visant à Faire Saint-Denis En Commun.

Les premier.es engagé.es dans la démarche !

mercredi 5 juin 2019

LFI en première ligne pour les municipales

Dans moins d'un an auront lieux les élections municipales, il n'aura échappé à personne que cette échéance préoccupe nombre d'acteurs politiques à Saint-Denis. LFI Saint-Denis, pour sa part, ne partage pas cette fébrilité.

Agissant avec les habitant-es au cœur des mobilisations en cours sur la ville, et ne négligeant pas l'élection européenne, dont le résultat à Saint-Denis nous a placé en première ligne, nous avons affirmé d'emblée la volonté de prendre le temps de construire, dans une démarche ouverte et collective, la nécessaire dynamique citoyenne que mérite notre commune.

Il est temps désormais de franchir une nouvelle étape.

Pour cela nous devons partir du constat partagé par des milliers de Dionysien.ne.s que trop de choses ne vont pas, que les alertes, les demandes des habitant.e.s sont trop souvent ignorées au profit d'une gestion à l' ancienne, par le haut, qui ne part que trop rarement des préoccupations et des problèmes vécus, bref d'une gestion... purement gestionnaire.

Qu'il s'agisse des questions de propreté, du dossier stationnement, des questions de tranquillité publique et d'insécurité en particulier pour nos enfants, du logement, de l'emploi ou encore des grands projets qui impactent la ville, nous voyons que cette absence d'écoute des habitants débouche sur des réponses technocratiques hors sol, inadaptée et donc inefficaces.

Pourtant nous avons dans nos quartiers et dans nos services municipaux les intelligences, l'expérience et l'expertise pour inventer les solutions et vivre tout simplement mieux, toutes et tous ensemble.

C'est convaincu-es de cette force collective sous-estimée, et conscient de notre responsabilité particulière sur la scène politique locale qu'en assemblée générale, le 1er juin, nous avons déclaré mettre toutes nos forces au service d'un projet municipal renouvelé par un dynamique citoyenne nouvelle.

En conséquence, la France Insoumise de Saint-Denis appelle à la construction collective d'un projet municipal répondant de façon intransigeante aux urgences démocratiques, sociales et écologiques auxquelles font concrètement face les habitant-e-s de notre ville.

Cela suppose un débat réunissant toutes celles et tout ceux qui ayant Saint-Denis à cœur, conçoivent l'action politique d'abord comme la défense sans compromis des classes populaires et la construction de solidarités qui fédèrent et renforce ce peuple face aux pollueurs, aux promoteurs, aux exploiteurs et aux racistes qui ont pris notre territoire pour cible.

Parce qu'un projet de cette envergure implique un rassemblement d'une ampleur nouvelle, parce qu'un tel défi exige un symbole fort nous avons proposé que Bally Bagayoko conduise cette initiative.

jeudi 3 avril 2014

Comment ont voté les banlieues populaires ?

Analyse du scrutin par Ville & Banlieue, qui rassemble une centaine de maires des plus grandes agglomérations urbaines de France, revient ici sur le vote qui a radicalement bouleversé la donne politique dans les communes de plus 10 000 habitants et s’apprête à inverser la carte des agglomérations.

1. Des records d’abstention

Défiance, déception, colère froide, sentiment d’impuissance et/ou conviction partagée que cette élection ne changerait rien de décisif à leur situation ? Les quartiers et les communes populaires des périphéries urbaines ne se sont pas mobilisés en masse pour ces élections.

Des pics d’abstention avaient déjà été atteints lors du scrutin du 23 mars, y compris parmi les villes ayant élu leur maire au 1er tour : on comptait ainsi 60,2% d’abstentionnistes à Clichy-sous-Bois (93), 58,2% à Sarcelles (95) et 57,3% aux Mureaux (78) il y a huit jours.

Mais les banlieues ont encore très peu voté pour ce second tour des élections municipales. Ainsi, sur les 52 villes de l’Association à devoir rouvrir leurs bureaux de vote le 30 mars :
- 1 seule (La Seyne-sur-Mer, soit 2% du total) a connu une participation supérieure à la moyenne nationale (36,3% d’abstentions, déjà un record historique sous la Vème République).
- Une ville sur deux (53% exactement) a connu une abstention de 36 à 45% : parmi lesquelles des villes comme Bron (69) ou Mérignac (33) qui ont gardé leur confiance à la gauche, mais aussi des communes comme Argenteuil (95) ou Aulnay-sous-Bois (93), ayant basculé à droite.
- Une ville sur trois (34,6%) s’est située entre 45 et 55% d’abstentions : comme Melun (77) ou Saint-Herblain (44)
. - Et une sur dix (9,6%) au-dessus de 55% d’abstentions : à l’instar de Vaulx-en-Velin (69) ou de Villiers-le-Bel (95).

D’où un constat clair qui confirme la tendance de ces 20 dernières années : un nombre croissant d’électeurs issus des classes populaires urbaines s’expriment désormais plus par l’abstention que par le vote, parce qu’elles ne se retrouvent guère dans les politiques conduites en leur nom. « L’habitus de l’abstention » traduisant une rupture importante, persistante et inquiétante, avec le système électoral représentatif.

Enfin, comme il a pu être observé à l’échelle nationale, cette abstention manifeste sans doute une déception à l’égard du gouvernement de la gauche ; la droite ayant plutôt mieux mobilisé ses électeurs dans les villes populaires des agglomérations, et le léger surplus de mobilisation ayant plutôt joué en faveur de l’alternance.

2. Une vague bleue sans précédent, mais de moindre ampleur qu’à l’échelle nationale

Qu’en est-il maintenant lorsqu’on observe les résultats politiques du vote ? Si les banlieues ont connu les mêmes « intempéries politiques » que le reste du pays, l’on pourrait parler ici de « tempête » sur les périphéries urbaines quand un « tsunami » balayait l’hexagone.

Signe de cette déferlante : plus de 27% d’alternance politique en faveur de la droite UDI/UMP au sein de l’Association. Avec de violents mouvements de balancier ayant précipité l’effondrement de municipalités aussi ancrées à gauche que Saint-Médard–en-Jalles (33), Saint-Priest (69) ou Athis-Mons (91). Ou bien fait vaciller les villes dont la mixité sociale rendait l’équilibre politique plus incertain : Chelles (77), Aulnay-sous-Bois (93), ou Eragny (95).

Certaines communes, dans lesquelles la gauche est partie divisée ou n’a pas su refaire son unité pour le second tour, sont passées à droite en quelques heures : à Rillieux-la-Pape (69) ou à Mantes-la-Ville (78), seule commune à être tombée dans l’escarcelle de l’extrême droite.

Mais les effets de la sociologie urbaine conjugués à ceux de l’action politique permettent cependant à de nombreux élus de gauche de bien résister à la vague : à Allonnes (PCF- Front de Gauche) Sarthe), Bègles (Verts, Gironde), Cran-Gevrier (PS, Haute-Savoie), Ivry-sur-Seine (Front de Gauche, Val-de-Marne), Le Grand-Quevilly (PS, Seine-Maritime) par exemple.

Enfin, dans certaines grandes villes de banlieue acquises à la gauche, les clivages internes entre PS, PC, PG et DVG ont, selon les cas, été sans effet sur le rapport de force initial (Saint-Denis est restée entre les mains du Parti de gauche), ou provoqué une « alternance interne » (Aubervilliers est passée du PS au PC et Vaulx-en-Velin a suivi le chemin inverse), entraînant une redistribution des cartes entre les forces et les partis de gauche, comme à Montreuil où Dominique Voynet avait décidé de ne pas se représenter.

3. Des maires réélus sur leur bilan dans les villes symboles de la politique de la ville

Contrairement à ce qui a pu être souligné par les médias, il est à noter que 38,1% des maires de l’Association ont été réélus au 1er tour (sur approximativement une centaine de communes de banlieues urbaines, les agglomérations adhérentes n’ayant pas encore pu procéder au renouvellement de leur exécutif). Et ce malgré une forte représentation des maires de gauche au sein de Ville & Banlieue, qui aurait pu les exposer à davantage de remise en cause.

Comment interpréter le phénomène ?
Sur les sites les plus emblématiques des difficultés sociales et urbaines – là où les maires se sont engagés non seulement dans la politique de la ville mais aussi dans la rénovation urbaine à grande échelle au cours du dernier mandat – les électeurs ne leur ont-ils pas simplement donné acte du travail accompli ? Ainsi de Catherine Arenou (UMP, Chanteloup-les-Vignes) de Xavier Lemoine (UMP, Monfermeil), Rodolphe Thomas (Modem, Hérouville-Saint-Clair) ou Stéphane Beaudet (UMP, Courcouronnes) respectivement réélus avec plus de 59, 61, 63 et 80% des voix… ; mais également de Jean Touzeau (PS, Lormont), Marc Goua (PS, Trélazé), ou François Asensi (PC, Tremblay en France), ayant de leur côté dépassé les 60, 62 et 68% des voix…

Dans ces villes, tout s’est en effet passé comme si les habitants ayant vu leur ville, leur quartier et leur cadre de vie changer fortement et positivement – avec un aménagement, de nouveaux espaces et services publics de qualité - ils l’avaient porté au crédit du maire, quelle qu’ait pu être par ailleurs leur situation au plan de l’emploi ou du pouvoir d’achat.

4. Un vote FN qui s’étend et s’enracine en région parisienne

Le Front national était présent dans 18 triangulaires des 52 élections de 2ème tour au sein de l’Association, soit 34,6% des cas. Mais sur ce point, c’est la géographie politique qui compte d’abord ; et le vote Front national a suivi dans les banlieues la même pente qu’à l’échelle nationale : le parti d’extrême droite réalisant ses meilleurs scores en PACA, dans la vallée du Rhône ou le nord du bassin parisien : avec plus de 20% à Gignac-la-Nerthe (13), plus de 25% à Lomme (59) ou à Creil (60), plus de 30% à La-Seyne-sur-Mer (83).

Hors ces territoires d’implantation traditionnelle, le FN était jusque là relativement peu implanté dans les périphéries des grandes agglomérations urbaines, notamment de l’ouest. Phénomène marquant de ce scrutin 2014, il y réalise parfois de bons scores et s’enracine entre 10 et 15 % des voix en région parisienne : à Chelles, Chilly-Mazarin, Créteil, Meulan, Noisy-le-Grand et bien d’autres communes…

Quant à la victoire du Front national à Mantes-la-Ville avec un peu plus de 30% des voix, elle n’aurait pas été rendue possible sans un duel jusqu’au-boutiste entre les deux listes socialistes et divers-gauche qui terminent toutes deux entre 28% et 29%.

5. Un nouvel équilibre droite/gauche dans les banlieues, et au sein de Ville & Banlieue

Compte tenu de ses origines politiques, de la réalité sociologique de ses villes et de l’état du rapport de force droite/gauche dans les banlieues des grandes agglomérations, Ville & Banlieue penchait à gauche dans un rapport proche de 1 à 10. Ce rapport est aujourd’hui de 1 à 3. Quelques-unes de ses figures quitteront donc bientôt ses instances et son président actuel, Renaud Gauquelin, maire de Rillieux-la-Pape, battu dimanche, devra céder son fauteuil.

Cela n’altèrera pas l’essentiel qui rassemble depuis l’origine, droite et gauche réunies, les élus de Ville & Banlieue : la volonté de représenter les banlieues populaires pour leur permettre de revenir dans le droit commun de la République. Et l’ambition de peser collectivement sur l’élaboration des politiques publiques qui doivent le rendre possible.

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