Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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Tag - luttes populaires

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lundi 30 novembre 2015

Contre l'état d'urgence et l'arbitraire police : libération de nos camarades

Ce dimanche 29 novembre s’est tenu un rassemblement à l’appel de plusieurs organisations militantes et politiques Place de la République à Paris. Plus de 15 000 personnes ont bravé l’interdiction de manifester pour faire valoir une autre voie dans le cadre de la COP21 : changer le système, pas le climat.

Prétextant l’état d’urgence proclamé par le gouvernement PS, le ministère de l’Intérieur à déployé un dispositif de sécurité totalement disproportionné. Quelles que soient leurs intentions, tous les manifestants se sont fait coincer dans une souricière : toutes les rues et avenues conduisant à la Place de la République étaient fermées par des lignes de CRS, la station de métro n’était plus desservie dès 14h30. Après les gaz lacrymogènes et les grenades désencerclantes, plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés bloqués contre un mur entourés de plusieurs rangées de CRS et de gardes mobiles. En plus de deux heures, aucune agressivité n’a été manifestée à l’égard des forces de l'ordre, pas de bagarre, pas d'empoignade. Malgré les nombreuses tentatives de négociations, impossible de partir. Il y avait une volonté manifeste de retenir le plus de monde.

Effectivement quelques personnes masquées et cagoulées ont lancé des projectiles (notamment des chaussures et des bougies) en direction des CRS. Mais la tension était déjà à son comble et à aucun moment les forces de l’ordre n’ont cherché distinguer qui faisait quoi parmi les manifestants, chargeant aussi bien les quelques personnes venues en découdre que l’immense majorité des militants présents pour porter des revendications écologiques.

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Au final il a été procédé à 341 interpellations et 317 mises gardes à vue. Parmi elles, de respectables camarades du NPA, de AL, d’Ensemble !, de la CGT, de Solidaire, de la FSU, du SNPES PJJ… sont toujours retenus par la police. Le gouvernement de Manuel Valls fait ici une nouvelle fois la preuve de son dédain de la démocratie, de son mépris pour les mobilisations citoyennes, de sa haine à l’égard de toute personne qui s’écarterait de sa ligne politique.

Parmi les personnes interpellées, au moins huit sont des camarades dionysiens avec qui nous menons des luttes sociales et syndicales. Nous leur adressons notre solidarité sans faille. Nous nous tenons aux côtés de toutes celles et ceux qui ont subi l’ire des services de polices, la folie répressive injustifiable. Nous mettrons tout en place pour faciliter leur libération rapide.

Le Parti de Gauche 93 Ouest

vendredi 17 octobre 2014

C'était il y a 53 ans seulement

17 octobre 1961

N'oublions pas les centaines de morts, les milliers de torturés, les dizaines de milliers de blessés, parmi lesquels de nombreux Dionysiens qui vivaient relégués dans des bidonvilles ou des logements insalubres. Des jeunes, des vieux, des femmes, des adolescentes... Je ne les oublie pas.

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jeudi 14 novembre 2013

Rendez vous du 1er décembre pour une révolution fiscale

Contre la hausse de la TVA, l'impôt le plus injuste qui soit. Contre le transfert fiscal de 20 milliards des entreprises vers les particuliers. Pour une révolution fiscale avec le retour à 14 tranches et un impôt véritablement progressif à l'image de celui qui existait au début des années 80. Pour une redistribution à hauteur des besoins des collectivités et de leurs habitants, et non un serrage de vis austéritaire de 1,5 milliard d'euros voté par les députés solfériniens (y compris ceux qui se prétendent de gauche). Pour le renforcement de la lutte contre l'évasion fiscale estimée à 20 milliards d'euros par an. Pour l'alignement de l’impôt de tous les revenus du capital (particuliers et entreprises) sur celui du travail : 20 autres milliards d’euros à collecter. Sans compter la suppression des exonérations de cotisations sociales (encore 30 milliards par an). Parce que de l'argent, il y en a !

L'appel à la révolution fiscale du Front de Gauche n'a rien à voir avec la fronde des bonnets rouges orchestrée par le Medef et la FNSEA. Non l'impôt n'est pas sale. Non Monsieur Moscovici, le "ras-le-bol fiscal" n'est pas celui que vous croyez. Notre colère est provoquée par l'injustice d'une imposition qui frappe plus sévèrement les petits que les gros.

Oui à l'impôt, mais à l’impôt juste !". C'est à dire un impôt plus progressif, qui n'épargnerait pas les grands groupes, et qui ne frapperait pas les plus modestes. Tout l’inverse du programme mis en oeuvre par le gouvernement.

Le Front de Gauche appelle toutes celles et tous ceux qui refusent la politique d’austérité à se retrouver avec nous dans la rue le 1er décembre. Ne laissons pas le patronat, la droite et l’extrême droite dévoyer la légitime colère populaire.

mercredi 27 février 2013

L’amnistie des syndicalistes, c’est maintenant

Aujourd'hui je me rendrai au Sénat pour le rassemblement à l’occasion du débat sur le projet de loi pour l’amnistie des syndicalistes avec notamment Jean-Luc Mélenchon, Martine Billard, Laurence Sauvage et Eric Coquerel.

Ci-dessous le texte de la pétition du Front de Gauche en faveur d’une loi d’amnistie pour toutes celles et ceux condamné-e-s pénalement depuis 2002 pour leurs actions militantes !

Nous militant-e-s syndicalistes, politiques ou associatifs exigeons le vote d’une loi d’amnistie en faveur de toutes celles et tous ceux qui ont été condamné-e-s pénalement depuis 2002 à raison d’actions militantes n’impliquant pas des atteintes aux personnes ou pour des infractions pour lesquelles est encourue une peine de moins de dix ans d’emprisonnement. L’amnistie emportera leur effacement immédiat du fichier national automatise des empreintes génétiques (FNAEG). Il nous est insupportable que les plus courageuses et courageux d’entre nous puissent continuer, après le changement de majorité politique du printemps dernier, à être traite-e-s comme des délinquant-e-s ou des criminel-le-s de droit commun ! Les députés du Front de Gauche ont déposé une proposition de loi portant amnistie des faits commis à l’occasion de mouvements sociaux et d’activités syndicales et revendicatives. Il faut que ce cette proposition soit examinée et adoptée.

Le Président de la République doit tenir la promesse du candidat François Hollande.

Signez et faites signer la pétition du Front de Gauche (cliquez sur ce lien) en faveur d’une loi d’amnistie pour toutes celles et ceux condamné-e-s pénalement depuis 2002 pour leurs actions militantes !

Vous pouvez signer la pétition mise en ligne ici : [www.placeaupeuple2012.fr/amnistie |http://www.placeaupeuple2012.fr/amnistie]


Exigeons la loi d'Amnistie ! par lepartidegauche

jeudi 20 janvier 2011

Soutien à la révolution citoyenne tunisienne

Ce jeudi, la Municipalité a organisé un rassemblement devant l'hôtel de ville en soutien à la révolution citoyenne tunisiene. J'y représentais le Parti de Gauche et voici ma déclaration :

La crise économique frappe les peuples de plein fouet mais peut être aussi un accélérateur de l'histoire. C'est le cas en Tunisie où le prétendu "miracle économique tunisien" - mélange de libre échange forcené, de corruption et d'accaparement des richesses par la famille de Ben Ali – qui en faisait un bon élève du FMI s’est écroulé sous l'effet de la crise.

C’est donc fort logiquement que le Parti de Gauche soutient sans condition la révolution citoyenne qui a débutée en Tunisie. Elle porte à la fois l'exigence d'une transformation démocratique profonde et de partage des richesses. Sous des formes évidemment propres à un pays qui a subit vingt-trois ans de dictature.

Comme l’ont affirmé Jean-Luc Mélanchon et Martine Billard Co-président(e)s du Parti de Gauche : « Une révolution est commencée en Tunisie. Son contenu social est clair. Son préalable démocratique l’est tout autant. La révolution citoyenne c’est ce mécanisme-là. Elle va se traduire dans le Maghreb et en Europe. Notre solidarité n’a rien d’exotique ; ce qui se passe là est une affaire de famille. »

Dans les rues de Tunis on a pu voir fleurir des pancartes qui proclamment : « Racket, corruption, décadence : le peuple vous dit dégage ! » Un peu comme notre slogan : « Qu’ils s’en aillent tous ! »

Sourde, aveugle, voire cynique, l’Union européenne, France en tête, n’a eu de cesse de manifester un soutien sans faille à en Ali, au risque de contribuer à ce qu’elle prétend combattre : la montée de l’islamisme.

Souvenons-nous de Jacques Chirac en visite officielle qui déclarait : "Le premier des droits de l’homme, c’est de manger (…). De ce point de vue, la Tunisie est très en avance sur beaucoup de pays . " C’était en décembre 2003 alors même que l’avocate Radhia Nasraoui en est à son 50e jour de grève de la faim.

Souvenons-nous aussi d’Hubert Vedrine, ministre de Jospin qui, en août 1997, assure au président Ben Ali le soutien de la France « au modèle démocratique tunisien ».

Souvenons-nous aussi de Nicolas Sarkozy qui ne fait pas mieux que son prédécesseur quand il vient en Tunisie, en avril 2008. "L’espace des libertés progresse", se félicite-t-il devant un Ben Ali radieux.

Quant à Dominique Strauss-Khan, en visite le 18 novembre 2008 à Carthage, n'avait pas manqué de féliciter le président Zine El Abidine Ben Ali pour la pertinence de ses choix économiques : « Je m'attends à une forte croissance en Tunisie cette année, la politique économique adoptée ici est une politique saine et constitue le meilleur modèle à suivre pour de nombreux pays émergents. DSK flattait la pauvreté, le chômage chronique des jeunes, la cherté de la vie, la corruption généralisée, et l’absence de libertés. Il faut reconnaître qu’en tant que dirigeant du FMI, il est directement responsable de cette situation, , lui qui fait l’éloge de la politique tunisienne. Ce sont effectivement les politiques de coupe claire dans les services publics, de privatisations, de course au profits maximums pour quelques-uns, imposées par les institutions financières internationales comme le FMI, qui provoquent un étouffement et un appauvrissement des populations de ces pays.

Et MAM. Le 11 janvier dernier, Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires Etrangères et Européennes, propose au régime tunisien la coopération de la France en matière de sécurité et de maintien de l’ordre, alors que les émeutes populaires étaient réprimées dans le sang. Cette intervention provoque aujourd’hui, après la fuite de Ben Ali, un véritable tollé, alors qu’elle était passée relativement inaperçue sur le moment.

De François Mitterrand à Nicolas Sarkozy, en passant par Bertrand Delanoë, Fadela Amara, Bernard Kouchner, Laurence Parisot, Jean Michel Apathie, Alain Duhamel, Sonia Mabrouk, Christophe Barbier, Dominique Baudis… tous ont loué l’ancien régime tunisien. Mais qu’ils s’en aillent tous ! Ou comme on l’écrit sur les pancartes à Tunis : « le peuple vous dit : dégagez ! »

Ceci étant, une partie des exigences portées par la population tunisienne dans les manifestations depuis décembre dernier ne sont pas encore satisfaites. La libération de l’ensemble des prisonniers politiques, l’organisation rapide d’élections libres et démocratiques restent des exigences actuelles. En ce sens le PG soutient les revendications qui continuent à être exprimées dans la rue par le peuple tunisien cette semaine, pour que le pays rompe avec l’ensemble du système mis en place par Ben Ali, et pas seulement avec sa tête. Le gouvernement d’Union nationale mis en place par le premier ministre M. Ghannouchi, dans lequel la plupart des postes clefs sont aux mains de membres du RCD, le parti de l’ex président, ne permet pas de satisfaire ces revendications populaires. C’est ce qui explique le slogan scandé dans les rues de Tunis ces derniers jours : « La révolution continue ».

Le fait que la révolution tunisienne n'ait laissé aucune empreinte ni exhibé aucun signe d'une hégémonie islamiste ne semble pas suffire à rassurer contre l'épouvantail intégriste.

Au Moyen-Orient, au Maghreb, comme en Occident, les déclarations officielles assument à demi-mot, et donc à contrecœur, le fait accompli tunisien ; tous s'interrogeant sur le "risque" - et non la chance ! - d'un éventuel "effet dominos" de la révolution du Jasmin.

Parce que des pays au Maghreb, au Soudan, en Egypte et en Jordanie sont dans des dispositions sociales, économiques, politiques et psychologiques proches de celles de la Tunisie, les concernés agitent le spectre de l'intégrisme à l'affût des états affaiblis.

Comme si le choix se résumait à trancher entre la dictature ou l'islamisme.

Nous, au PG, nous sommes heureux de constater que cette révolution citoyenne tunisienne a soulevé une immense vague d’espoir dans la région : la contestation des oligarchies policières s’amplifie. En Algérie, les manifestations se multiplient et des slogans politiques demandant le retour des libertés publiques se font entendre. En Egypte, au Yémen, en Jordanie, dans le Sultanat d’Oman des manifestations inspirées par l’exemple tunisien ont eu lieu. C’est une nouvelle page de l’histoire du Maghreb et du Machrek qui est en train de s’écrire.