Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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lundi 28 mars 2016

Solidarité avec les victimes du 48 rue de la République

Près de 4 mois après l’assaut du Raid contre les terroristes retranchés dans leur immeuble, la lutte continue pour les habitants du 48 rue de la République à Saint-Denis évacués de leur logement le 18 novembre dernier. Constitués en association et entourés d’un comité de soutien (au nombre desquels le PG Saint-Denis, ils attendent toujours la reconnaissance de leur statut de victime, leur relogement et la régularisation des sans papiers à titre humanitaire.

Déterminés à faire valoir leurs droits, une soirée de solidarité est organisée :

MERCREDI 30 MARS A PARTIR DE 19h Au Théâtre Gérard Philipe Saint-Denis

HK & Balàfond, Jeph, Lassina Traoré, Samia Orosemane, La Cie Jolie môme

soutienVictimes48Republique.jpg

lundi 11 janvier 2016

Deux mois après l'assaut, les victimes du 48 rue de la République à St Denis attendent toujours du concret

Les habitants du 48 rue de la république à St Denis ont été évacués suite à l'assaut mené par les forces de l'ordre contre des terroristes le 18 novembre dernier. Trois d'entre eux ont été blessés par balle, dont un est toujours hospitalisé. L'immeuble est inhabitable.

A la suite d'un engagement de relogement pris par la ministre du logement, Sylvia Pinel, et après avoir passé une semaine dans un gymnase, les sinistrés, 39 ménages dont une vingtaine d'enfants, ont rejoint des hébergements le 25 novembre. Ils sont hébergés dans deux résidences hôtelières et pseudo-sociales pour les familles et dans un hôtel pour les célibataires, à Saint-Denis, en attendant un relogement qui tarde à venir pour tous.

Les sinistrés se sont constitués en association pour se défendre. Deux mois après l'assaut et face à l'attitude méprisante des représentants de l'Etat qui refusent toujours de les recevoir, les sinistrés et leurs soutiens ont décidé de se faire entendre et appellent à une large solidarité :

RASSEMBLEMENT LUNDI 18 JANVIER à 17h30
esplanade devant la Préfecture de Bobigny

Ensemble, avec les sinistrés demandons :
· la reconnaissance du statut de victimes pour tous les habitants et réparations
· un relogement en logement social dans les meilleurs délais, à St Denis ou à proximité et en attendant, un hébergement stable et décent pour tous
· la régularisation de ceux qui n'ont pas les papiers
· la participation des représentants des habitants et de leurs soutiens au comité de pilotage avec la Mairie de Saint Denis et la Préfecture

dimanche 15 décembre 2013

Mal-logés : nous proposons des solutions et le gouvernement PS répond à coups de Taser

Ce dimanche, les sans-logis de la rue Gabriel Péri, qui sont à la rue depuis 194 jours ont occupé, avec leurs soutiens, la basilique de Saint-Denis pour obtenir un hébergement.

Plutôt que d'accepter de les héberger à Saint-Denis, où un l'ancienne gendarmerie vient d'être reconvertie en centre d'hébergement de 60 places, le Préfet a diligenté sa police. Cette dernière a molesté le maire qui, ceint de son écharpe tricolore, voulait entrer dans l'édifice, l'un d'eux le menaçant même d'un Taser. Plus tard dans l'après-midi de nombreux soutiens nationaux se sont joints aux manifestants devant la basilique : Alain Krivine, Olivier Besancenot, Jacques Gaillot.

En début de soirée, la police de Manuel Valls a investi la basilique contre l'avis du clergé, prétextant qu'il s'agissait d'un bâtiment de l'Etat. Les occupant ont été expulsés. Du jamais vu depuis Saint-Bernard. Jules Moch doit jubiler !

basilique2013.12.jpg
Photo Dominique Sanchez/Le JSD

Nous nous sommes alors dirigés en cortège vers l'ancienne gendarmerie où nous avons constaté la vacance de nombreux logements prêts à accueillir les mal-logés, fussent-ils sans-papiers. Le Parti de Gauche, comme le Front de Gauche, exige du ministère du Logement qu'il donne ordre au Préfet de faire enfin héberger les 25 personnes qui dorment dehors depuis déjà six mois. Il y a urgence. Il conviendra, dans le même temps que le gouvernement tienne ses engagements de campagne et régularise ceux qui vivent et travaillent ici.

lundi 18 février 2013

La place des dynamiques sociales dans les projets urbains

Sans s’être au préalable concertées, les villes de Saint-Denis et de Gennevilliers ont missionné le cabinet d’étude Gers pour mener une étude relative aux effets du relogement sur les dynamiques sociales des ménages concernés par un projet de renouvellement urbain et la démolition de leur logement.

L’approche qualitative développée par les études nous rappelle que pour les personnes rencontrées, les changements concernant leur logement et leur vie quotidienne s’inscrivent dans des transformations qui touchent à toutes les sphères de leur vie sociale, modifient leur rapport au quartier, aux écoles, et transforment les rapports sociaux de proximité.

Ces études nous parlent de l’importance de la stabilité résidentielle dès lors que les ressources économiques et sociales sont faibles, de l’importance des services publics locaux, de l’importance de partager une communauté de valeurs, de modes de vie et d’échapper au jugement social qui permet l’entre-soi populaire.

En ce sens, ces études sont pionnières et doivent instruire l’ensemble des acteurs en présence pour une évaluation qu’il reste à mener. D’ailleurs d’autres études se réalisent aujourd’hui à partir de ces mêmes interrogations. (cf. étude Fors Commanditée par la DRHIL 93).

Plus généralement, la période est propice à la réflexion : fin de la plupart de nos programmes ANRU1, études préalables aux projets de la seconde phase. D’ailleurs le Comité de suivi et d’évaluation (CES) de l’ANRU propose dans son rapport 2011 des éléments d’évaluation et des préconisations pour l’avenir qui nous semblent, là encore, croiser notre travail.

Réfléchir collectivement sur une politique publique en action

Avec ma collègue de Gennevilliers, Martine Monsel, il nous paraît fondamental de comprendre les effets d’une politique publique aussi ambitieuse sur les trajectoires sociales des familles de quartiers populaires d’habitat social. Tous les ménages voient-ils leurs conditions de vie s’améliorer ? Qu’en est-il des ménages disposant de faibles ressources économiques et sociales ? L’accompagnement social est très conséquent pendant la période de relogement ; peut-il s’arrêter à l’entrée dans le nouveau logement ? Comment concilier la valorisation de la mobilité et des « parcours résidentiels » (accession à la propriété, au logement neuf, etc.) avec les souhaits des ménages et les arbitrages nécessaires ?

Aussi , j’organise conjointement avec mon homologue de Gennevilliers un après-midi de réflexion sur la place des dynamiques sociales dans les projets urbains. Nous avons scindé les débats en deux temps forts :
- Les trajectoires socio-résidentielles des ménages à l’épreuve du relogement
- Démolitions et relogements, quels effets sociaux dans les quartiers

Mercredi 20 février 2013, de 14 à 17h30
Salle du Conseil municipal
Mairie de Gennevilliers

mardi 28 février 2012

Quelle mutation urbaine pour mettre un terme au séparatisme social 

Logo L'Huma

Sous le titre "Rompre avec les politiques de ségrégation" le quotidien L'Humanité publie aujourd'hui une tribune que j'ai corédigée et signée par de nombreuses personnalités oeuvrant dans le domaine de la Ville et de l’Habitat comme Marie-Hélène Amiable, Jacques Bourgoin, Maurice Charrier, Paul Chemetov, Eric Coquerel, Christian Devillers, Bernard Genin, Patrick Jarry, Gilles Leproust, Rafatdjou Makan, Pierre Mansat ou encore Roland Muzeau.

En voici l'intégralité :

Nous sommes des élus locaux, des praticiens de la construction et de la ville, des enseignants-chercheurs, des militants du droit au logement. Nous avons la conviction que l’accès au logement, le droit à la ville, la solidarité entre les territoires conditionnent la modernité de notre pays.

En ville, se trouvent les lieux de formation, de culture et de soins qui sont le fondement et la condition de la production contemporaine. Dans les grandes villes se concentrent les lieux de décision, d’invention et de recherche, les moyens financiers comme les lieux de règlement des conflits. La ville est à la fois le lieu du pouvoir et de sa contestation politique et culturelle. Elle doit donc rompre avec les politiques de zonage et de ségrégation pour rester accessible à tous. La logique du marché est celle du séparatisme social, de la relégation pour le plus grand nombre et des dégâts environnementaux. La mise en concurrence des territoires eux-mêmes va dans le sens d’une concentration déséquilibrée et porte atteinte au réseau de villes qui sont notre histoire, notre richesse et le lieu de vie et de projets de millions de Français. A l'inverse, nous avons l'ambition d'une mutation urbaine qui fasse vivre les solidarités sociales, qui innove, et réponde aux défis de la crise écologique et climatique. Cela concerne bien évidemment au premier chef les quartiers où se cumulent des difficultés.

Le logement pour tous, longtemps au coeur des objectifs de la gauche et des politiques publiques, doit devenir la réalité. Bien que désormais il soit un droit opposable, il est inatteignable pour des centaines de milliers de sans logis; il est précaire pour tous les mal logés et pour ceux qui ne peuvent pas payer leur loyers et leurs traites mensuelles. Pour faire vivre ce droit, ce socle d’une vie vivable, il faut avoir le courage de refuser que le logement participe au grand Monopoly de ceux qui spéculent sur le foncier ou pratiquent des taux d’usure. Il faut mettre en oeuvre une politique qui limite les loyers et les charges. Il faut que la construction, la réhabilitation soient clairement un objectif politique de l’action publique et des moyens qui l’accompagnent.

Les nouvelles politiques publiques en matière d’emploi, d’éducation, de services publics, de protection sociale et de tranquillité publique prendront appui sur la richesse humaine des quartiers populaires, pour mettre fin aux ségrégations spatiales et aux difficultés économiques qui s’y développent.

Nous ne nous rangeons pas aux idées de bonne gouvernance par les seules élites. Nous restons profondément attachés à l’esprit démocratique qui recule quand on met hors de portée des citoyens les décisions qui les concernent. Le débat doit être la règle. Élus ou praticiens, nous travaillons, vivons avec les habitants trop rarement conviés autour de la table et parfois amusés par des procédures de consultation qui sont des leurres.

Nous pensons qu’il est raisonnable de ne pas s’enfermer dans les logiques du capitalisme financier et de continuer d’investir : c’est la base d’une politique qui fait droit à l’éducation, la culture, la santé, le logement et la ville. Il est nécessaire de chercher une alternative à un système épuisé pour affirmer le bien commun Pour y parvenir Nous soutenons l’exigence d’une nouvelle République respectueuse du peuple et de la démocratie.

Pour ces raisons nous nous reconnaissons dans les idées portées par le Front de Gauche et son candidat à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

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