Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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dimanche 15 décembre 2013

Mal-logés : nous proposons des solutions et le gouvernement PS répond à coups de Taser

Ce dimanche, les sans-logis de la rue Gabriel Péri, qui sont à la rue depuis 194 jours ont occupé, avec leurs soutiens, la basilique de Saint-Denis pour obtenir un hébergement.

Plutôt que d'accepter de les héberger à Saint-Denis, où un l'ancienne gendarmerie vient d'être reconvertie en centre d'hébergement de 60 places, le Préfet a diligenté sa police. Cette dernière a molesté le maire qui, ceint de son écharpe tricolore, voulait entrer dans l'édifice, l'un d'eux le menaçant même d'un Taser. Plus tard dans l'après-midi de nombreux soutiens nationaux se sont joints aux manifestants devant la basilique : Alain Krivine, Olivier Besancenot, Jacques Gaillot.

En début de soirée, la police de Manuel Valls a investi la basilique contre l'avis du clergé, prétextant qu'il s'agissait d'un bâtiment de l'Etat. Les occupant ont été expulsés. Du jamais vu depuis Saint-Bernard. Jules Moch doit jubiler !

basilique2013.12.jpg
Photo Dominique Sanchez/Le JSD

Nous nous sommes alors dirigés en cortège vers l'ancienne gendarmerie où nous avons constaté la vacance de nombreux logements prêts à accueillir les mal-logés, fussent-ils sans-papiers. Le Parti de Gauche, comme le Front de Gauche, exige du ministère du Logement qu'il donne ordre au Préfet de faire enfin héberger les 25 personnes qui dorment dehors depuis déjà six mois. Il y a urgence. Il conviendra, dans le même temps que le gouvernement tienne ses engagements de campagne et régularise ceux qui vivent et travaillent ici.

mardi 24 septembre 2013

Dédicace à Manuel Valls

Des Rrom dont seule «une minorité (est disposée) à vouloir s’intégrer» ? Rroms_espagnols.jpg

Et ici, encore des Rrom dont «la majorité doit être reconduite à la frontière, il n’y a pas d’autre solution» ? Parce que «nous ne sommes pas là pour accueillir ces populations» ? Rroms_espagnols_2.jpg

Réponse : Ces deux photos ont été prises il y a quelque cinquante ans dans les bidonvilles de la "Petite Espagne" un quartier de Saint-Denis qui a vu s’installer dès le début du XXe siècle des immigrés espagnols venus travailler dans les usines métallurgiques et chimiques de la ceinture industrielle du Nord de Paris... et aujourd'hui totalement intégrés à la société française jusqu'à même pouvoir devenir ministre de la République. Liberté, égalité, fraternité, vive la France !

Malgré la "brigade Z", chargée de détruire les baraques ou d'accompagner les visites administratives qui en 1968 (ci-dessous) n'était pas aux ordres de Manuel Valls même si ça y ressemble. Brigade_Z_1968.jpg

mardi 14 juin 2011

Guéant décidément fâché avec les statistiques sur les immigrés

Les Journées d'étude de la rénovation urbaine 2011 ont été inaugurées par le ministre de l'Intérieur et non le Premier ministre comme il est d'habitude.

Au cours de son discours, inintéressant au possible et que l'on aurait pu intitulé "l'histoire de l'Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU) version Bisounours", Claude Guéant nous révèle que les quartiers dits "zones sensibles" sont peuplés à 83% par des immigrés !

Oui, oui, j'ai bien entendu les propos du ministre malgré la demi-somnolence dans laquelle il m'avait jusque-là plongé : j'ai vérifié auprès d'autres suppliciés de la salle. Et cela est désormais en vidéo sur le site de l'ANRU à 13 minutes 40.

Après les statistiques bidons sur l'échec scolaire des enfants d'immigrés, voici les statistiques bidons sur les quartiers d'habitat social.

Le ministre de l'Intérieur ne peut ignorer la définition du terme "immigré" qui désigne toute personne née de nationalité étrangère, à l'étranger. C'est-à-dire toute personne non française, née hors de France et venue s'installer en France. Les enfants nés en France ne sont jamais immigrés quelle que soit leur nationalité de naissance, pas plus que les personnes nées de parents français à l'étranger s'installant sur le territoire national.

Le conseil d'orientation de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS), qui regroupe élus, personnalités qualifiées, représentants de l’administration en charge de l’intégration des populations immigrées..., s'intéresse à la diversité des origines de la population des quartiers classés en zone urbaine sensible(4,5 millions d'habitants) et tente d’analyser la situation particulière de leurs populations. Les catégories “immigré” ou “étranger” ont pu être utilisées au niveau de l’individu et du ménage (on parlera ainsi des ménages dont la “personne de référence” est immigrée ou étrangère ou encore des enfants de ces ménages). Le dénombrement de la population immigrée vivant en ZUS montre que si les immigrés y sont fortement surreprésentés (18,3 % de la population de ces quartiers, contre 7,4% dans l’ensemble de la population de France métropolitaine), on est à des années lumière des 83% du ministre !

Chacun sait pourtant combien il importe de ne pas faire l’amalgame entre la question de l’intégration des populations immigrées et celle des quartiers de la politique de la ville. La très grande majorité des immigrés (en fait plus de 80 % d’entre eux) vivent en dehors des ZUS. D'autant que toutes les statistiques confirment une grande diversité des situations selon les villes, qui vont d’une absence de toute surreprésentation des ménages étrangers dans les ZUS jusqu’à une présence de ces ménages dans des proportions cinq à six fois plus fortes que dans le reste de l’agglomération. Ce fait est la résultante de politiques de peuplement mais aussi de l’identification par certaines collectivités locales de la présence de populations étrangères comme critère implicite de classement d’un quartier dans la géographie prioritaire de la politique de la ville.

Le 17 mars déjà, Claude Guéant déclarait sur Europe 1 : "Les Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale."

Le 22 mai encore, il estimait que la France n'avait "pas besoin de maçons, de serveurs de restaurant" issus de l'immigration et que "Les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés" !

Claude Guéant alimente en permanence la peur de l'étranger et avec sa sortie au Jeru 2011, ce 14 juin, pointe l'immigré, au mieux, comme celui pour qui on fait tant mais n'a pas la moindre reconnaissance ou, au pire, comme celui pour qui on dépense des milliards qui seraient bien plus utiles aux bons français bien blancs, bien catholiques et monstrueusement réactionnaires comme lui.

Ce n'est pas digne d'un ministre d'Etat.

mardi 23 février 2010

1ère, 2e, 3e générations...

Voici l'appel à participer à la journée sans immigrés du 1er mars que j'ai bien évidement signé.

Nous, élu-e-s de Saint-Denis, ville aux dizaines de nationalité et de cultures soutenons l’appel du collectif « La Journée Sans Immigrés ».
Nous avons toujours revendiqué cette multi culturalité qui est pour nous une grande richesse, pour Saint-Denis, tout comme pour la France.
Nous reconnaissons ainsi l’apport indéniable de l’immigration dans ce pays. Saint-Denis a accueilli plusieurs vagues d’immigration, notamment dans le quartier de la Plaine Saint-Denis. Ces immigrés d’alors ont fait cette ville et leurs descendants, français, la vivent. Or, trop nombreux sont ceux qu’on regarde encore comme immigrés, qu’on n’accepte pas comme enfants de la République, et citoyens tout simplement. Trop nombreux sont ceux qui sont stigmatisés, discriminés, au travail notamment. Trop nombreux sont les « dérapages » de nos élites politiques qui ce faisant excluent ces milliers d’enfants de la République.
Nous avons toujours oeuvré contre les injustices, notamment celles faites aux immigrés, avec ou sans papiers. Nous avons à cet égard toujours défendu la régularisation des sans-papiers, et dénoncé les politiques mises en oeuvre par l’Etat avec sa politique d’expulsions systématiques qui aboutit à des drames humains insupportables. Nous avons organisé le 1er référendum sur le droit de vote et d’éligibilité des citoyens étrangers parce que nous estimons qu’il ne doit exister que des citoyens de plein droit. Lors des dernières élections municipales, nous avons présenté sur une liste complémentaire des citoyens étrangers. Dès lors, ces derniers participent aux débats sur les grandes questions qui déterminent le présent et le futur de la ville.
Le climat actuel, avec les effets d’annonce notamment sur la réduction des droits des sans-papiers, qui fait écho au nauséabond « débat » sur l’identité nationale, est particulièrement détestable. L’arsenal répressif contre les immigrés, les discriminations quotidiennes que subissent les français issus de l’immigration qui ne sont toujours pas considérés comme partie intégrante de la République, justifient une prise de conscience collective. L'initiative engagée par le collectif pour l'organisation d'une journée sans immigré-e-s arrive comme une respiration. Ce collectif souhaite montrer par leur absence, la nécessité de la présence des immigrés dans leur travail, leur consommation, leurs activités en société.
C’est donc tout naturellement que nous soutenons cette initiative citoyenne.

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