Blog de Christophe Girard, élu à Saint-Denis

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Tag - environnement

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jeudi 29 novembre 2012

Contribution aux assises de l’ecosocialisme organisées par le Parti de Gauche le 1er décembre

Nous, élus du Parti de Gauche, sommes porteurs du projet écosocialiste du Parti de Gauche. Parce qu’il bouscule les traditions de gauche, et parce qu’il fait la synthèse du meilleur de cet héritage, l’écosocialisme apporte des réponses globales aux défis écologiques, mais aussi industriels, économiques et démocratique auxquels nous confronte le capitalisme.

La sauvegarde de l’écosystème indispensable à la vie humaine est incompatible avec la logique expansive et mortifère du système productiviste. Il est urgent d’opposer au capitalisme un projet de société basé sur la répartition des richesses, la planification écologique, la refondation républicaine et laïque de l’Etat.

Seule une gauche qui ne se résigne pas, qui replace au premier plan l’intérêt général humain et la notion de bien commun, dont le projet écologique oblige à remettre en cause la logique de marchandisation, la brevetabilité du vivant et le pillage des ressources naturelles, est capable de rassembler sur un projet de société radicalement différent et qui se soustrait aux pressions des intérêts dominants.

L’écosocialisme propose ce nouveau modèle d’émancipation au service de l’humain, au service du bien-vivre, parce qu’il s’enracine dans le long terme, incompatible avec le court terme des appétits capitalistes. Tout cela nous devons le porter dans nos pratiques militantes et d’élus. Nous devons nous impliquer dans le développement d’alternatives, de radicalités concrètes qui laissent entrevoir cet autre monde.

C’est dans la vocation de la Gauche par l’Exemple que de donner des preuves dans nos responsabilités locales qu’il est possible d’organiser la bifurcation, en interrogeant nos besoins et en réorientant production, échange et consommation en vertu de leur utilité sociale et écologique .

Nous devons imaginer un autre mode «d’habiter», ce qui implique une autre organisation spatiale urbaine et rurale, incluse dans le cadre du temps long auquel nous aspirons : ralentissons la ville ! Les temps de trajet entre domicile et travail, le temps que l’on consacre à la consommation, le temps passé à gagner sa vie pour ceux qui ont encore un emploi, tout ce temps aliénant réduit de manière dramatique le temps de l’émancipation, celui de la culture et de la vie sociale…bref de l’implication citoyenne hors de la domination consumériste.

L’urbanisme est le premier outil de planification pour stopper l’étalement urbain, destructeur de terres agricoles et naturelles, en réorganisant les agglomérations (villes et villages) de façon à réduire les temps de déplacements entre les différentes fonctions de la ville : le développement économique pour créer des emplois qui profiteront aux habitants ; l’habitat pour assumer et réaliser la mixité sociale notamment en respectant l’obligation des 20% de logements sociaux ; des services publics pour permettre l’accès aux biens communs ; l’accès à la culture, aux sports et aux loisirs ; des espaces de nature préservés. Cela suppose une nouvelle architecture des transports en commun, leur massification ainsi que la gratuité de ces déplacements pour inciter à ne plus utiliser sa voiture. Nous pouvons nous donner un objectif : pas plus de 15 min à pied, en vélo ou en transport en commun entre chaque fonction. Densifier l’agglomération c’est se doter d’outils pour maîtriser le foncier, pour affecter les espaces au mieux de leurs caractéristiques aux diverses fonctions humaines et ne pas laisser s’organiser la spéculation des marchands de biens.

Densifier l’agglomération c’est lutter contre l’étalement urbain, et permettre, à la ville comme à la campagne, de protéger la biodiversité, de développer les circuits courts et l’autonomie alimentaire en favorisant une agriculture locale paysanne et vivrière, y compris dans le cadre d’une association ou d’une régie publique de production agricole.

Densifier l’agglomération, c’est aussi organiser le retour de la nature en ville, préserver la biodiversité en revenant à des pratiques horticoles manuelles, abandonner les produits chimiques sur l’espace public, adopter le fauchage tardif et la gestion différenciée selon les usages, mener des actions de désobéissances, comme relayer les campagnes de l’association Kokopelli pour préserver le droit de semer librement des semences potagères et céréalières, de variétés anciennes ou modernes, libres de droits et reproductibles....

C’est ainsi que nous, citoyens du jardin planétaire, «concourrons au brassage planétaire», selon les termes de Gilles Clément.

Densifier l’agglomération c’est aussi déployer le service public, et des équipements publics de proximité : des crèches, y compris pour les salariés en horaires atypiques, un cinéma art et essai en régie publique, des médiathèques gratuites…

Nous devons organiser l’appropriation collective des services publics et des biens communs essentiels à l’intérêt général en les retirant de la main des marchands, et en associant les citoyens à la prise de décisions. Les enjeux sont aussi ceux d’un aménagement équilibré du territoire qui permette le bien vivre aussi bien à la ville qu’à la campagne.

Nous devons organiser la prise de conscience des citoyens mais aussi des élus que la régie publique coûte moins cher, que ce soit en matière d’eau, de chauffage urbain ou de transport collectif, qu’elle est plus transparente et plus économe en ressources naturelles et qu’en maîtrisant ces filières, nous pouvons organiser une politique de gestion publique plus juste et plus écologique, y compris en définissant un niveau de gratuité pour l’indispensable à la vie.

Ainsi, à l’heure où les contrats de délégations arrivent à terme, nous avons engagé ce travail dans nos campagnes de retours en régie publique de l’eau. Il nous faut mettre à disposition l’expertise de nos élus, pour mettre en place des régies publiques qui impliquent les citoyens, pour construire une tarification qui permette la gratuité des 15 m3 par an et par personne au foyer, et la progressivité pour lutter contre les mésusages. Parce que « l’eau n’est d’aucune manière une marchandise mais l’égal de l’air et du rayon de soleil « selon les termes de Danielle Mitterrand nous réclamons que son accès soit gratuit pour les familles et coûteux pour son usage commercial et professionnel. Il faut remettre en cause les captages gratuits pour les entreprises qui font du bénéfice avec une ressource gratuite dans la nature.

D’autres filières doivent nous permettre de faire cette démonstration, ainsi des expériences de régies publiques de chauffage urbain se mettent en place avec la géothermie. Cette dernière va faire baisser la facture de chauffage des usagers, et va permettre de maîtriser les réseaux pour moins de déperdition de chaleur et donc moins de gaz à effet de serre, par rapport à la gestion des grosses entreprises. Là aussi la gratuité des premiers KW peut s’appliquer.

Dans certains départements des syndicats publics de traitement et valorisation des déchets ménagers ont supplanté la gestion privée des mêmes grandes multinationales, moins chers pour l’usager, plus écologiques et qui se sont dotés de la technicité nécessaire.

Un autre champ dans lequel nous devons organiser la déprivatisation c’est celui de la restauration collective, parce que l’assiette concentre toutes les problématiques sociales et écologiques que nous défendons : approvisionnement dans les filières locales biologiques, lutte contre la malbouffe, démarche pédagogique et participative avec les familles…

Ainsi l’accès à ces biens communs dans le cadre du service public est indissociable de la réflexion sur la gratuité. Gratuité des transports comme alternative au tout-voiture, gratuité des mètres cubes d’eau indispensables à la vie, gratuité de la restauration scolaire, des services funéraires, des équipements culturels… chaque bout de gratuité pose la question des usages et la définition de nos besoins mais aussi sur la redistribution des richesses par le service public.

L’économie sociale et solidaire représente une alternative pour relancer l’activité en sortant du mythe de la croissance économique à n’importe quel prix. Elle interroge sur l’utilité sociale de la production, son impact environnemental, et la démocratie sociale, c’est-à-dire la manière dont sont organisées les prises de décision dans l’entreprise et la société. En effet, l’économie sociale et solidaire, l’ESS, développe une autre logique, dans sa manière de produire, par la finalité de sa production et par l’organisation de la démocratie au sein de l’entreprise, par l’échelle des salaires dont les écarts sont limités de 1 à 5.

Les acteurs de l’ESS sont au service d’une économie plus durable, parce qu’au service des besoins et non pas à la merci des cours de la Bourse, ou d’objectifs de rendement, d’intéressement ou de dividendes pour enrichir des actionnaires. Alors finançons les acteurs ! Faisons les venir dans les bassins de vie dont nous avons la responsabilité, comme l’essaimage de la Coopérative d’Activités et d’Emplois afin de développer une alternative à l’auto-entreprenariat en permettant au travailleur d’être son propre «patron» tout en lui offrant un parcours sécurisé en étant salarié d’une entreprise collective.

Créons des ressourceries-recycleries et autres FABLABS pour sortir du gaspillage, de la société du tout-jetable, de l’obsolescence programmée et instaurons le droit à réparer et recycler, et réduire nos déchets. Développons les expériences permettant la reconnaissance du droit de chiner et du droit à la biffe, tels que les marchés du recyclage, les carrés des biffins, alternatives à la répression et chasse aux pauvres à l’encontre des travailleurs du recyclage.

L’ESS comme nouveau mode de développement participe directement de la relocalisation de l’économie que nous défendons.

Pour aller encore plus loin, c’est cette logique de relocalisation qui doit nous inciter à être les acteurs de la mise en place d’une Monnaie complémentaire dans nos communes. C’est un outil symbolique pour favoriser les échanges entre acteurs économiques locaux, renforcer l’esprit de coopération, et de solidarité et fidéliser une consommation locale.

Dès que nous le pouvons, nous devons agir sur le ressort du productivisme : le consumérisme alimenté par la publicité générant des besoins toujours nouveaux. Nous pouvons agir dans nos règlements de publicité pour, à défaut de l’interdire complètement, la limiter et la cantonner sur certains axes de l’espace public et pour l’activité locale. Nous pouvons refuser de donner des marchés de publicité à des grands groupes en échange de vélos, de panneaux d’affichage ou d’abris-bus, et faire autrement dans le cadre du service public.

Nous devons défendre l’instauration d’une réglementation nationale de la puissance des ondes électromagnétiques par l’adoption d’une loi qui limite efficacement leur puissance à 0,6 volt/ mètre, dans un intérêt de santé publique.

Les chartes élaborées par les municipalités n’ont aucune valeur juridique. Nous demandons la création d’un réseau unique de câblage en fibre optique sur l’ensemble du territoire, comme un réseau unique d’antennes. Le maillage en fibre optique total sur le territoire est atteignable, il permettrait, moyennement branchements, de pouvoir bénéficier avec connexions prises de l’accès au haut débit tout en appliquant le principe de précaution sur les ondes. Ce principe de précaution vaut bien mieux que la course à la connexion partout et tout le temps. Ne sacrifions pas la santé publique au profit des lobbies puissant des opérateurs de la téléphonie mobile, liés aux grands groupes de multinationales. Pour inverser les rapports de force, impulsons un grand débat démocratique.

Tout est question de choix politiques. Donc de priorité. Cette ambition a pour condition l’éducation populaire. Les élus, parce qu’ils sont militants, contribuent à la prise de conscience des enjeux par les citoyens de façon à s’approprier les ambitions collectives et prendre à bras-le-corps les contradictions pour les résoudre. Seule l’implication populaire peut répondre à cette exigence de débat et de confrontation, dans la proximité. Notre conception de l’élu est aux antipodes de la culture dominante qui réclame des élus gestionnaires, à l’hyper technicité, et retranchés dans leur tour d’ivoire. Notre première tâche est de nous rendre disponibles pour le débat citoyen, qui précède et conditionne l’émancipation et l’adhésion à un projet de société.

La tâche va être rude, dans un contexte d’austérité, où tout va être organisé pour contracter les dépenses publiques, y compris les finances locales. Dès lors, nous ne devons pas nous laisser contaminer par une gestion comptable de nos budgets ou nous laisser emprisonner dans des débats budgétaires seulement soucieux de préserver l’équilibre fabriqué par les agences de notation. Présentons des contre-budgets dans lesquels nous déployons nos radicalités concrètes. Chiffrons-les, et apparaissons comme des élus, partisans de la sobriété, et intransigeants quand il s’agit du bien-vivre des citoyens.

La Gauche par l'Exemple

Les Assises pour l’écosocialisme du Parti de gauche se tiennent le 1er décembre à partir de 9 heures, à l’Espace Reuilly, 21, rue Hénard, 75012 Paris.

dimanche 16 janvier 2011

Campagne cantonale à Saint-Denis : ça l'affiche mal !

Affiches placardées n'importe où : sur les façades des commerces, sur les murs des immeubles, sur les abris de bus, sur les cabines téléphoniques et les panneaux d'affichage municipal… voilà comment a commencé la campagne de Fatima Laronde soutenue par Europe Ecologie et le Parti Socialiste pour les élections cantonales de mars 2011. Cette pollution visuelle massive montre que cette candidate n’a de vert que l'étiquette… et affiche le mépris qu’elle porte aux habitants, commerçants et usagers des services publics.

Deux Dionysiens qui rentraient chez eux au milieu de la nuit de samedi 15 à dimanche 16 janvier ont surpris, rue Ernest Renan, les auteurs de ce désastre. Ils leur demandent de respecter la ville et ses habitants. Un premier colleur, armé de son balai, hurle : « Tu crois que je travaille pour rien ! » Un deuxième colleur descend de la voiture puis un troisième et un quatrième. Ils se mettent à crier. La pollution sonore ne semble pas déranger non plus les fidèles de Fatima Laronde.

Bien plus grave, les colleurs de l'alliance PS-Europe Ecologie, au nombre de quatre, en viennent aux menaces verbales puis aux intimidations physiques.

Est-ce parce que ces deux citoyens ont été reconnus comme militants du Parti de Gauche que les partisans de Fatima Laronde ont fait preuve d’autant de violence ? Ces pratiques sont de toute façon inadmissibles : elles démontrent l’absence de valeurs républicaines portées par Fatima Laronde dans sa campagne.

Parce que tout n’est pas permis, le comité local du Parti de Gauche interpelle les responsables locaux et départementaux d'Europe Écologie et du Parti Socialiste et exige des excuses à l’ensemble de la population du canton de Saint-Denis Nord-Ouest en général et à ces deux habitants en particulier.

Fatima Laronde
Fatima Laronde :     vive le développement durable
Fatima Laronde : Etre candidat ne permet     pas tout
Fatima Laronde : Si t'étais     écolo, tu collerais pas salement ! PS     Saint-Denis : Collage crado ! Respectez Saint-Denis !

mercredi 3 février 2010

Désaturation de la ligne 13 ?

Le Stif (Syndicat des transports d'Ile-de-France) a lancé une concertation publique sous l'intitulé : « Désaturation de la ligne 13 par le prolongement de la ligne 14 ». Ce mercredi soir, les Dionysiens étaient invités salle des mariages de l'Hôtel de Ville pour débattre avec les promoteurs de ce projet. Une centaine de personnes avaient fait le déplacement : élus, syndicalistes, associatifs, habitants et salariés du territoire.

Plus qu'une concertation il s'agissait de promouvoir la seule « solution » retenue par le Stif, la Région, l'Etat et les conseil généraux des Hauts-de-Seine et de Seine Saint-Denis.

Au cours de la présentation de la prolongation de la ligne 14 il nous a été annoncé une diminution de la saturation de la ligne 13 de 25%. C'est bien. Mais comme j'ai pu le faire remarquer, avec une ligne 13 exploitée à 110 ou 120 %, à terme on garderait une ligne saturée. En outre, on sait que l'amélioration de l'offre de transport conduit à une plus forte utilisation. Enfin, entre l'urbanisation de la Porte de Paris, la densification du centre ville au terme du programme national de requalification des quartiers anciens dégradés, l'arrivée des archives nationales aux Tartres, la prolongation du T1, la mise en service des T5 et T8... ce qui nous est présenté comme LA solution n'est qu'un cautère sur une jambe de bois.

Le projet est déconnecté du développement du territoire. Déconnecté de la réalité tout court : penser que -25 % dans dix ans est satisfaisant démontre le peu de cas qui est fait des usagers de la ligne 13. De même que présenter le débranchement de la ligne 13 comme impossible au regard des coûts et des durées des travaux, sans dire que la désaturation serait de -50% prouve que le débat est biaisé.

Loin de moi l'idée d'opposer les projets. Le prolongement de la ligne 14 jusqu'à Saint-Ouen est utile à une partie de ce territoire. Cependant il ne règlera pas à lui seul la situation de crise que connaît depuis trop longtemps la ligne 13. Cette dernière doit enfin être dédoublée et débranchée. Le T8 (aussi connu sous le nom de Tram'Y) doit être prolongé de la Porte de Paris jusqu'à la gare Evangile d'Eole via le RER B Stade-de-France, la station Front-populaire de la ligne 4 et le T3 à la Porte d'Aubervilliers. Il n'y a que ce maillage de transports qui permettra de répondre de façon pérenne aux besoins des habitants et salariés du territoire... sans injurier l'avenir et pourquoi pas prolonger la ligne 13 jusqu'à Stains.

D'ici à là reste le quotidien des usagers de la ligne 13 que les portes palières n'améliorera pas. A quand des quais élargis ? Qu'attend la RATP pour accélérer la cadence des métros aux heures dites « creuses » comme le dimanche où les rames se succèdent au rythme effréné d'une toutes les 12 minutes ? Et l'accessibilité des stations aux personnes à mobilité réduite et aux poussettes ?

Un peu plus de respect s'il vous plaît !

mercredi 24 juin 2009

Velcom à Saint-Denis

Ça y est, c’est parti ! Les Velcom circulent à Aubervilliers, Saint-Denis, La Courneuve et l’Ile-Saint-Denis. Je les trouve beau et surtout plus légers que leurs homologues parisiens.

VelcomCe 24 juin, à 18h, c’est sous un soleil lui aussi au rendez-vous que Velcom a été inauguré avec à la clé une ballade à vélo. Elus et habitants avons ainsi pu nous promener du square De Geyter à la médiathèque du centre ville en passant par la gare.

J'ai aujourd'hui encore insisté auprès de Cécile Ranguin, adjointe déléguée au développement durable, aux modes de déplacements et à la gestion de l'eau, pour que le plan d'aménagement de pistes cyclables renforce ce dispositif de vélo en libre service. Je lui ai notamment demandé de porter une attention toute particulière à la Porte de Paris. En effet si l'aménagement de cet espace va, à terme, permettre un franchissement aisé de La Plaine au centre ville, la configuration actuelle de cet espace n'est pas propice au cyclistes. De même je l'ai incitée à m'accompagner dans mes démarches pour que la passerelle au dessus du canal soit accessible aux vélos... et aux poussettes.

Mais sans attendre, je vais m'abonner.

mercredi 1 avril 2009

Attentat (à la liberté) au Jardin des plantes

Non il ne s'agit pas d'un poisson d'avril. J'apprends par le blog "Six pieds sur Terre" de mon amie Laure Nouhalat que Claude-Marie Vadrot, journaliste et prof à Paris 8, a été empêché de faire cours au Jardin des plantes.

Il faut reconnaître :
- qu'il s'agissait d'un cours "hors sol", comme celui dont je faisait état dans mon post du 6 mars, en signe de protestation contre les réformes de Valérie Pécresse ;
- que Claude-Marie Vardrot est un dangereux agitateur (militant politique et auteur de "Guerres et environnement", "L'Horreur écologique", "Enquête sur la biodiversité"... et surtout "La Grande Surveillance - Caméras, ADN, portables, internet...")
- que les sujets du cours de ce subversif notoire sont aussi controversés que la biodiversité et l'origine de la protection des espèces et des espaces naturels...

Voici le témoignage ébouriffant de Claude-Marie Vadrot publié sur son blog "L'horeur écologique" :

Au jardin des Plantes il est désormais interdit de penser et de parler: histoire d'un cours interdit
MARDI 31 mars

Je suis inquiet, très, très inquiet...

Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l’Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l’Education Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j’ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l’origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j’enseigne depuis 20 ans), dans l’espace du Jardin des Plantes (Muséum National d’Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce « cours hors les murs », de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d’être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.

Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j’ai eu la surprise de me voir interpeller dés l’entrée franchie par le chef du service de sécurité tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...
- « Monsieur Vadrot ? ».
- euh...oui
- Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes vous est interdit
- Pourquoi ?
- Je n’ai pas à vous donner d’explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum
- Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un cours en plein air, sans la moindre pancarte...
- C’est non....

Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l’entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l’entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l’histoire du Muséum, l’histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m’interdisent à nouveau l’entrée.

Evidemment, je finis pas le fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D’abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commencer à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D’autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs et Alain Bué, insistent et menacent d’un scandale.

Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j’ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique :
- Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants...
Je promets et évidemment ne tiendrais pas cette promesse, tant le propos est absurde.

J’entre donc avec l’horrible certitude que, d’ordre du directeur et probablement du ministère de l’Education Nationale, je viens de faire l’objet d’une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France. Je n’ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d’un glissement angoissant de notre société. Rétrospectivement, j’ai eu peur, très peur...

Peines planchers, pénalisation de l'aide aux sans-papiers, suppression du juge d'instruction, augmentation des placements en garde à vue, multiplication et interconnexion des fichiers (Edvige, Cristina ou Eloi), pressions sur la presse et les médias, confirmation de la condamnation d'Hervé Eon (le militant du Parti de Gauche qui avait brandi une pancarte "Casse-toi pov' con" près de Nicolas Sarkozy... de répressif le gouvernement vire à l'oppressif !

En cette période de crise, nous devons nous inquiéter de cette dérive qui rappelle trop celle que l'Europe a connu il y a quelque 75 ans.

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