Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - droits de l homme

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 29 janvier 2016

Le PS ouvre la porte constitutionnelle à un régime autoritaire anti-démocratique

Alors que l’idée originelle du gouvernement était d’étendre la déchéance de nationalité aux binationaux nés Français et condamnés pour terrorisme, le premier ministre a proposé mercredi une nouvelle formule de l'article 2 du projet de loi constitutionnelle : « La loi fixe les conditions dans lesquelles une personne peut être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu’elle est condamnée pour un crime ou un délit qui constitue une atteinte grave à la vie de la nation. »

Le gouvernement et ses soutiens du PS (au premier titre desquels Bruno Le Roux) prétendent qu'ainsi les binationaux ne sont plus les seuls concernés. Or si la référence à la binationalité a été gommée dans le texte, dans les faits, ceux qui seront affectés par les peines de déchéance seront uniquement les multinationaux, puisque les autres seront protégés par les engagements internationaux liant la France à ne faire aucun apatride.

Plus grave encore, au travers de cette nouvelle rédaction le gouvernement PS introduit deux éléments éminemment dangereux. Le premier est d'étendre la déchéance de la nationalité aux délits. Il s'agit de faits moins graves que le crime, qui sont jugées par le tribunal correctionnel et concernent généralement les délinquances physiques ou qui peuvent porter atteinte à la personne ou encore aux biens : non-assistance à personne en danger, vol, escroqueries, le harcèlement moral, etc. Le second point de danger accru apporté par cette nouvelle rédaction est de laisser le soin à la simple loi le soin de préciser les crimes et délits pouvant conduire à la déchéance de nationalité. Alors que la Constitution est censée protéger la République d'une dérive autoritaire anti-démocratique, la modification proposée par le gouvernement PS ouvre la porte à tous les abus.

On se souvient, qu'il n'y a pas si longtemps un gouvernement prétendument républicain prévoyait d’inclure le délit d’aide au séjour irrégulier dans la liste des délits qui, lorsqu’ils ont pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur, sont susceptibles d’entrer dans le champ des actes de terrorisme (art. 421-1 du code pénal). Alors imaginons le pain béni que serait cette réforme constitutionnelle PS pour un gouvernement FN... ou juste sarkoziste.

Contre la déchéance de nationalité. Contre l'état d'urgence permanent : Rencontre-débat Vendredi 5 février 2016 à 19h30 Ecole Jean-Vilar 17-19, rue des Boucheries Saint-Denis

A l'appel de : Union locale CGT, Union locale Sud-Solidaires, SNUIPP-FSU, Sud-Education, Sud CT Mairie de St-Denis, EVTC, le comité dionysien du Mouvement de la paix, le MRAP, La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) de Plaine Commune, Droit au Logement (DAL), la Coordination 93 des sans papiers, la Coordination des foyers des travailleurs migrants de Plaine Commune, le comité dionysien de Femmes Solidaires, Plaine de femmes, Les Bonnets d’âne, Sciences POP, AFPS, CPPI St-Denis, Alternative Libertaire, Ensemble!, le NPA, le PCF, le PG, EELV, groupe Henry Poulaille de la F.A...

jeudi 28 janvier 2016

La constitutionnalisation de l'état d'urgence n'est pas un problème pour Hanotin

Le député de la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis n'avait pas voulu se prononcer publiquement sur la constitutionnalisation de l'état d'urgence jusqu'ici malgré différentes interpellations. Mais enfin, au détour d'une triplette de tweets (reproduits ci-dessous) il dévoile en creux sa position quant à cette question : ce n'est pas un problème qui ferait peser un danger sérieux sur nos libertés démocratiques, individuelles, sociales et politiques. Si la question de la déchéance de nationalité est évacuée il vote pour l'état d'urgence permanent.

decheanceHanotin.jpg

Le député s'était déclaré "Charlie" en janvier dernier, mais probablement est-il trop inexpérimenté pour savoir ce que voulait dire se revendiquer de Choron, Wolinski, Defeil de Ton ou autre Willem. La liberté d’information, d’expression, de manifestation et de réunion ne peut être bradée à aucun prix.

La gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels, n'émeut pas notre député, quand bien même elle serait l'apanage de l'extrême droite. Que des militants de la cause écologique soient assignés à résidence, que des manifestations pacifistes soient interdites, que des militants politiques, associatifs et syndicalistes soient arrêtés et que les contrôles au faciès se multiplient ne troublent pas le sommeil de notre Haroun El Poussah local, sourd et aveugle aux méfaits de Manuel Iznogoud Valls.

mercredi 20 janvier 2016

Appel unitaire dionysien contre le projet de réforme constitutionnelle

Sur la base d'un texte que j'ai produit, de très nombreux syndicats, associations, collectifs et partis politiques ont signé un appel dionysien contre le projet de réforme constitutionnelle :

STOP à l'état d'urgence
Non au projet de déchéance de la nationalité

Après les attentats barbares de Paris et Saint-Denis que nous condamnons, F. Hollande et le gouvernement Valls veulent inscrire l'état d'urgence dans la Constitution. Sous couvert de combattre «le terrorisme», en entretenant un état de guerre permanent, l’état d’urgence fait peser un danger sérieux sur nos libertés démocratiques, individuelles, sociales et politiques et sur la démocratie.

Vouloir priver de leur nationalité jusqu'aux personnes nées françaises, c'est s'engager dans la voie d'une nationalité à deux vitesses. Tous les français sont égaux devant la loi quelle que soit leur origine. Le silence du président de la République, lors de la réunion du Parlement, sur l'indispensable engagement de l'Etat en faveur de l'égalité des droits, de la justice sociale, sur le développement des services publics, contre toutes les discriminations et contre toutes les manifestations de racisme accroît dramatiquement le sentiment d'exclusion que vit toute une partie de nos concitoyens, notamment à Saint-Denis. Il favorise la stigmatisation croissante mettant en péril notre volonté de vivre ensemble.

Nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à rester solidaires et fraternels. Nous appelons à la défense des libertés car nous ferons prévaloir en toutes circonstances notre liberté d'information, d'expression, de manifestation et de réunion. Nous exercerons une vigilance permanente afin que nos droits et libertés soient préservés et que nul ne soit victime de discriminations.

Non au projet de déchéance de la nationalité, non à une démocratie sous état d'urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l'effroi légitime suscité par les attentats. Nous n'acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n'offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels. Ainsi, des militants de la cause écologique sont assignés à résidence, des manifestations pacifistes sont interdites, des militants politiques, associatifs et syndicalistes sont arrêtés, les contrôles au faciès se multiplient. Nous demandons le retrait des poursuites contre les militants des mouvements sociaux et la levée immédiate de l’état d’urgence.

Notre rejet de cette révision constitutionnelle est absolu. Nous appelons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la France à le manifester.

Nous appelons les parlementaires à refuser en conscience cette insupportable atteinte aux principes d'égalité et de fraternité.

Manifestation, samedi 30 janvier2016 à 14H30 – Place de la République
RDV pour un départ collectif à Saint-Denis, 13H devant la Mairie

Signataires : Union locale CGT, Union locale Sud-Solidaires, SNUIPP-FSU, Sud-Education, Sud CT Mairie de St-Denis, EVTC, le comité dionysien du Mouvement de la paix, le MRAP, La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) de Plaine Commune, Droit au Logement (DAL), la Coordination 93 des sans papiers, la Coordination des foyers des travailleurs migrants de Plaine Commune, le comité dionysien de Femmes Solidaires, Plaine de femmes, Les Bonnets d’âne, Sciences Populaires Saint-Denis, AFPS, CPPI St Denis, Alternative Libertaire, Ensemble !, le NPA, le PCF, le PG, EELV, groupe Henry Poulaille de la F.A....

Pour signer la pétition contre le projet de réforme du gouvernement : http://www.nousnecederonspas.org/

mardi 12 janvier 2016

Le PG contre la déchéance de nationalité et l'escalade sécuritaire

decheancenationalitepetit.jpg

lundi 30 novembre 2015

C'était hier

« Ces lois d’exception sont des armes terriblement dangereuses. On les bâcle sous prétexte d’atteindre une catégorie d’hommes spécialement en butte à la haine ou la terreur du public. On commence par les leur appliquer et c’est déjà un scandale et une honte qui devraient faire frémir d’indignation tous les cœurs bien placés. Puis on glisse sur une pente presque irrésistible. Il est si commode, d’interprétation en assimilation, par d’insensibles degrés, d’étendre les termes d’une définition élastique à tout ce qui déplaît, a tout ce qui, à un moment donné, pourrait effrayer le public. Or qui peut s’assurer d’échapper à cet accident ? Hier, c’était les anarchistes. Les socialistes révolutionnaires ont été indirectement visés. Puis c’est le tour aujourd’hui de ces intrépides champions de la justice, qui ont le tort inexcusable de n’ajouter pas une foi aveugle à l’infaillibilité des conseils de guerre. Qui sait si demain les simples républicains ne tomberont pas eux aussi sous le coup de ces lois ? »

Les lignes qui précèdent sont de Francis de Pressensé, président de la Ligue des droits de l’homme. Un réquisitoire contre les lois qu'il avait surnommées « lois scélérates » publié dans la Revue blanche en 1889,

Dans le même numéro, un « juriste » (il signait ainsi) écrivait : « Tout le monde avoue que de telles lois n’auraient jamais dû être nos lois, les lois d’une nation républicaine, d’une nation civilisée, d’une nation probe. Elles suent la tyrannie, la barbarie et le mensonge. Tout le monde le sait, tout le monde le reconnaît ; ceux qui l’ont votée l’avouaient eux-mêmes. Combien de temps vont-elles rester encore dans nos Codes ? »

Ce « juriste » c’était Léon Blum. Et la réponse à sa question, Mathilde Larrère la donne dans son excellent papier dans Politis : « On a aboli les lois scélérates de 1894 en... 1992. Mais pour en voter de nouvelles en 2014-2015… »

Amis de gauche, rien ne vaut un peu de recul historique.

- page 2 de 5 -