Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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samedi 18 octobre 2014

Mathieu Hanotin souhaite priver les collégiens de cantine en cas d'impayés

Dans une circulaire datée du 8 octobre dernier, le Conseil général de Seine-Saint-Denis recommande aux chefs d'établissements des collèges du département de ne plus accepter dans les cantines, les enfants dont les familles auraient des dettes envers la restauration scolaire.

Par cette chasse aux impayés, dont les premières victimes seront les élèves, Mathieu Hanotin, vice-président chargé de de l'éducation et de la jeunesse, via son directeur administratif, entend permettre à la collectivité de maintenir "des tarifs accessibles aux familles les moins favorisées". Une démarche d'autant plus inacceptable qu'il y a deux ans à peine, 40% des familles ont subi une hausse de 23% à 100% des tarifs de 1/2 pension, soit entre 70 et 330 € par an et par collégien. Probablement que comme en 2012 et comme sur les PPP auxquels il a recouru pour la construction des nouveaux collèges, Mathieu Hanotin parlera de "posture politicienne"... pour éviter tout débat de fond qui démontrerait qu'il mène une politique de droite.

S'attaquer aux plus démunis afin de financer une politique sensée leur être destinée est en effet indigne de quelqu'un se revendiquant de gauche. Alors que la précarité et le chômage contraignent, dans notre département plus qu'ailleurs, un grand nombre de foyers à accumuler les loyers et factures d'énergie impayés, il est du ressort des pouvoirs publics de les soutenir et non de les accabler encore et encore. Le repas du midi est trop souvent le seul repas complet des enfants de notre département. Ceux-là mêmes dont les familles éprouvent des difficultés à payer la 1/2 pension, Les priver de manger c'est tout simplement les affamer. Et c'est honteux !

jeudi 13 février 2014

Collège Degeyter contre l'austérité

Le conseil d'administration du collège Pierre Degeyter a rejeté à l'unanimité (exception faite de l'administration) la proposition de répartition des heures d'enseignement pour la prochaine année scolaire.

Pour la 4e année consécutive le nombre d'heures d'enseignement rapporté au nombre d'élèves est en baisse. Depuis l'an dernier la dotation de l'atelier relais, qui accueille des jeunes en décrochage, est amputée de 4 heures de cours par semaine.

Cette année la dotation horaire globale n'est pas suffisante pour faire fonctionner les classes bilangues comme par le passé : il faudrait réduire la voilure. Quant au travail par demi-classe il n'est possible que pour une classe de chaque niveau (donc 4 classes sur 23) en SVT ; une classe de 5e et une de 4e en physique ; et 0 classe en technologie.

Le CA a donc voté à l'unanimité (excepté l'administration) la motion suivante présentée par les délégués du personnel et des parents d’élèves :

"La réforme de l’éducation prioritaire, annoncée en grande pompe en janvier, se traduit par la suspension de près de 1100 heures qui ne sont pas encore distribuées aux établissement de l’éducation prioritaire, entraînant des suppressions de postes massives à la rentrée prochaine.

"Nous soutenons, par la présente motion, la mobilisation des collèges du secteur fortement touchés par cette réforme.

"Dans une académie comme la notre, où la faiblesse du pouvoir d’achat et des conditions de travail difficiles se conjuguent plus qu’ailleurs, la situation est particulièrement sensible. Jamais l’Académie de Créteil n’a autant manqué de professeurs. Cette année, tous les enseignants titulaires remplaçants ont été affectés dès la rentrée dans la plupart des disciplines, engendrant d’importants problèmes de remplacement au cours de l’année, notre collège ayant subi les conséquences de cette réforme cette année.

"Au regard des moyens proposés pour la rentrée 2014 dans les collèges du département, notre inquiétude est d’autant plus justifiée. Le manque d’ambition du projet de réforme de l’éducation prioritaire et la pauvreté des moyens qui y sont consacrés en est désespérant pour les personnels, les parents et les élèves.

"En ce qui concerne notre collège, nous proposons un certain nombre de dispositifs pédagogiques depuis maintenant quelques années afin de le rendre plus attractif et de faire reculer le taux d’évitement du collège au profit notamment du privé et des établissements parisiens.

"Ainsi les élèves ont la possibilité de suivre un enseignement en latin dès la 5ème et peuvent aussi disposer de sections bi-langues en espagnol et en arabe ainsi que d’une section sportive football dès la 6ème. Ces enseignements ont effectivement permis de faire chuter le taux d’évitement du collège, d’attirer au sein du collège des populations de CSP + et de permette une mixité sociale au sein de notre établissement classé zone sensible.

"Or la plupart des enseignements ne sont pas financés par l’institution : nous n’avons aucune heure spécifique pour financer les heures de latin (8 heures de besoins) ainsi que les sections bi-langues, et la section sportive n’est financée qu’à hauteur de 2 heures sur les 8 heures nécessaires.

"Nous sommes obligés de prendre ces heures sur notre Dotation horaire globale au détriment des autres matières et notamment du français et des mathématiques et de dispositifs spécifiques destinés aux élèves les plus en difficulté, fort nombreux dans notre collège.

"Avec la Dotation horaire globale actuelle qui nous est proposée, il n’est plus possible de financer intégralement ces choix pédagogiques et ne permet pas non plus de renforcer les deux enseignements primordiaux que sont le français et les mathématiques.

"Avec la Dotation horaire globale actuelle, nous mettons en péril les sections bi-langues et le choix clair que nous avions fait, parents comme professeurs, de rendre le collège plus attractif. Il n’est pas question de revenir sur ces choix, ni de fragiliser ces enseignements. Avec la Dotation horaire globale actuelle, vous nous demandez de gérer la pénurie et de fragiliser nos sections porteuses.

"C’est pourquoi nous ne pouvons nous contenter des moyens qui nous sont alloués pour la rentrée 2014 dans le département comme au sein de notre collège.

"Et nous exigeons, au-delà des moyens actuels, des moyens supplémentaires pour pérenniser nos classes bi-langues ainsi que davantage de dédoublements en lettres, mathématiques et sciences."

Elle sera remise demain à Directeur académique adjoint, monsieur Denis Waleckx

jeudi 6 février 2014

La réforme des ZEP est une véritable imposture

A Saint-Denis, tous les collèges sont classés en Zone d'éducation prioritaire (ZEP), mais, malgré l'annonce du président de la République, le 15 janvier, promettant des "mesures d'une ampleur inédite", les moyens sont en réduction alors que les effectifs élèves sont à la hausse.

La "refondation" des ZEP promise par le ministre de l'Education,Vincent Peillon, est à l'exact opposé des annonces médiatiques. Ainsi Iqbal Masih perd 165 heures d'enseignement. Fabien 87,5 heures, La Courtille 30, Henri Barbusse 26... En clair cela signifie plus d'élèves par classe, des enseignements -notamment en langues et en EPS- sont menacés, fin du travail en demi-classe pourtant indispensable en sciences et un plus grand nombre d'enseignants devront travailler sur différents collèges... sans parler des remplacements qui seront encore plus aléatoires qu'ils ne le sont aujourd'hui.

Les enseignants des collèges étaient donc en grève aujourd'hui. Nous les avons accueillis devant la mairie à 14 heures, lieu de rassemblement pour leur départ en cortège vers l'inspection d'académie à Bobigny avant une assemblée générale intersyndicale départementale. Hier déjà, le Maire, Didier Paillard, avait écrit au ministre de l'Education nationale pour réclamer des moyens à la hauteur de l'égalité républicaine à laquelle les Dionysiens ont droit.

Pour l'égalité de tous devant l'éducation il faut un plan de rattrapage pour la Seine-Saint-Denis. Pour l'égalité de fait en matière de réussite scolaire, il faut encore plus de moyens et d'inventivité pour les collèges ZEP. Nous faisons ainsi nôtres les revendications de la communauté éducative.

Lettre de Didier Paillard au ministre de l'Education nationale

mercredi 2 octobre 2013

L'Etat et le conseil général se paient les familles en difficulté du collège Degeyter

Sur le site du ministère de l'Education nationale on peut lire que le fonds social collégien et le fonds social pour les cantines sont destinés "à faire face rapidement à des situations difficiles que peuvent connaître des familles de collégiens pour assumer les dépenses de scolarité et de vie scolaire. Cette aide exceptionnelle peut prendre la forme d'une aide financière directe ou de prestations en nature (frais de demi-pension ou d'internat, fournitures diverses, etc.)".

Avec 705 euros pour quelque 570 élèves, le collège Pierre-Degeyter, pourtant classé“Réseaux de Réussite Scolaire” en Zone d'éducation prioritaire, est, pour la deuxième année consécutive, oublié. Ce collège est pourtant situé au coeur d'un quartier où le revenu médian par unité de consommation est inférieur à 11.600 euros par an et alors que le Conseil général sous l'impulsion de son vice-président chargé de l'éducation et de la jeunesse, Mathieu Hanotin, a doublé les tarifs de la cantine, supprimé le remboursement de 50% de la carte imagine'R pour tous les collégiens et abandonné l'aide à l'achat d'un ordinateur pour les élèves de 6e...

Pour ces raisons, le conseil d'administration du collège Pierre-Degeyter de Saint-Denis à adopté à l'unanimité (moins 2 abstentions de l'administration) la motion suivante :

"Cette année, l'établissement a vu l'enveloppe du fonds social certes augmenter par rapport à l'an dernier où elle avait été supprimée, mais elle n'est toujours pas à la hauteur des besoins puisque la somme attribuée est de 705 euros.

"De ce fait, l'assistante sociale n'est plus en mesure d'aider les élèves et les familles qui rencontre des difficultés pour payer la cantine, les transports, les fournitures, les soins médicaux ou autres.

"Les familles en difficulté ne pourront bientôt plus inscrire leur(s) enfant(s) à la restauration scolaire et faire face pour certains à des impayés de cantine pouvant aboutir à une procédure de recouvrement. Ceci mettrait les familles et les établissements en grande difficulté.

"Pourtant, dans l'optique de réussite de tous les élèves, la circulaire rentrée 2013 préconise le combat de toute forme de discrimination ; aussi cette situation ne peut perdurer. C'est pourquoi nous sollicitons une enveloppe conséquente proportionnelle aux besoins.

"Le 1er octobre 2013"

mercredi 5 décembre 2012

Collège Degeyter contre l'augmentation de la cantine au 1er janvier

Voici le texte voté à l'unanimité du Conseil d'administration du collège Degeyter le 3 décembre :

Le Conseil d’administration du Collège Degeyter de Saint-Denis (93) prend position contre l’augmentation des tarifs de la restauration scolaire telle que prévue par le Conseil général de Seine-Saint-Denis au 1er janvier.

Considérant l’ampleur de ces hausses programmées en milieu d’année scolaire auxquelles ne vont être soustraites que 30% des familles, alors que 70% d’entre elles vont la subir, les représentantes et représentants membres du Conseil d’administration s’inquiètent de l’écart grandissant au sein du service public de la cantine, facteur de lien entre les élèves et d’accès à une alimentation équilibrée pour tous. Les familles aux plus faibles quotients ne sont certes pas affectées mais les augmentations vont aussi toucher des familles modestes et dissocier la communauté scolaire, notamment en risquant d’écarter nombre de familles à revenus moyens. Comme d’autres services, le rétablissement de la justice sociale doit prendre la voie des contributions fiscales et ne peut pas suivre celle de la tarification sous peine d’être facteur d’inégalités préjudiciables à tous. Venant après d’autres mesures telles que la suppression de la dotation d’ordinateurs et de la participation à 50% de la carte de transports Imagin’R déjà appliquées par le Conseil général, c’est toute la solidarité aux familles qui s’en trouve mise en danger.

Le Conseil d’administration demande un moratoire sur l’augmentation de la cantine en collèges jusqu’en septembre 2013 et un large débat dans le département durant l’année scolaire pour trouver les voies d’un meilleur équilibre financier qui ne peut se résumer à faire payer les familles.

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