Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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vendredi 29 janvier 2016

Manuel Valls pour l'état d'urgence permanent

Le Premier ministre annonce que l'état d'urgence devrait durer 30 ans selon lui. Tous dans la rue demain. Rendez-vous à 14h30, Place de la République à Paris.



Le PS ouvre la porte constitutionnelle à un régime autoritaire anti-démocratique

Alors que l’idée originelle du gouvernement était d’étendre la déchéance de nationalité aux binationaux nés Français et condamnés pour terrorisme, le premier ministre a proposé mercredi une nouvelle formule de l'article 2 du projet de loi constitutionnelle : « La loi fixe les conditions dans lesquelles une personne peut être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu’elle est condamnée pour un crime ou un délit qui constitue une atteinte grave à la vie de la nation. »

Le gouvernement et ses soutiens du PS (au premier titre desquels Bruno Le Roux) prétendent qu'ainsi les binationaux ne sont plus les seuls concernés. Or si la référence à la binationalité a été gommée dans le texte, dans les faits, ceux qui seront affectés par les peines de déchéance seront uniquement les multinationaux, puisque les autres seront protégés par les engagements internationaux liant la France à ne faire aucun apatride.

Plus grave encore, au travers de cette nouvelle rédaction le gouvernement PS introduit deux éléments éminemment dangereux. Le premier est d'étendre la déchéance de la nationalité aux délits. Il s'agit de faits moins graves que le crime, qui sont jugées par le tribunal correctionnel et concernent généralement les délinquances physiques ou qui peuvent porter atteinte à la personne ou encore aux biens : non-assistance à personne en danger, vol, escroqueries, le harcèlement moral, etc. Le second point de danger accru apporté par cette nouvelle rédaction est de laisser le soin à la simple loi le soin de préciser les crimes et délits pouvant conduire à la déchéance de nationalité. Alors que la Constitution est censée protéger la République d'une dérive autoritaire anti-démocratique, la modification proposée par le gouvernement PS ouvre la porte à tous les abus.

On se souvient, qu'il n'y a pas si longtemps un gouvernement prétendument républicain prévoyait d’inclure le délit d’aide au séjour irrégulier dans la liste des délits qui, lorsqu’ils ont pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur, sont susceptibles d’entrer dans le champ des actes de terrorisme (art. 421-1 du code pénal). Alors imaginons le pain béni que serait cette réforme constitutionnelle PS pour un gouvernement FN... ou juste sarkoziste.

Contre la déchéance de nationalité. Contre l'état d'urgence permanent : Rencontre-débat Vendredi 5 février 2016 à 19h30 Ecole Jean-Vilar 17-19, rue des Boucheries Saint-Denis

A l'appel de : Union locale CGT, Union locale Sud-Solidaires, SNUIPP-FSU, Sud-Education, Sud CT Mairie de St-Denis, EVTC, le comité dionysien du Mouvement de la paix, le MRAP, La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) de Plaine Commune, Droit au Logement (DAL), la Coordination 93 des sans papiers, la Coordination des foyers des travailleurs migrants de Plaine Commune, le comité dionysien de Femmes Solidaires, Plaine de femmes, Les Bonnets d’âne, Sciences POP, AFPS, CPPI St-Denis, Alternative Libertaire, Ensemble!, le NPA, le PCF, le PG, EELV, groupe Henry Poulaille de la F.A...

mercredi 20 janvier 2016

Appel unitaire dionysien contre le projet de réforme constitutionnelle

Sur la base d'un texte que j'ai produit, de très nombreux syndicats, associations, collectifs et partis politiques ont signé un appel dionysien contre le projet de réforme constitutionnelle :

STOP à l'état d'urgence
Non au projet de déchéance de la nationalité

Après les attentats barbares de Paris et Saint-Denis que nous condamnons, F. Hollande et le gouvernement Valls veulent inscrire l'état d'urgence dans la Constitution. Sous couvert de combattre «le terrorisme», en entretenant un état de guerre permanent, l’état d’urgence fait peser un danger sérieux sur nos libertés démocratiques, individuelles, sociales et politiques et sur la démocratie.

Vouloir priver de leur nationalité jusqu'aux personnes nées françaises, c'est s'engager dans la voie d'une nationalité à deux vitesses. Tous les français sont égaux devant la loi quelle que soit leur origine. Le silence du président de la République, lors de la réunion du Parlement, sur l'indispensable engagement de l'Etat en faveur de l'égalité des droits, de la justice sociale, sur le développement des services publics, contre toutes les discriminations et contre toutes les manifestations de racisme accroît dramatiquement le sentiment d'exclusion que vit toute une partie de nos concitoyens, notamment à Saint-Denis. Il favorise la stigmatisation croissante mettant en péril notre volonté de vivre ensemble.

Nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à rester solidaires et fraternels. Nous appelons à la défense des libertés car nous ferons prévaloir en toutes circonstances notre liberté d'information, d'expression, de manifestation et de réunion. Nous exercerons une vigilance permanente afin que nos droits et libertés soient préservés et que nul ne soit victime de discriminations.

Non au projet de déchéance de la nationalité, non à une démocratie sous état d'urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l'effroi légitime suscité par les attentats. Nous n'acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n'offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels. Ainsi, des militants de la cause écologique sont assignés à résidence, des manifestations pacifistes sont interdites, des militants politiques, associatifs et syndicalistes sont arrêtés, les contrôles au faciès se multiplient. Nous demandons le retrait des poursuites contre les militants des mouvements sociaux et la levée immédiate de l’état d’urgence.

Notre rejet de cette révision constitutionnelle est absolu. Nous appelons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la France à le manifester.

Nous appelons les parlementaires à refuser en conscience cette insupportable atteinte aux principes d'égalité et de fraternité.

Manifestation, samedi 30 janvier2016 à 14H30 – Place de la République
RDV pour un départ collectif à Saint-Denis, 13H devant la Mairie

Signataires : Union locale CGT, Union locale Sud-Solidaires, SNUIPP-FSU, Sud-Education, Sud CT Mairie de St-Denis, EVTC, le comité dionysien du Mouvement de la paix, le MRAP, La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) de Plaine Commune, Droit au Logement (DAL), la Coordination 93 des sans papiers, la Coordination des foyers des travailleurs migrants de Plaine Commune, le comité dionysien de Femmes Solidaires, Plaine de femmes, Les Bonnets d’âne, Sciences Populaires Saint-Denis, AFPS, CPPI St Denis, Alternative Libertaire, Ensemble !, le NPA, le PCF, le PG, EELV, groupe Henry Poulaille de la F.A....

Pour signer la pétition contre le projet de réforme du gouvernement : http://www.nousnecederonspas.org/

mardi 12 janvier 2016

Le PG contre la déchéance de nationalité et l'escalade sécuritaire

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lundi 30 novembre 2015

Contre l'état d'urgence et l'arbitraire police : libération de nos camarades

Ce dimanche 29 novembre s’est tenu un rassemblement à l’appel de plusieurs organisations militantes et politiques Place de la République à Paris. Plus de 15 000 personnes ont bravé l’interdiction de manifester pour faire valoir une autre voie dans le cadre de la COP21 : changer le système, pas le climat.

Prétextant l’état d’urgence proclamé par le gouvernement PS, le ministère de l’Intérieur à déployé un dispositif de sécurité totalement disproportionné. Quelles que soient leurs intentions, tous les manifestants se sont fait coincer dans une souricière : toutes les rues et avenues conduisant à la Place de la République étaient fermées par des lignes de CRS, la station de métro n’était plus desservie dès 14h30. Après les gaz lacrymogènes et les grenades désencerclantes, plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés bloqués contre un mur entourés de plusieurs rangées de CRS et de gardes mobiles. En plus de deux heures, aucune agressivité n’a été manifestée à l’égard des forces de l'ordre, pas de bagarre, pas d'empoignade. Malgré les nombreuses tentatives de négociations, impossible de partir. Il y avait une volonté manifeste de retenir le plus de monde.

Effectivement quelques personnes masquées et cagoulées ont lancé des projectiles (notamment des chaussures et des bougies) en direction des CRS. Mais la tension était déjà à son comble et à aucun moment les forces de l’ordre n’ont cherché distinguer qui faisait quoi parmi les manifestants, chargeant aussi bien les quelques personnes venues en découdre que l’immense majorité des militants présents pour porter des revendications écologiques.

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Au final il a été procédé à 341 interpellations et 317 mises gardes à vue. Parmi elles, de respectables camarades du NPA, de AL, d’Ensemble !, de la CGT, de Solidaire, de la FSU, du SNPES PJJ… sont toujours retenus par la police. Le gouvernement de Manuel Valls fait ici une nouvelle fois la preuve de son dédain de la démocratie, de son mépris pour les mobilisations citoyennes, de sa haine à l’égard de toute personne qui s’écarterait de sa ligne politique.

Parmi les personnes interpellées, au moins huit sont des camarades dionysiens avec qui nous menons des luttes sociales et syndicales. Nous leur adressons notre solidarité sans faille. Nous nous tenons aux côtés de toutes celles et ceux qui ont subi l’ire des services de polices, la folie répressive injustifiable. Nous mettrons tout en place pour faciliter leur libération rapide.

Le Parti de Gauche 93 Ouest

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