Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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samedi 10 mars 2018

Un écho transalpin au fumeux “Melenchon=Le Pen”

Par pitié, arrêtons de parler de “coalition de centre droit” à propos de l'attelage formé par Forza Italia (Berlusconi) + La Ligue (= le FN italien) + Fratelli d'Italia (néofascistes) ! C'est une coalition plus à droite encore qu'en Autriche qui inclut, outre Fratelli d'Italia, CasaPound, Forza Nuova, des partis héritiers du fascisme.

Résultat parlement Italie 2018Autre "fake news" véhiculée par les médias qu'il convient de rectifier :cet agglomérat de droite extrême aurait gagné les élections avec 37% des voix. Or quand on regarde le schéma ci-contre il apparaît clairement que l’Italie peut ne pas basculer à l’extrême droite. D’ailleurs le vainqueur de cette élection, c’est le Mouvement 5 étoiles (M5S) qui recueille 32,7% des suffrages quand la Ligue de Matteo Salvini n’obtient un score que de 17%.

En toute responsabilité, Luigi Di Maio le leader du M5S tend la main aux démocrates.

Dans une lettre au directeur du journal La Republica, et publiée par ce dernier, le leader du M5S écrit : “J’aime souligner que nous sommes la seule force politique qui a obtenue un énorme résultat au sud (avec des pics de 50 %), mais aussi très bien enraciné au nord : nous sommes premier en Piemont (plus de 27%), Emillie-Romagne (27%), Ligurie  (30%), Val d’Aoste où pour la première fois une parlementaire femme est élue avec 25%, et la deuxième en Vénetie (plus de 24%) , Frioule (plus de 24%), Lombardie (plus de 22%) et Trentino Haut Adige  (19,5%).

“Je sens toute la responsabilité qui accompagne le crédit que m’ont accordé les citoyens et je n’ai pas l’intention de me défiler à la charge (aux devoirs) qui en découle. J’ai dis dans toutes les villes où je suis allé durant la campagne électorale que pour nous le gouvernement pourrait se former sur la base de convergence autours des thèmes (du programme) et c’est la direction que je suivrais en toute transparence face au citoyens et au chef de l’état (le président Italien actuel). Toute les forces politiques doivent se montrer responsables en ce sens.

“Le moment est venu de faire ce que nous attendons depuis 30 ans et cela est faisable en changeant de méthode. La politique doit arrêter d’être arrogante et doit commencer à être humble. Nous proposons trois ingrédients que nous tirons de notre expérience : 1 ) participation, 2) écoute, 3) transparence. Dans la troisième république, la République des citoyens, les citoyens doivent être impliqué dans les prises de décisions. Ils doivent être écouté lors de leur mise en pratique, et ils doivent être informé des résultats.

“La politique est depuis des années synonyme de choses négatives : corruption, intimidation, gaspillages, privilèges, conflits d’intérêt, trahisons, caste, lutte pour les sièges, argent, clientélismes, pots-de-vin, spéculation, mensonges. Stop ! Alcide de Gasperi a dit « La politique ça veut dire réaliser ». La politique pour nous se sera réaliser le programme que nous avons présenté aux électeurs. La politique, ce sera respecter les engagements. La politique sera honnête.

“Pendant des décennies les partis ont mis au centre leurs intérêts, pendant des décennies la formation des gouvernements s’est faite sur des jeux d’équilibre visant à contenter les appétits des uns et des autres. L’objectif était toujours et seulement les sièges, jamais l’intérêt des citoyens. Ça c’est le passé. Maintenant le temps est venu de mettre au centre les thèmes qui intéressent les citoyens, leur bien-être, la qualité de leur vie. Ils les ont laissé en au bans, nous, maintenant, remettons les citoyens au centre.

“Le gouvernement se fera avec qui, est prêt à faire, avec nous, selon notre méthode. C’est une « révolution Copernicienne » de la politique que le mouvement 5 étoiles propose depuis toujours et pour laquelle les citoyens nous ont donné un mandat clair. « Participe, Choisit, Change » c’est ce que nous avons demandé aux citoyens, eux ont participé et ont choisi. Nous avons maintenant l’occasion historique de changer l’Italie. Je ne veux pas la perdre et que celui qui a choisit de mettre des obstacles aux changements le fasse, mais qu’il sache que l’on ne peut pas arrêter le vent avec les mains et que nous changerons l’Italie malgré tout."

Et tout ce que Matteo Renzi le leader du parti démocrate (PS local) trouve à répondre c’est : Jamais, Di Maio=Salvini ! Un écho transalpin au fumeux “Melenchon=Le Pen”...

Merci à ma camarade Elena pour la traduction

vendredi 29 mai 2015

Quelles leçons tirer du 29 mai 2005

Il y a dix ans, le 29 mai 2005, les Français votaient majoritairement contre le référendum sur le traité établissant une constitution pour l'Europe. À la question « Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe ? », le « non » a recueilli près de 55% des suffrages exprimés.

On se souvient de ce qu'il advint : Nicolas Sarkozy fait voter le Traité de Lisbonne, duplicata du TCE, le 4 février 2008 par le Congrès réuni à Versailles. Son adoption n'a pu être acquise que grâce à la complicité de 152 des parlementaires socialistes qui se sont abstenus, suivant ainsi les consignes de François Hollande.

Il faut se souvenir que cette campagne du TCE est la plus intense éruption politique populaire de ces 40 dernières années. Rarement le débat aura été aussi intense et intelligent (du côté des partisans du « non »). Ce moment démocratique est la preuve que le peuple peut prendre en main son destin et que nous pouvons contrer la caste de la pensée unique et leur tatchérien "il n'y a pas d'alternative possible".

Les 13 et 14 juin à Guéret, le collectif Convergence pour les Services publics fêtera donc également le dixième anniversaire de Guéret 2005. Ce n’est plus de détérioration de services publics dont il est question mais bien du risque de leur disparition. Le dimanche un processus d’assises en vue d’un "Manifeste du 21e siècle pour les services publics" sera lancé.

Gueret2015.jpg

Si les partisans du « oui », libéraux de droite comme de "gauche", ont contourné la souveraineté populaire et appliqué aux peuples européens leur potion néolibérale et austéritaire, la campagne du « non » en 2005 doit nous inspirer pour l'avenir. Le Front de Gauche doit non seulement chercher à s'élargir, mais enfin tout mettre en oeuvre pour faire émerger un large mouvement citoyen... quitte à devoir divorcer d'avec des forces politiques qui auraient peur du peuple.

Vendredi 29 mai - 18 h Les 10 ans du NON au référendum sur le TCE Place de la Bastille en présence de Jean-Luc Mélenchon Eric Coquerel, Martine Billard et des représentants de Syriza et de Podemos

mardi 14 octobre 2014

Stoppons la grande rafle européenne

Jusqu'au 26 octobre prochain, l’Union européenne lance une opération contre ce qu’elle décrit comme « migration illégale ». Il s’agit de mesures de sécurité accrues au sein de l’espace Schengen, dans les aéroports, les gares et aux postes frontières, en étroite collaboration avec Frontex (organisme militarisé, indépendant, de surveillance des frontières) et Europol.

Ces opérations ont été décidées dans la plus grande opacité au sein du Conseil de l’UE. Nous dénonçons cette méthode et exigeons de prendre connaissance des engagements pris au nom de notre pays.

Cette opération est en contradiction avec le droit à une protection internationale. Elle en ignore que la majorité des demandeurs d’asile fuient la guerre ou l’oppression. Cette opération n’aura pour seul résultat que l’augmentation du nombre de migrants incarcérés dans des centres de détention. Ces rafles représentent un énième coup de force des dirigeants européens contre les droits des migrants et visent à les criminaliser. Les illégalités institutionnelles telles que les refus de guichets, l’exigence de pièces non nécessaires à la constitution de dossiers d’ouverture de droits (santé, travail, logements, titres de séjour, allocations divers), sont autant de techniques de guerre contre les pauvres et les migrants.

Ces migrants sont en grande partie victimes des guerres soutenues par l’OTAN, organisation belliqueuse dont la France fait partie. Ces personnes sont victimes des politiques néolibérales de l’Union européenne, notamment ses accords de partenariat économique , qui visent à piller les ressources des pays du Sud.

Les associations civiles suédoises ont déjà demandé le retrait de leur pays de ces opérations.

Ainsi, le Parti de Gauche demande au Président de la République de refuser ces rafles en France et demande l’annulation pure et simple de cette circulaire. La France a effectivement un devoir d’agir : développer des moyens légaux et sûrs d’obtenir la protection en Europe pour les femmes, les hommes et les enfants en danger. Ceci va de pair avec la suppression de Frontex dont les atteintes aux droits humains (facilitées par la personnalité juridique et l’absence de mécanisme de plainte) sont sans cesse épinglées et détaillées par nombre d’ONG. Le seul devoir de la France consiste à assurer au niveau européen les normes les plus élevées dans les procédures d’asile et d’accueil, et devenir le fer de lance d’une véritable politique internationale aux pays du Sud de se développer. Encore une fois, la Ve République et son opacité ont frappé : François Hollande décide seul, secrètement, sous la pression d’une Europe de plus en plus autoritaire.