Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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lundi 18 février 2013

La place des dynamiques sociales dans les projets urbains

Sans s’être au préalable concertées, les villes de Saint-Denis et de Gennevilliers ont missionné le cabinet d’étude Gers pour mener une étude relative aux effets du relogement sur les dynamiques sociales des ménages concernés par un projet de renouvellement urbain et la démolition de leur logement.

L’approche qualitative développée par les études nous rappelle que pour les personnes rencontrées, les changements concernant leur logement et leur vie quotidienne s’inscrivent dans des transformations qui touchent à toutes les sphères de leur vie sociale, modifient leur rapport au quartier, aux écoles, et transforment les rapports sociaux de proximité.

Ces études nous parlent de l’importance de la stabilité résidentielle dès lors que les ressources économiques et sociales sont faibles, de l’importance des services publics locaux, de l’importance de partager une communauté de valeurs, de modes de vie et d’échapper au jugement social qui permet l’entre-soi populaire.

En ce sens, ces études sont pionnières et doivent instruire l’ensemble des acteurs en présence pour une évaluation qu’il reste à mener. D’ailleurs d’autres études se réalisent aujourd’hui à partir de ces mêmes interrogations. (cf. étude Fors Commanditée par la DRHIL 93).

Plus généralement, la période est propice à la réflexion : fin de la plupart de nos programmes ANRU1, études préalables aux projets de la seconde phase. D’ailleurs le Comité de suivi et d’évaluation (CES) de l’ANRU propose dans son rapport 2011 des éléments d’évaluation et des préconisations pour l’avenir qui nous semblent, là encore, croiser notre travail.

Réfléchir collectivement sur une politique publique en action

Avec ma collègue de Gennevilliers, Martine Monsel, il nous paraît fondamental de comprendre les effets d’une politique publique aussi ambitieuse sur les trajectoires sociales des familles de quartiers populaires d’habitat social. Tous les ménages voient-ils leurs conditions de vie s’améliorer ? Qu’en est-il des ménages disposant de faibles ressources économiques et sociales ? L’accompagnement social est très conséquent pendant la période de relogement ; peut-il s’arrêter à l’entrée dans le nouveau logement ? Comment concilier la valorisation de la mobilité et des « parcours résidentiels » (accession à la propriété, au logement neuf, etc.) avec les souhaits des ménages et les arbitrages nécessaires ?

Aussi , j’organise conjointement avec mon homologue de Gennevilliers un après-midi de réflexion sur la place des dynamiques sociales dans les projets urbains. Nous avons scindé les débats en deux temps forts :
- Les trajectoires socio-résidentielles des ménages à l’épreuve du relogement
- Démolitions et relogements, quels effets sociaux dans les quartiers

Mercredi 20 février 2013, de 14 à 17h30
Salle du Conseil municipal
Mairie de Gennevilliers

jeudi 8 décembre 2011

Le préfet Lambert accuse la Ville de tous les maux

A la demande du Medef, le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, a reçu les entreprises de La Plaine sur le thème de l'insécurité. Sont présentes les plus grandes (Generali, EDF) comme de plus petites (jusqu'au pharmacien du RER D) ; les historiques (Afnor, Stade de France...) comme celles dont les bâtiments ne sont pas encore sortis de terre comme SFR. Quatre heures durant le préfet a accusé la ville de tous les maux. Les agression de salariés ? L'Etat fait tout ce qu'il peut, mais si l'insécurité perdure à Saint-Denis, c'est de la faute du Maire qui refuse les caméras de vidéo-surveillance. Le manque de patrouilles de police ? Il y suffisamment de fonctionnaires de police nationale (comme chacun peut le constater !), mais où est la police municipale ? L'absence de commerces de proximité ? L'Etat investit beaucoup dans la rénovation urbaine, mais la Ville n'en a cure. La désertification médicale ? Lambert_OK.jpgLa rénovation urbaine (encore elle) financée par l'Etat prévoit de lutter contre, mais la Ville n'envisage aucun projet de maison médicale. Les PV qui pleuvent autour du Stade de France ? La faute aux collectivités locales qui n'ont pas prévu de parkings en nombre suffisant. Les Rrom ? C'est de la faute de la V... Ah non : de la justice qui est trop lente, voire inconséquente puisque rendant parfois des décisions contraires à la volonté préfectorale. La liste est tellement longue que lorsque mon tour de parole est arrivé, en avant dernier, je n'ai pu reprendre tous les griefs dont la Municipalité était accusée. Je me suis senti, comme je l'ai exprimé, "le vilain petit canard de la réunion. Au sens figuré, parce que seul de l'assistance à ne représenter aucune entreprise. Au sens propre, parce que représentant de l'institution rendue, par le préfet, responsable de tous les maux évoqués par les entreprises. Or il me sembl(ait) que les questions abordées était bien trop importantes pour être traitées de manière caricaturale."

Pourtant, avant moi, certains ont essayé de modérer la hargne du préfet à l'encontre de la Ville et de Plaine Commune.

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vendredi 2 décembre 2011

Equerre d'argent dans le PRU de Saint-Denis

Le groupe scolaire intercommunal Casarès-Doisneau construit dans le cadre de la rénovation urbaine du quartier Cristino-Garcia à La Plaine, et dessiné par AAVP architecture, a été distingué le 28 novembre par une mention au prix d'architecture de l'Equerre d'argent 2011.

L'Équerre d'argent est un prix d'architecture attribué annuellement par un jury composé d'architectes, de critiques d'architecture et de promoteurs, mis en place par la revue Le Moniteur des travaux publics et du bâtiment. C'est un prix qui récompense une équipe composée du maître d'ouvrage et du maître d'œuvre (architecte et ingénieurs) d'un bâtiment terminé dans l'année.

« L'opération s'inscrit sur un territoire rempli d'anciennes halles industrielles, commente dans "Le Moniteur" l'architecte Vincent Parreira. Nous avons donc cherché quelle était l'écriture vernaculaire de ces bâtiments, pour ensuite traduire en façade certains de leurs motifs - croix de Saint-André, modules en brique. » A la Ville nous avions par ailleurs exigé que la cheminée en brique de l'ancienne manufacture soit conservée pour rappeler le passé industriel de ce quartier. Le projet s'inscrit dans une démarche de haute qualité environnementale (HQE) : utilisation de matériaux durables comme le bois, façades assurant la performance thermique du gymnase, panneaux solaires thermiques pour le préchauffage d'eau chaude sanitaire pour le pôle de restauration...

Les habitants de Cristino-Garcia et notamment les enfants qui ont fait leur première rentrée scolaire dans ce nouvel équipement en septembre dernier le trouvent beau et fonctionnel. Certains m'ont expliqué qu'ils s'estimaient considérés.

Casarès-Doisneau étant une pièce maîtresse de la rénovation urbaine de ce quartier Anru, au travers de Vincent Parreira, c'est la politique de rénovation urbaine que nous menons pour et avec les habitants qui est une fois encore reconnue.

 

samedi 26 novembre 2011

Inauguration d'un nouveau coeur de quartier

Avec les habitants, nous avons inauguré les dernières opérations dans le quartier Pierre Sémard réalisées dans le cadre du projet de rénovation urbaine (PRU) à Saint-Denis récompensé en juin dernier par l'Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU) et par un jury d'habitants de différents quartiers en rénovation urbaine en France pour la qualité urbaine, architecturale et paysagère du projet et la démarche qui a permis de la produire, notamment notre attachement à faire participer les habitants à la transformation de leur quartier.

semard26112011.jpg

Aujourd'hui, il s'agissait en premier lieu de célébrer les aménagements de cœur de quartier avec un parc, un terrain de sport et de nouvelles voies qui n'attendent plus que la future maison de quartier pour laquelle les marchés sont en cours de passation et le projet social en voie de finalisation.

Nous avons également visité la résidence "Front de parc" (60 logements sociaux en bâtiment basse consommation en cœur de quartier pour le relogement des locataires du 23/25/27, Monmousseau) réalisée par Plaine Commune Habitat... Avant de tous de nous réjouir de l'achèvement annoncé du mur anti bruit qui protège enfin les habitants du quartier des nuisances du faisceau ferré le plus emprunté d'Europe. Je suis particulièrement fier d'avoir, avec Patrick Braouezec et Didier Paillard, débloqué ce projet vieux de près de vingt ans. Alors que les habitants n'y croyaient plus (n'est-ce pas Roselyne ?), et on les comprend, en 2009 nous avons convaincu l'Agence nationale de la rénovation urbaine d'augmenter l'enveloppe destinée aux projets de Saint-Denis pour boucler le budget avant de négocier avec Réseau ferré de France pour une réalisation à la hauteur des espérances des habitants.

Côté émotions, nous avons aussi été servi par Philippe Ripoll, écrivain en résidence entre quartiers de Saint-Denis et TGP dans le cadre du Projet de rénovation urbaine. En ouverture de la manifestation, il nous a offert une lecture de portraits d’habitants saisissants de sensibilité et de vérité.

 

jeudi 18 février 2010

Signature de la Convention de gestion urbaine de proximité

Aujourd'hui, l’Etat, la Ville de Saint-Denis, la Communauté d’Agglomération Plaine Commune, France Habitation, les bailleurs sociaux du territoire, Adoma, l’ALJT, Icade Commerces, la Maison du CIL, la CAPS ont signé la Convention de gestion urbaine de proximité du Programme de rénovation urbaine de Saint-Denis. L'aboutissement d'un gros travail de diagnostic partenarial qui a permis de déterminer un cadre et des objectifs précis d’amélioration de la qualité de vie dans les quartiers Anru. L'objectif étant une action coordonnée et cohérente des services urbains (privés ou publics) et en s’appuyant sur la participation des habitants. L'enjeu de cette Convention de gestion urbaine de proximité est donc de définir des objectifs partagés, une méthode de travail, des moyens mutualisés et des outils communs.

L’amélioration de la gestion urbaine de proximité est un facteur de pérennisation de l’action de rénovation urbaine, pendant les chantiers et sur le long terme, en accompagnant la transformation urbaine et la réorganisation des espaces extérieurs, par des interventions et une adaptation des services urbains.

La présente convention complète et s’appuie sur l’ensemble des démarches déjà engagées au titre de la politique de la Ville (CUCS, CLSPD, ZRU, etc), en y intégrant la problématique de l’amélioration du cadre de vie. Aussi, en plus des signataires, d'autres acteurs sont associés à la GUP. Parmi eux, citons le Conseil général de la Seine-Saint-Denis, le collectif de commerçants du pôle commercial Floréal, la RATP, les lycées et collèges, La Poste, RFF, les syndics de copropriété ou encore les associations de riverains...

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