Dans un article intitulé “Afrin: le jeu de dupes turco-kurdo-syrien”, le 22 février dernier, Libération réussit un abominable tour de force pro-Erdogan. En trois phrases.

En effet, le quotidien entame sont article par : “Pendant qu’il poursuit son carnage dans la Ghouta, le régime de Bachar al-Assad intervient sur un tout autre front, à l’extrémité nord-ouest de la Syrie. Dans la zone d’Afrin, où se déroule depuis un mois une offensive menée par l’armée turque pour déloger de sa frontière les forces kurdes du YPG, la bataille déjà confuse tourne à l’imbroglio. Des unités paramilitaires aux ordres de Damas tentent depuis deux jours de prêter main-forte aux Kurdes face à l’ennemi commun turc dans un jeu d’alliance improbable.”

Ainsi il s’agit d’Afrin, mais Libération attaque d’entrée sur la Ghouta et sur le “carnage” que le régime syrien y commet. Si ce dernier vient préter main forte aux Kurdes on doit comprendre que les Turcs sont les "gentils" dans ce conflit. En outre, le quotidien de Laurent Joffrin nous fait comprendre que la Turquie n'agit que pour protéger sa frontière, reprenant ainsi à son compte la propagande du dictateur islamiste d’Ankara. Enfin, selon le journal, il n’y aurait que trois acteurs en jeu : la Turquie (membre de l’OTAN), les Kurdes du YPG et le régime dictatorial syrien. Mais où sont passés les islamistes du Faylaq al-Cham, le bras armé des Frères musulmans syriens ?

Entre Erdogan et les Kurdes d'Afrin, Libération a choisit le dictateur islamiste !

Il faut lui rappeler que depuis le 20 janvier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé une invasion du Kurdistan syrien en totale violation du droit international. L'armée turque, ses chars, son artillerie et son aviation bombardent et détruisent les villages de l'enclave kurde d'Afrin, au nord-est de la Syrie et se livrent à des massacres sur les populations civiles.

Les combattants kurdes ont été nos meilleurs alliés contre l'État Islamique. Sur le terrain, ce sont les jeunes hommes et femmes kurdes, qui en 2014, ont arrêté l'État Islamique à Kobane (à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest d'Afrin) et brisé son mythe d'invincibilité.

Barin Kobane

A la mémoire de Barin Kobané, son nom de combattante. Elle était kurde et elle est morte début février pour nous, massacrée par les hommes d'Erdogan et ses alliés islamistes. On l’a découverte dénudée, gisant à terre, elle a été visiblement torturée, ses seins ont été découpés et autour de son corps mutilé, les soldats dansent, hurlent de joie et crient «Allah Akbar». Elle était de ces combattants et combattantes kurdes qui ont fait rempart de leur corps pour nous protéger de l'État Islamique. Gloire à elle.