J'adresse toutes ma solidarité à la directrice et à l'animateur du centre de loisirs Descartes ainsi qu’à la directrice de l’école qui ont été victimes d'une agression inqualifiable qui a eu lieu lundi 5 mars dans l'école Descartes de Saint-Denis.

J'adresse aussi un message de soutien à tous les agents du service public qui malgré le traumatisme ressenti ont pris sur eux pour accueillir les enfants dans les meilleures conditions possibles dès le lendemain matin. Et bien évidemment nous sommes aux côtés des familles des enfants témoins de ces actes horribles et inacceptables pour leur témoigner toute notre sympathie et les assurer de notre volonté de luter avec eux pour que cela ne se reproduise plus jamais.

Cette violence est d’autant plus inadmissible, qu’elle a visée des agents publiques qui se dévouent au quotidien pour les enfants de Franc-Moisin. L’école et les activités qui s’y déroulent sont sacrées parce qu’elle participent de la formation et de l’émancipation de ce que tout pays a de plus cher : sa jeunesse.

La situation est d’autant plus intolérable que les premières victimes des violences quotidiennes sont les habitants des quartiers populaires qui se débattent déjà contre les discriminations, les stigmatisations et le mépris d’une partie de notre société. Comme si les drames humains et la violence sociale ne suffisaient pas.

Il faut que cela cesse ! Demandons à ce que de vraies solutions soient mises en place.

Nous nous souvenons de tous ces gouvernements qui voulaient “nettoyer au Karcher” les banlieues ou y “éradiquer la gangrène”. On voit où cette démagogie sécuritaire nous a menés.

Il faut des policiers. Plus de policiers, oui ! Mais pas des CRS qu’on envoie ponctuellement ou des Rambo qui mènent la guerre à tout un quartier en s’en prenant à tout ce qui est jeune, à tous ceux dont le faciès leur déplaît, quand ils ne s’amusent pas à enfoncer leur matraque dans l'anus des gamins. Ne réclamons pas des “forces de l’ordre”, mais des “gardiens de la paix”. Une police de proximité qui connaisse le quartier et ses habitants. Des policiers formés qui ne font pas peur à tous mais qui au contraire rassurent par leur présence efficace auprès des habitants.

Les quartiers populaires minés par le chômage sont petit à petit abandonnés. L’Etat y investit moins pour l’éducation que pour les enfants des quartiers bourgeois. Les transports y sont défaillants. Les associations voient leurs financements fondre. Le Département supprime les postes d’éducateur et n’assure pas une de ses missions essentielles : la protection de l’enfance. Les jeunes sont orientés vers des voies de garage. Même Plaine Commune, la mairie et les bailleurs publics ne délivrent pas la même qualité de service qu’ailleurs. Cela non plus ne peut plus durer !

Habitants, associations, professionnels de l’éducation et du social, syndicalistes et militants politiques, exigeons de l’ensemble des responsables (Etat, Région, Département, Plaine commune, Ville, bailleurs sociaux) le rétablissement de l'EGALITE dans nos quartiers, et à Franc-Moisin en particulier.

Et, en parallèle de cet indispensable un plan de rattrapage, il convient que l'ensemble des citoyennes et citoyens se battent pour le respect de leurs droits : l'action commune peut faire reculer la violence. Des collectifs tel que "Nos enfants d'abords", "Les mères de SFC" et tant d'autres qui œuvrent déjà dans ce but. Faisons grossir le mouvement et donnons une réalité au mot FRATERNITE qui orne la façade de nos écoles au travers du mouvement collectif qui va être mis en place par les différents syndicats, par nos agents du service public et par les familles dionysiennes.