C'est pour présenter une alternative aux politiques d'austérité que le Parti de Gauche s'est mobilisé dans ce scrutin, nous avons donc soutenu toutes les listes anti-austérité, qu'elles soient composées de membres du PCF, d'Ensemble, d'EELV ou de mouvements citoyens. Nous continuons de soutenir ces listes au second tour et récusons les alliances avec ceux qui mettent en place l'austérité.

Pourtant, un accord de second tour entre le PS, ses satellites et le PCF aurait été signé hier soir en Seine-Saint-Denis. Le PCF aurait unilatéralement décidé de conclure cet accord qui serait loin d'engager toutes les forces de gauche du département. Le Parti de Gauche le dénonce comme un renoncement à l'émergence d'une alternative écologique, sociale, et citoyenne et donc comme une trahison du peuple de gauche.

Les dirigeants du PS ne sont plus socialistes. Preuves en sont la Loi Macron et le démantèlement du Code du travail ; le TSCG et son assassine règle d'or budgétaire ; la chasse aux Roms ; l'absence de taxation de la spéculation sur les transactions financières ; le gel du point d'indice dans la fonction publique... la liste est encore longue.

Signer un accord avec le PS d'aujourd'hui c'est convenir que les politiques que l'on porte sont solubles dans l'austérité et l'économie capitaliste financière. C'est renoncer à porter l'idée qu'une autre politique que celle menée par la droite et le PS ces dernières années est possible. C'est donc laisser croire que seul le FN incarne l'alternative. Aussi c'est une trahison des militants et des citoyens qui ont porté leur suffrage sur les candidats Front de Gauche. C'est répudier les idéaux portés sincèrement par les militants de gauche dans notre pays.

Localement le binôme Bagayoko-Haye est arrivé dimanche quelque 130 voix derrière celui du PS. Avec 70% d'abstention, le 2nd tour n'est pas joué. Et comme écrivait Brecht : "Celui qui se bat peut perdre. Celui qui ne se bat pas a déjà perdu." Et ici, le Front de Gauche risque en prime d'y perdre son âme.