Le comité local du Parti de Gauche se réjouit de la défaite du représentant de la social-démocratie austéritaire et libérale Mathieu Hanotin à Saint-Denis.

Cette défaite est à replacer dans un contexte national: alors que le gouvernement social-démocrate est sanctionné, les listes Front de Gauche obtiennent de bons résultats (Aubervilliers, Montreuil…). En revanche, le PCF, lorsqu'il est allié au PS, est sanctionné, comme à Bobigny, Blanc-Mesnil, Toulouse, Grenoble…

La victoire de Didier Paillard à Saint-Denis est, à bien des égards, très étriquée. Elle n’est acquise que d’une courte tête (à 181 voix et 50,49 %) alors qu’en 1977, Marcellin Berthelot a été réélu avec (20 000 voix et 75% des suffrages exprimés) ; P. Braouezec avec 7500 voix et 53 % en 2001 ; Didier Paillard 7876 et 51,12% en 2008 dans une triangulaire.

Cette victoire, si elle nous paraît en premier lieu très positive pour la population dionysienne, atteste aussi de la nécessité ardente de préserver le devenir politique du Front de Gauche, seul gage de lutte contre la droite et l'extrême droite à l'heure actuelle, seul porteur d'une véritable alternative politique et sociale, au plan local, national, et global.

Le rassemblement de l’ensemble des composantes du Front de Gauche, dans ce contexte, nous paraît nécessaire : lorsque le PCF a choisi de s’affranchir du FdG ou certaines de ses composantes, comme à Saint-Denis, il se prive de la force de notre rassemblement.

En parallèle, la collusion du PS avec l’électorat de droite est flagrante : sans celle-ci, les scores de Mathieu Hanotin à Saint-Denis ou de William Delanoy à Saint-Ouen ne s’expliquent pas. En outre, non content de faire perdre la gauche, le parti solférinien a donc tenté, parfois avec succès de ravir des mairies à l’autre gauche avec l’actif soutien de l’électorat conservateur, comme à Bagnolet. Dans cette bataille, et malgré les coups d’épingle qui lui ont été portés par la direction de la campagne, le Front de Gauche a montré qu'il était une force active dans les quartiers, et plus généralement dans les banlieues des grandes villes, à même d'initier un renouveau de la politique parmi les classes populaires.

Il s'agit désormais de traduire cette dynamique à l'échelle européenne, avec nos camarades de Grèce, d'Espagne, d'Allemagne pour proposer une remise en cause des politiques austéritaires et libérales à l'écheleon où elles se décident, c'est à dire l'Europe. La construction d'une alternative politique globale participe de la reconstruction d'une force cohérente à même de reconquérir, très bientôt, les banlieues populaires.