Depuis 18 heures les pronostics sont aigres-doux : Sarkozy se ramasse mais la Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon. Les résultats définitifs confirment le rejet de la politique ultralibérale, conservatrice et xénophobe de Nicolas Sarkozy par les Français et prouvent que le Front de Gauche a eu raison d'attaquer frontalement les idées haineuses et antisociales véhiculées par le FN. Dommage que toute la gauche n'ait pas compris l'importance de cette bataille.

Le Front de Gauche, seule force politique nouvelle à gauche sur le fond et dans la forme, a réussi son pari d’un score à deux chiffres : 11,11%. C’est la première fois depuis 2001 qu’une deuxième force à gauche dépasse les 10%.

Avec un Front de Gauche devant Bayrou, on peut espérer que le PS regarde un peu plus vers sa gauche que vers le centre droit. Voilà une autre conséquence heureuse de ce scrutin.

A Saint-Denis, 6 064 Dionysien-ne-s (21,71%) ont choisi de voter pour Jean Luc Mélenchon au premier tour de l'élection présidentielle. Les forces de la vraie gauche (à gauche du PS) passent de 3 817 voix en 2007 à 6 586 en 2012 soit une progression de 72,54% (+2 769 voix et 11,67 points). La preuve par l'exemple que l'unité de l'Autre gauche pèse bien plus qu'une simple addition de voix.

Bravo aux militants du Front de Gauche qui ont su faire preuve de dynamisme et de créativité pour mener une campagne exemplaire permettant de fédérer les citoyens autour du programme partagé du Front de Gauche ! Les Assemblées citoyennes organisées par les collectifs de quartier ont en effet permis à de nombreux Dionysien-ne-s de relever la tête et d'occuper pleinement l'espace politique. Il nous faut continuer et amplifier le mouvement initié. Le Front de Gauche doit plus que jamais populariser et enrichir son programme «L'Humain d'abord ». Les élus doivent le mettre en œuvre autant que de possible. Finissons le travail : en marche vers la Révolution Citoyenne !

D’ici à là, le 6 mai, une seule consigne s’impose à nous : Sarkozy dehors ! Pour autant il ne paraît pas opportun d’appeler à un « rassemblement » avec le PS. Notre vote François Hollande, sans réticence, ne saurait être interprété comme un blanc seing au PS. Le Front de Gauche doit mener une campagne autonome pour le second tour sur ses bases propres. En conséquence le Parti de Gauche ne signera pas de texte commun avec le PS et ne participera pas à des meetings relookés "union de la gauche" derrière les notables PS qui nous affronteront dès le 7 mai dans le cadre de la campagne des législatives. Car si on veut tous battre Sarkozy, ce n'est certainement pas sur les mêmes bases.

Post-Scriptum : Un grand merci aux agents municipaux, à ma vice-présidente de bureau de vote et aux assesseurs qui m'ont assisté dans la bonne humeur tout au long des 14 heures passées ensemble, de l'ouverture du bureau à la proclammation des résultats. Je note à cette occasion que (sans même parler du FHaine) pas un assesseur n'a été désigné par l'UMP ou le Modem sur la ville : preuve de l'estime qu'ils portent à la démocratie !