Conférence de presse : les 120 propositions de Ville&Banlieue
Par Christophe Girard le jeudi 8 mars 2012, 09:39 - Lien permanent
Aujourd'hui à midi, avec le bureau de l'association Ville, nous présenterons "120 propositions pour un engagement national auprès des quartiers". L'objectif : faire des quartiers une priorité nationale au travers d'une Politique de la ville renforcée. Education, santé, logement, emploi, sécurité, prévention, justice, citoyenneté, laïcité, discriminations, développement durable... les problématiques auxquelles notre société est confrontée se retrouvent toutes dans les quartiers populaires, souvent avec plus d’acuité qu'ailleurs. Les solutions qui y sont mises en oeuvre sont exportables sur d'autres territoires. A condition que des la volonté politique existe et que des moyens suffisants y soient consacrés.

Nous avons voulu rappeler la crise sociale et humaine indigne qui frappe nos quartiers, où 1 habitant sur 3 vit sous le seuil de pauvreté, près d’1 jeune homme sur 2 est au chômage, et où 1 habitant sur 3 a renoncé à des soins pour des raisons financières. Les banlieues sont un enjeu de cohésion nationale . Parler de l’avenir de la France, c’est parler des banlieues .
La commission Politique de la ville que j'ai animée a les honneurs du document qui sera rendu public aujourd'hui. Voici ses 14 propositions qui cadrent les 106 suivantes :
Proposition 1. Créer un MINISTERE D’ETAT de l’Egalité des
territoires et de la Cohésion sociale
Il faut remobiliser le droit commun dans ces quartiers et faire reconnaître
ainsi l’urgence de la situation des banlieues. Nous proposons la création d’un
ministère d’Etat à l’égalité et la cohésion, qui mobilise l’ensemble des grands
ministères pour une politique de réduction des inégalités sociales et
territoriales, en faveur des territoires en difficultés : banlieues,
territoires ruraux, territoires ultras-marins… A l’intérieur de ce ministère,
des délégués interministériels veilleront spécifiquement à chacun de ces
territoires (un délégué à la ville pour les banlieues).
Proposition 2. Pour un DROIT COMMUN RENFORCE
Des politiques territorialisées de l’Etat réellement discriminantes, notamment
dans les quartiers, dans tous les secteurs clés : éducation, emploi,
santé, prévention et sécurité, justice…
Proposition 3. Des territoires d’INTERVENTION
PRIORITAIRE
Définir des territoires d’intervention prioritaires pour la puissance publique,
dans une géographie renouvelée tenant compte des charges qu’ont à assumer les
communes, avant d’évaluer les ressources dont elles disposent pour y répondre.
Porter une attention particulière aux territoires qui combinent le manque de
ressources et l’excès de charges, et distinguer les communes qui ont des
quartiers défavorisés de celles qui sont des quartiers défavorisés.
Proposition 4. Un OBSERVATOIRE DES INEGALITES Sociales et
Territoriales
La politique de la ville est une politique de rattrapage des inégalités. Elle
nécessite des objectifs. L’Observatoire permettra de définir des critères de
richesse et de pauvreté, et de disposer de données précises et transparentes,
sur lesquelles fonder les orientations des politiques publiques, comme celles
de péréquation financière.
Proposition 5. Un ENGAGEMENT SOLIDAIRE de toutes les
collectivités : une CLAUSE de COMPETENCE « politique de la
ville » généralisée
Il faut désenclaver la politique de la ville : les solutions pour les
quartiers se trouvent aussi à l’extérieur de ces quartiers. La politique de la
ville est une politique globale, qui doit être déclinée à toutes les
échelles : région, département, intercommunalité, doivent mettre la
politique de la ville au cœur de leurs stratégies territoriales, dans les
contrats de plan et les autres documents de planification (PLH, SCOT, SDRIF,
CDT). Il faut notamment pour cela une clause de compétence générale en la
matière, ce qui suggère que les cofinancements de projets soient rendus
possibles aussi bien en fonctionnement qu’en investissement (actuellement
supprimé à partir de 2015 dans la réforme des collectivités).
Proposition 6. Le MAIRE, CHEVILLE OUVRIERE de la politique de la
ville
Au pilotage transversal assuré par le ministre d’Etat au niveau national,
répond un pilotage contractualisé entre le préfet et le maire au niveau local.
Le maire coordonne les actions portées par l’ensemble des acteurs sur le
quartier.
Proposition 7. De l’appel à projet au PROJET DE
TERRITOIRE
Sortir de la logique descendante d’appel à projet pour définir des projets de
territoires communs et partagés, entre tous les acteurs : Etat,
collectivités, associations, entreprises, habitants.
Proposition 8. Une politique DANS LA DUREE
Pérenniser les financements de l’Etat, à tous les niveaux : dotations,
subventions, crédits spécifiques et de droit commun. Inscrire dans la durée les
dispositifs mis en place pour une plus grande visibilité, pour une plus
grande efficacité.
Proposition 9. Rapprocher et coordonner l’ANRU et
l’ACSE
Résoudre la dichotomie urbain/humain, en rapprochant - voire en fusionnant –
ces deux agences, pour une politique globale cohérente et une plus grande
efficacité. Rapprochement avec l’EPARECA et l’ANAH.
Proposition 10. Un CONTRAT UNIQUE sur un PERIMETRE
UNIQUE
Revisiter en les simplifiant les outils de la politique de la ville : un
périmètre unique pour un contrat unique, rassemblant le PRU et le CUCS, signé
entre le préfet, le maire et le président de l’EPCI, dans une démarche
contractuelle souple, concertée, territorialisée, c’est-à-dire au plus près des
réalités locales. Ce contrat est calé sur la durée du mandat municipal et fixe
des objectifs qu’il évalue à mi parcours et à la fin.
Proposition 11. Pour une REVOLUTION CITOYENNE dans ces
quartiers
Remettre les habitants au cœur de leur vie dans leur quartier, leur redonner un
droit à l’expression et à la participation dans la définition des projets.
Repenser dans ce sens les outils de la concertation.
Proposition 12. Les ASSOCIATIONS, partenaires incontournables et
privilégiés
Les associations font un travail essentiel de lien social dans ces quartiers.
Mieux les accompagner, les soutenir sur la durée par des financements
pluri-annuels, veiller à ne pas alourdir leurs charges administratives, les
associer à la définition, au portage et au suivi des politiques publiques.
Proposition 13. FORMER NOS CADRES DIRIGEANTS, administratifs ou
politiques
La politique de la ville n’est enseignée que comme un parent pauvre des
politiques publiques. Une formation renforcée sur les quartiers en difficulté
permettra aux cadres dirigeants d’être sensibilisés et de prendre conscience
des enjeux que représentent ces territoires.
Proposition 14. Revaloriser les EQUIPES D’INGENIERIE
Soutenir le recrutement, la formation et le travail interdisciplinaire des
équipes d’ingénierie.
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