A la demande de la CGT-Randstad, Jean-Luc Mélenchon s'est rendu au siège de la société d’intérim Randstad, au 276 Avenue du Président Wilson à Saint-Denis, pour soutenir 7 salariés en grève de la faim. Par cet acte ils dénoncent la surmortalité des salariés intérimaires et demandent de véritables moyens pour mettre fin à leurs conditions de travail dangereuses.

Selon la Sécurité sociale, en 2009, 36.878 intérimaires ont été victimes d'un accident grave du travail et 32SI-TU-VEUX-PAS-TE-FAIRE-BOUFFER.jpg ont été tués sur le lieu de travail (188 entre 2005 et 2008). Ces accidents ne sont pas le fruit du hasard : la recherche permanente du profit, l’(in-)organisation du travail, les contraction des délais, la sous-traitance en cascade, la précarité, la mise en concurrence des salariés... expliquent que l’intérim est, avec le BTP, le secteur le plus dangereux pour les salariés.

Dans un témoignage poignant les salariés pointent le manque de formation au poste, l’absence d’équipements individuels de sécurité complets et l’inexistence de visites médicales. Ce déni de droits comme la violence physique et mentale exercée à l'encontre des intérimaires plus vulnérables dans l'entreprise d'accueil que des salariés en CDI, résultent de stratégies d’entreprises qui cherchent à réduire les coûts sociaux en s’appuyant sur la main d’œuvre précaire, peu formée et nullement protégée. Ils nous ont raconté l'accident de camion d'un intérimaire âgé de 73 ans, ou l'accident "bête" d'un gamin de 20 ans qui a perdu son bras droit écrasé par une presse hydraulique qu'il réparait sans encadrement le premier jour de sa mission...

Avec Jean-Luc Mélenchon, Hayat Dhalfat et quelques camarades dionysiens et audonniens, nous avons assuré les militants de notre soutien dans leur combat pour que s'ouvrent des négociation avec le Prisme avec l'objectif de :
· Sécuriser le travailleur intérimaire en mettant un terme aux contrats de mission de courte durée ;
· Faire embaucher en CDI ;
· De voir attribué à chaque intérimaire, avant sa prise de poste, des équipements de protection individuels complets, à la charge de l’entreprise de travail temporaire ;
· Limiter la sous-traitance ;
· Permettre le départ à la retraite anticipée à 55 ans pour ceux qui aujourd’hui sont cassés, usés ;
· Créer un service spécial de la Médecine du travail dans la branche du Travail temporaire.

Cette prise de position concerne bien évidemment les deux millions de salariés de l'intérim, mais porte bien au-delà. En effet, le Prisme est la plus puissante fédération patronale du Medef. A ce titre les pratiques (bonnes ou mauvaises) qui ont court dans les entreprises adhérentes ont valeur d'exemplarité pour toutes les entreprises françaises. En outre aujourd'hui l'intérim est transversal à toutes les catégories de salariés : de l'ingénieur ou médecin au balayeur.

Melenchon20111108.StDenis.jpgA l'issue de notre visite, j'ai discuté avec Jean-Luc Mélenchon de la disparition des rubriques "Social" des journaux au profit des rubriques "Eco" ou "Entreprises". D'où la quasi invisibilité médiatique des conflits sociaux. Et comme nous nous réjouissions, qu'outre avoir soutenu les grévistes, la présence de Jean-Luc Mélenchon avait attiré de nombreux journalistes qui allaient médiatiser le combat mené par ces salariés, le délégué CGT nous a informés que le ministère du Travail et de la Santé avait appelé la direction de Randstad pour la tenue d'une table ronde dans les meilleurs délais. Comme quoi...