D'après le quotidien Le Monde, 50 scientifiques du monde entier débattent, à huis clos (notez), d'une nouvelle définition du temps, qui s'affranchirait du temps solaire basé sur la rotation de la Terre. L'article est bien daté du 3 novembre et non du 1er avril. Le Bureau international des poids et mesures (BIPM), un organisme international basé à Sèvres, près de Paris, envisage, au nom de l'interopérabilité des réseaux de télécommunication et de navigation par satellite, de raccourcir la journée de près d'une seconde par an, donc d'une heure tous les soixante à quatre-vingts ans.

Aujourd'hui temps universel coordonné ou UTC (Universal Time Coordinated) est calculé à partir de l'oscillation d'un atome de césium par 400 horloges dites "atomiques" réparties dans le monde. Et comme temps atomique diffère de quelques fractions de seconde du temps défini par la rotation de la Terre, pour garder la corrélation avec la rotation terrestre, une "seconde intercalaire" est ajoutée à peu près tous les ans. Or, certains systèmes pratiquent le "saut" d'une seconde, d'autres non, et leur interopérabilité est compromise. C'est cette seconde que les scientifiques proposent de supprimer, abandonnant du même coup la corrélation avec l'heure solaire.

Nos vies allongées d'une heure ou le taux horaire de nos salaires diminué de 1/31 000 000e... cela ne semble pas bien important à l'échelle humaine et ne devrait pas provoquer de bouleversement dans notre vie quotidienne. Mais philosophiquement ça pose un problème.

montres_molles.JPGLe temps ne pouvant être mesuré avec suffisamment de précision, il est question de l'adapter aux contraintes techniques. Pourtant le temps n'est pas une mesure. C'est un cycle. Alors les scientifiques d'expliquer que les phénomènes astronomiques tels que la durée de rotation de la Terre sur elle-même ou la révolution de la Terre autour du Soleil, n’ont pas une durée constante, et ne sont donc pas un bon support pour définir une unité de temps. C'est pas faux. La rotation de la Terre sur elle-même ralentit très lentement. De même, l’orbite de la Terre autour du Soleil se modifie avec le temps. Et alors ?

Le temps est insaisissable pour l’homme ; il passe en même temps que l’homme évolue dans la vie. Le temps est d'ailleurs la marque de la finitude humaine. Vouloir le maîtriser, le redéfinir en faisant fi des réalités astronomiques et saisonnières n'est qu'illusoire. Ni la philosophie ni la science ne peuvent enrayer le caractère irréversible du temps qui s’écoule... à sa vitesse.