Blog de Christophe Girard, militant à Saint-Denis

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jeudi 15 mars 2018

Les Dionysiens feront-ils les frais des JO ?

Suite à notre réunion du 14 mars, voici notre communiqué de presse au sujet des risques de dérapages budgétaires du projet des Jeux olympiques à Saint-Denis. Nous y exprimons nos inquiétudes et nos revendications.

Communique_Vigilance_JOP2024

dimanche 11 mars 2018

On atteint le sommet de l'abjection au col de Montgenévre

Témoignage glaçant transmis par mon ami Jean Sicard de PACA.

Une maraude ordinaire comme il s'en passe tous les jours depuis le début de l'hiver. Au pied de l'obélisque, une famille de réfugiés marche dans le froid. La mère est enceinte. Elle est accompagnée de son mari et de ses deux enfants (2 et 4 ans). Ils viennent tout juste de traverser la frontière, les valises dans une main, les enfants dans l'autre, à travers la tempête. Nous sommes 2 maraudeurs à les trouver, à les trouver là, désemparés, frigorifiés. La mère est complètement sous le choc, épuisée, elle ne peut plus mettre un pied devant l'autre. Nos thermos de thé chaud et nos couvertures ne suffisent en rien à faire face à la situation de détresse dans laquelle ils se trouvent. En discutant, on apprend que la maman est enceinte de 8 mois et demi. C'est l'alarme, je décide de prendre notre véhicule pour l' emmener au plus vite à l'hôpital. Dans la voiture, tout se déclenche. Arrivés au niveau de la Vachette(à 4km de Briançon), elle se tord dans tous les sens sur le siège avant. Les contractions sont bien là... c'est l'urgence.

J'accélère à tout berzingue. C'est la panique à bord. Lancé à 90km/h, j'arrive à l'entrée de Briançon... et là, barrage de douane. Il est 22h. « Bon sang, c'est pas possible, merde les flics ! ». Herse au milieu de la route, ils sont une dizaine à nous arrêter. Commence alors un long contrôle de police. "Qu'est ce que vous faites là ? Qui sont les gens dans la voiture ? Présentez nous vos papiers ? Ou est ce que vous avez trouvé ces migrants? Vous savez qu'ils sont en situation irrégulière !? Vous êtes en infraction !!!"... Un truc devenu habituel dans le briançonnais. Je les presse de me laisser l'emmener à l'hôpital dans l'urgence la plus totale. Refus ! Une douanière me lance tout d'abord « comment vous savez qu'elle est enceinte de 8 mois et demi ? » puis elle me stipule que je n'ai jamais accouché, et que par conséquence je suis incapable de juger l'urgence ou non de la situation. Cela m'exaspère, je lui rétorque que je suis pisteur secouriste et que je suis à même d'évaluer une situation d'urgence. Rien à faire, la voiture ne redécollera pas. Ils finissent par appeler les pompiers. Ces derniers mettent plus d'une heure à arriver. On est à 500 mètres de l'hôpital. La maman continue de se tordre sur le siège passager, les enfants pleurent sur la banquette arrière. J'en peux plus. Un situation absurde de plus.

Il est 23h passés, les pompiers sont là...ils emmènent après plus d'une heure de supplice la maman à l'hosto. Les enfants, le père et moi-même sommes conduits au poste de police de Briançon à quelques centaines de mètres de là. Fouille du véhicule, de mes affaires personnelles, contrôle de mon identité, questions diverses et variés, on me remet une convocation pour mercredi prochain à la PAF de Montgenèvre. C'est à ce moment-là qu'on m'explique que les douaniers étaient-là pour arrêter des passeurs. Le père et les deux petits sont quant à eux expulsés vers l'Italie. Pendant ce temps-là , le premier bébé des maraudes vient de naître à Briançon. C'est un petit garçon, naît par césarienne. Séparé de son père et de ses frères, l'hôpital somme la PAF de les faire revenir pour être au côté de la maman. Les flics finissent par obtempérer. Dans la nuit, la famille est à nouveau réunit.

La capacité des douaniers à évaluer une situation de détresse nous laisse perplexe et confirme l'incapacité de l'État à comprendre le drame qui se trame à nos maudites frontières. Quand à nous, cela nous renforce dans la légitimité et la nécessité de continuer à marauder... toutes les nuits.

Entre Erdogan et les Kurdes d'Afrin, Libération a choisit le dictateur islamiste !

Dans un article intitulé “Afrin: le jeu de dupes turco-kurdo-syrien”, le 22 février dernier, Libération réussit un abominable tour de force pro-Erdogan. En trois phrases.

En effet, le quotidien entame sont article par : “Pendant qu’il poursuit son carnage dans la Ghouta, le régime de Bachar al-Assad intervient sur un tout autre front, à l’extrémité nord-ouest de la Syrie. Dans la zone d’Afrin, où se déroule depuis un mois une offensive menée par l’armée turque pour déloger de sa frontière les forces kurdes du YPG, la bataille déjà confuse tourne à l’imbroglio. Des unités paramilitaires aux ordres de Damas tentent depuis deux jours de prêter main-forte aux Kurdes face à l’ennemi commun turc dans un jeu d’alliance improbable.”

Ainsi il s’agit d’Afrin, mais Libération attaque d’entrée sur la Ghouta et sur le “carnage” que le régime syrien y commet. Si ce dernier vient préter main forte aux Kurdes on doit comprendre que les Turcs sont les "gentils" dans ce conflit. En outre, le quotidien de Laurent Joffrin nous fait comprendre que la Turquie n'agit que pour protéger sa frontière, reprenant ainsi à son compte la propagande du dictateur islamiste d’Ankara. Enfin, selon le journal, il n’y aurait que trois acteurs en jeu : la Turquie (membre de l’OTAN), les Kurdes du YPG et le régime dictatorial syrien. Mais où sont passés les islamistes du Faylaq al-Cham, le bras armé des Frères musulmans syriens ?

Entre Erdogan et les Kurdes d'Afrin, Libération a choisit le dictateur islamiste !

Il faut lui rappeler que depuis le 20 janvier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé une invasion du Kurdistan syrien en totale violation du droit international. L'armée turque, ses chars, son artillerie et son aviation bombardent et détruisent les villages de l'enclave kurde d'Afrin, au nord-est de la Syrie et se livrent à des massacres sur les populations civiles.

Les combattants kurdes ont été nos meilleurs alliés contre l'État Islamique. Sur le terrain, ce sont les jeunes hommes et femmes kurdes, qui en 2014, ont arrêté l'État Islamique à Kobane (à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest d'Afrin) et brisé son mythe d'invincibilité.

Barin Kobane

A la mémoire de Barin Kobané, son nom de combattante. Elle était kurde et elle est morte début février pour nous, massacrée par les hommes d'Erdogan et ses alliés islamistes. On l’a découverte dénudée, gisant à terre, elle a été visiblement torturée, ses seins ont été découpés et autour de son corps mutilé, les soldats dansent, hurlent de joie et crient «Allah Akbar». Elle était de ces combattants et combattantes kurdes qui ont fait rempart de leur corps pour nous protéger de l'État Islamique. Gloire à elle.

samedi 10 mars 2018

Un écho transalpin au fumeux “Melenchon=Le Pen”

Par pitié, arrêtons de parler de “coalition de centre droit” à propos de l'attelage formé par Forza Italia (Berlusconi) + La Ligue (= le FN italien) + Fratelli d'Italia (néofascistes) ! C'est une coalition plus à droite encore qu'en Autriche qui inclut, outre Fratelli d'Italia, CasaPound, Forza Nuova, des partis héritiers du fascisme.

Résultat parlement Italie 2018Autre "fake news" véhiculée par les médias qu'il convient de rectifier :cet agglomérat de droite extrême aurait gagné les élections avec 37% des voix. Or quand on regarde le schéma ci-contre il apparaît clairement que l’Italie peut ne pas basculer à l’extrême droite. D’ailleurs le vainqueur de cette élection, c’est le Mouvement 5 étoiles (M5S) qui recueille 32,7% des suffrages quand la Ligue de Matteo Salvini n’obtient un score que de 17%.

En toute responsabilité, Luigi Di Maio le leader du M5S tend la main aux démocrates.

Dans une lettre au directeur du journal La Republica, et publiée par ce dernier, le leader du M5S écrit : “J’aime souligner que nous sommes la seule force politique qui a obtenue un énorme résultat au sud (avec des pics de 50 %), mais aussi très bien enraciné au nord : nous sommes premier en Piemont (plus de 27%), Emillie-Romagne (27%), Ligurie  (30%), Val d’Aoste où pour la première fois une parlementaire femme est élue avec 25%, et la deuxième en Vénetie (plus de 24%) , Frioule (plus de 24%), Lombardie (plus de 22%) et Trentino Haut Adige  (19,5%).

“Je sens toute la responsabilité qui accompagne le crédit que m’ont accordé les citoyens et je n’ai pas l’intention de me défiler à la charge (aux devoirs) qui en découle. J’ai dis dans toutes les villes où je suis allé durant la campagne électorale que pour nous le gouvernement pourrait se former sur la base de convergence autours des thèmes (du programme) et c’est la direction que je suivrais en toute transparence face au citoyens et au chef de l’état (le président Italien actuel). Toute les forces politiques doivent se montrer responsables en ce sens.

“Le moment est venu de faire ce que nous attendons depuis 30 ans et cela est faisable en changeant de méthode. La politique doit arrêter d’être arrogante et doit commencer à être humble. Nous proposons trois ingrédients que nous tirons de notre expérience : 1 ) participation, 2) écoute, 3) transparence. Dans la troisième république, la République des citoyens, les citoyens doivent être impliqué dans les prises de décisions. Ils doivent être écouté lors de leur mise en pratique, et ils doivent être informé des résultats.

“La politique est depuis des années synonyme de choses négatives : corruption, intimidation, gaspillages, privilèges, conflits d’intérêt, trahisons, caste, lutte pour les sièges, argent, clientélismes, pots-de-vin, spéculation, mensonges. Stop ! Alcide de Gasperi a dit « La politique ça veut dire réaliser ». La politique pour nous se sera réaliser le programme que nous avons présenté aux électeurs. La politique, ce sera respecter les engagements. La politique sera honnête.

“Pendant des décennies les partis ont mis au centre leurs intérêts, pendant des décennies la formation des gouvernements s’est faite sur des jeux d’équilibre visant à contenter les appétits des uns et des autres. L’objectif était toujours et seulement les sièges, jamais l’intérêt des citoyens. Ça c’est le passé. Maintenant le temps est venu de mettre au centre les thèmes qui intéressent les citoyens, leur bien-être, la qualité de leur vie. Ils les ont laissé en au bans, nous, maintenant, remettons les citoyens au centre.

“Le gouvernement se fera avec qui, est prêt à faire, avec nous, selon notre méthode. C’est une « révolution Copernicienne » de la politique que le mouvement 5 étoiles propose depuis toujours et pour laquelle les citoyens nous ont donné un mandat clair. « Participe, Choisit, Change » c’est ce que nous avons demandé aux citoyens, eux ont participé et ont choisi. Nous avons maintenant l’occasion historique de changer l’Italie. Je ne veux pas la perdre et que celui qui a choisit de mettre des obstacles aux changements le fasse, mais qu’il sache que l’on ne peut pas arrêter le vent avec les mains et que nous changerons l’Italie malgré tout."

Et tout ce que Matteo Renzi le leader du parti démocrate (PS local) trouve à répondre c’est : Jamais, Di Maio=Salvini ! Un écho transalpin au fumeux “Melenchon=Le Pen”...

Merci à ma camarade Elena pour la traduction

vendredi 9 mars 2018

Le Département défaillant sur la prévention spécialisée et la protection de la jeunesse

Suite à mon interpellation du département au sujet de sa responsabilité dans la situation de violence dans nos quartiers comme mardi à l'école Descartes, Silvia Capanema ("communiste insoumise") m'a transmis une lettre qu'elle a écrite à Frédéric Molossi (PS).

La vice-présidente à la jeunesse et la lutte contre les discriminations au conseil départemental de Seine-Saint-Denis alerte son homologue chargé de l’enfance et de la famille dans le même conseil sur les graves dangers que font peser la diminution de la présence humaine sur les quartiers et le désespoir des quelques éducateurs qu'il reste. Elle y dénonce la diminution de 500 000 € (un demi million) du financement de la prévention spécialisée.

Ce courrier de décembre dernier n'a pas eu l'heur d'émouvoir ni Frédéric Molossi ni le président Stéphane Troussel... que l'on peut, en toute logique, tenir pour co-responsables de l'insupportable intrusion et agression à l'école Descartes de Saint-Denis, mardi dernier.

Lettre Capanema -> Molossi déc 2017

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